Le Liban est « prêt » à tracer sa frontière maritime avec Israël
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Le Liban est « prêt » à tracer sa frontière maritime avec Israël

Sous la supervision des Nations unies, le parlement libanais propose de recourir à une même procédure que celle utilisée pour tracer la Ligne bleue

Une carte maritime de la Méditerranée de l'est montrant les frontières de Zone économique exclusive, dont une zone contestée (numéro 4) entre Israël et le Liban. Source : IEMed annuaire de la Méditerranée 2012 (www.iemed.org/medyearbook)
Une carte maritime de la Méditerranée de l'est montrant les frontières de Zone économique exclusive, dont une zone contestée (numéro 4) entre Israël et le Liban. Source : IEMed annuaire de la Méditerranée 2012 (www.iemed.org/medyearbook)

Mardi, le président du parlement libanais a déclaré que Beyrouth était prêt à délimiter sa frontière maritime avec Israël, une décision qui pourrait résoudre un conflit de longue date sur le pétrole et le gaz entre les deux pays voisins qui sont encore techniquement en guerre.

Nabih Berri, le président du parlement, a déclaré au chef de la force de maintien de la paix des Nations unies déployée dans le sud Liban que « nous sommes prêts à tracer les frontières maritimes du Liban et celles de la Zone économique exclusive en utilisant la même procédure qui a été utilisée pour tracer la Ligne bleue sous la supervision des Nations unies », selon l’Agence nationale d’information du Liban.

La Ligne bleue est la frontière terrestre entre Israël et le Liban, telle qu’elle a été tracée par les Nations unies après le retrait d’Israël du Liban en 2000. Beyrouth conteste une partie de la frontière, et revendique une zone connue en Israël sous le nom de mont Dov et au Liban comme les fermes Shebaa.

Lors de la rencontre de mardi, le major Stefano del Col a exprimé son optimisme que la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) puisse résoudre un différend concernant la possession d’un triangle d’environ 860 kilomètres carrés de la mer Méditerranée.

Le triangle va de Rosh Hanikra sur la frontière israélo-libanaise et se déploie dans les eaux économiques chypriotes. Les réserves en pétrole et en gaz récemment découvertes dans cette zone de la Méditerranée devraient générer jusqu’à 600 milliards de dollars dans les prochaines décennies.

Le différend de longue date a refait surface l’année dernière, quand le Liban a signé un accord avec le consortium international pour lancer un forage d’exploitation offshore en 2019.

En réaction, le Knesset a fait passer la Loi des zones maritimes, un texte qui formaliserait la frontière maritime entre les deux pays, et qui donnerait à Israël des droits sur une zone maritime potentiellement lucrative.

Les tentatives répétées des Nations unies et des Etats-Unis de régler la question ont échoué. L’année dernière, Berri a rejeté une proposition présentée par Rex Tillerson, alors secrétaire d’Etat américain, comme étant « inacceptable ».

Le mois dernier, le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo aurait offert à Berri une médiation continue des Etats-Unis, mais le Département d’Etat n’a pas enregistré la moindre avancée dans ce domaine, si ce n’est que les deux pays sont d’accord sur la « nécessité de maintenir le calme à la frontière entre le Liban et Israël ».

Le Liban et Israël sont encore techniquement en guerre, même après que les troupes israéliennes se sont retirées du sud du pays en 2000.

Israël et le Hezbollah ont combattu une guerre dévastatrice d’un mois en 2006, et des tensions ont toujours lieu le long de la ligne de démarcation où la FINUL patrouille. En décembre dernier, l’armée israélienne a lancé l’Opération Bouclier du Nord afin de mettre à jour des tunnels qu’Israël déclare avoir été creusés par le Hezbollah afin de pénétrer en Israël depuis le sud Liban.

Michael Bachner a contribué à cet article.

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