Le Liban annonce que le Hezbollah sera désarmé au sud du Litani dans les trois mois
Le gouvernement cherche à rétablir son contrôle dans les bastions historiques du groupe terroriste chiite libanais le long de la frontière israélienne

L’armée libanaise doit achever le désarmement du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah dans la partie sud du pays, proche de la frontière avec Israël, d’ici trois mois, a déclaré mardi à l’AFP le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Ragi.
Le Hezbollah, créé et soutenu par la République islamique d’Iran, est sorti très affaibli d’une guerre avec Israël, à laquelle un cessez-le-feu a mis fin le 27 novembre 2024, mais il refuse de remettre ses armes, accusant le gouvernement libanais de faire le jeu d’Israël et des États-Unis.
En août, le gouvernement avait demandé à l’armée de préparer un plan de désarmement d’ici la fin de l’année. Le chef de l’armée, Rodolphe Haykal, l’a présenté le 5 septembre en Conseil des ministres, mais le texte ne respecte pas pleinement l’échéance fixée par l’exécutif.
Raggi a précisé que le plan de l’armée, qui vise à assurer le monopole des armes par l’État sur l’ensemble du Liban, comportait cinq phases.
La première stipule que « le désarmement sera achevé au sud du fleuve Litani », à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne, d’ici « trois mois », soit fin novembre 2025, selon le ministre.
À cette date, « il ne restera plus ni dépôts, ni armes, ni transferts d’armes, ni combattants, ni présence armée » dans la zone située au sud du fleuve Litani, a-t-il ajouté.
Parallèlement, la mise en œuvre de cette première étape s’accompagnera de « mesures de sécurité » sur l’ensemble du territoire, a poursuivi Raggi.
Selon lui, l’armée « renforcera et multipliera les postes de contrôle, interdira le transport et le port d’armes […], sans toutefois effectuer de perquisitions ou d’arrestations, ni saisir les armes stockées. Mais au moins, le transfert d’armes d’une région à une autre ne sera plus autorisé ».
« Plus de temps »
Le chef de la diplomatie a ajouté que les quatre autres étapes concerneraient progressivement les autres régions du Liban, « mais sans échéances précises ».
La zone frontalière a longtemps constitué un bastion du Hezbollah, qui y avait notamment creusé des tunnels pour ses terroristes et ses armes. Déjà en juin, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, avait déclaré que l’armée libanaise avait démantelé « plus de 500 positions militaires et dépôts d’armes » dans le sud du pays.
Vendredi, le gouvernement libanais a salué le plan présenté par le commandant en chef de l’armée. Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a expliqué que « l’armée libanaise allait entamer la mise en œuvre du plan, mais dans la limite des moyens disponibles, qui sont restreints sur les plans logistique, matériel et humain ».
Mardi, Raggi a confirmé que « le commandant en chef de l’armée nous a dit qu’il n’avait pas les moyens humains, matériels et techniques pour tout faire dans le délai fixé par le gouvernement, et qu’il lui fallait plus de temps ».
« Pression diplomatique »
En août, le gouvernement a également approuvé les objectifs d’une proposition américaine de l’émissaire Tom Barrack, qui détaillait un calendrier et des modalités de désarmement, ainsi que le retrait israélien de cinq positions encore occupées pour la sécurité d’Israël dans le sud.
Le gouvernement libanais reproche toutefois à Israël de ne pas avoir respecté la feuille de route apportée par l’émissaire américain.
Mais selon Raggi, « le monopole des armes n’est pas lié à la proposition de Barrack, mais découle de la Constitution ».
Le ministre a par ailleurs demandé « qu’Israël cesse ses attaques et se retire du sud », affirmant que le Liban exerçait une « pression diplomatique » en ce sens.
Conformément à l’accord de cessez-le-feu, surveillé par les États-Unis, la France et l’ONU, le Hezbollah devait se retirer et démanteler toute infrastructure terroriste au sud du Litani.
Israël, qui devait retirer ses troupes du Liban, est resté dans cinq positions frontalières et mène régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser le Hezbollah, très affaibli par la guerre.







