Le grand rabbin dénonce les émeutiers haredi qui « profanent le nom de Dieu »
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Le grand rabbin dénonce les émeutiers haredi qui « profanent le nom de Dieu »

Yitzhak Yosef appelle les autorités municipales et sociales à intervenir mais demande aux forces de sécurité de faire preuve de retenue, "parce que nous sommes frères"

Le grand gabbin séfarade Yitzhak Yosef assiste à une cérémonie à Jérusalem, le 22 octobre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le grand gabbin séfarade Yitzhak Yosef assiste à une cérémonie à Jérusalem, le 22 octobre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le grand rabbin Yitzhak Yosef a condamné lundi les émeutiers ultra-orthodoxes qui ont violemment résisté aux efforts de la police déployés pour faire appliquer les restrictions de confinement, les qualifiant de « jeunes délinquants » et d’ « émeutiers » qui « profanent le nom de Dieu » et a appelé la communauté Haredi à les renier.

« Rien ne justifie les actes de violence et cela devrait cesser immédiatement », a déclaré le grand rabbin séfarade, ajoutant que ces actions « ne sont pas [menées] au nom de la Torah ».

Il a appelé les autorités municipales et sociales à intervenir et à s’occuper des émeutiers, « qui après tout font partie de nous, et sont bien sûr une minorité qui ne nous représente pas ».

Cette minorité ternit le nom de tout le public haredi, dont la grande majorité est très loin d’un tel comportement ».

Yosef a demandé aux forces de sécurité de faire preuve de retenue, « parce que nous sommes frères ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a de son côté déclaré que les autorités traiteront les émeutiers ultra-orthodoxes avec « une main lourde ».

Après que la Knesset a approuvé un projet de loi qui prévoit de doubler le montant des amendes infligées pour infraction au confinement, le Premier ministre a décrit les émeutiers comme un « groupe extrémiste marginal ».

Alors que les tensions entre les forces de l’ordre et les factions ultra-orthodoxes font rage, une photo de trois frères diffusée sur les réseaux sociaux, a de nouveau attiré l’attention.

On y voit s’enlacer Miki Haiat, vêtu de vêtements typiquement ultra-othodoxes, Yisraël Haïat, bénévole dans la police israélienne et Yehuda Haiat, soldat de l’armée israélienne.

La photo a été prise par Offer Gedanken il y a quelques mois et a refait surface aujourd’hui.

‏משפחת חייט מרחובות, שלושה אחים, חייל, אברך ושוטר.אם רוצים זה אפשרי.צילום: עפר גדנקן

Posted by ‎אריאל אלחרר‎ on Sunday, January 24, 2021

Le maire de Bnei Brak, Avraham Rubinstein, et le chef adjoint de la police, David Bitan, se sont rencontrés et ont déclaré qu’ils s’étaient mis d’accord sur un plan visant à rétablir le calme dans la ville, qui a connu des émeutes généralisées de la part de manifestants extrémistes ultra-orthodoxes dénonçant l’application des règles de confinement. « Nous ne laisserons certainement pas des factions marginales ternir la ville et nuire à notre cadre de vie », a déclaré M. Rubinstein.

Au cours de la réunion, il a été convenu qu’il fallait prévenir l’“anarchie” mais rétablir le calme par des « actions modérées », selon une déclaration.

Dix personnes ont été arrêtées en Israël après des heurts entre les forces de l’ordre et des juifs ultra-orthodoxes, certains ayant incendié un bus pour marquer leur opposition aux restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, a indiqué lundi la police locale.

Dimanche soir, des affrontements ont éclaté dans plusieurs localités et quartiers ultra-orthodoxes, comme à Bnei Brak près de Tel-Aviv, et Mea Shearim à Jérusalem, où des habitants ont manifesté contre les mesures de confinement en vigueur.

A Bnei Brak, un bus a été pris d’assaut puis incendié, et son chauffeur blessé.

Un bus incendié à Bnei Brak, le 25 janvier 2020. (Crédit : police israélienne)

« Je ne sais pas comment je suis toujours en vie », a-t-il témoigné lundi sur la radio Kan, précisant qu’une cinquantaine de personnes avaient attaqué son bus, jetant des pierres et brisant les fenêtres, après avoir bloqué la route et incendié des poubelles et des pneus.

« L’un des émeutiers est monté à bord du bus et a commencé à me frapper. Je me suis dirigé vers le fond du bus et je suis tombé à cause du stress, de la peur », a déclaré le chauffeur, Ayal Tzipori, qui a été hospitalisé.

En tout, dix habitants de Bnei Brak ont été arrêtés, a indiqué lundi la police israélienne dans des communiqués, précisant avoir fait face à des « troubles » ayant « mis en péril la vie de secouristes et du public ».

« Nous ferons le maximum pour trouver les responsables des actes criminels », a affirmé la police.

Les pompiers ont indiqué avoir été attaqués à coups de pierres en tentant d’éteindre l’incendie du bus. Lundi après-midi, le calme était revenu, selon un journaliste de l’AFP à Bnei Brak.

Pour beaucoup d’Israéliens, les haredim (« craignant Dieu » en hébreu, 12 % de la population) sont en grande partie responsables de la circulation du virus dans le pays.

Il y a une semaine, un mariage organisé à Bnei Brak avait fait polémique car des centaines de personnes s’y étaient rassemblées en dépit du strict confinement en vigueur depuis fin décembre et prolongé jusqu’à fin janvier.

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