Le maire de Jérusalem rend visite au jeune Palestinien blessé par un policier
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Le maire de Jérusalem rend visite au jeune Palestinien blessé par un policier

Malik Eissa a perdu un œil après avoir été touché par une munition non létale à Issawiya, à Jérusalem-Est ; Moshe Lion aurait promis de s'occuper de lui comme d'un fils

Le maire de Jérusalem Moshe Lion (2e à gauche) au chevet de Malik Eissa, 9 ans, sur lequel a tiré un policier israélien à Issawiya, le 22 février 2020. (Capture écran/Twitter)
Le maire de Jérusalem Moshe Lion (2e à gauche) au chevet de Malik Eissa, 9 ans, sur lequel a tiré un policier israélien à Issawiya, le 22 février 2020. (Capture écran/Twitter)

Samedi, le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a rendu visite au lit d’hôpital d’un garçon palestinien de neuf ans qui a perdu un œil après avoir reçu une balle de la police israélienne la semaine dernière dans un quartier tendu de Jérusalem-Est.

Malik Eissa a été hospitalisé après avoir été touché par un projectile policier le 15 février. Les habitants disent qu’il venait de descendre d’un bus dans le quartier d’Issawiya lorsque les forces de l’ordre ont ouvert le feu.

Celles-ci avaient expliqué à l’époque qu’elles avaient répondu aux émeutes dans le quartier et utilisé des armes non létales, ce qui fait généralement référence aux balles en caoutchouc et aux balles en éponge qui peuvent causer des blessures graves, mais sont rarement mortelles. Le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, a indiqué qu’une enquête était en cours.

Lors de sa visite au chevet de Malik Eissa, Moshe Lion a promis de prendre le garçon sous sa garde. « Dis-moi ce que tu veux et tu l’auras, je m’occuperai de lui comme s’il était mon fils », a-t-il déclaré, selon le quotidien Haaretz, qui cite le père du garçon, Wael.

Le maire n’a pas publié de déclaration ni d’images de la visite, mais une vidéo de celle-ci a été publiée sur les réseaux sociaux.

Malik Eissa, un jeune Palestinien de ans, se repose à l’hôpital Hadassa de Jérusalem, le 20 février 2020. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Dimanche, Malik subira sa troisième opération depuis sa blessure, au cours de laquelle les médecins lui enlèveront l’œil gauche pour éviter tout danger pour l’autre œil et le cerveau.

La Douzième chaîne a rapporté jeudi soir que deux policiers impliqués dans l’incident avaient été interrogés avec précaution par le département des enquêtes internes de la police. L’officier soupçonné d’avoir tiré la balle qui a touché le jeune garçon a affirmé qu’il visait un mur pour vérifier le calibrage de son arme, selon le reportage, bien que les enquêteurs remettent en question cette affirmation.

Mohammed Abu al-Hummus, un leader de la communauté qui rend régulièrement visite à la famille à l’hôpital, a fait savoir jeudi que Malik Eissa avait perdu la vue à un œil suite aux opérations de mercredi.

Les habitants d’Issawiya disent que la police effectue depuis plusieurs mois des raids quasi quotidiens dans leur quartier qui déclenchent fréquemment des manifestations et des affrontements. La police impute la violence aux jeunes du quartier, qu’elle accuse de jeter des pierres et des bombes incendiaires sur les véhicules de patrouille.

Des Palestiniens jettent des pierres lors d’affrontements avec la police israélienne dans le quartier d’Issawiya à Jérusalem, le 28 juin 2019, un jour après qu’un Palestinien a été tué par balle par la police lors d’une manifestation dans le même quartier. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Le mois dernier, le Times of Israel a fait état des tensions dans le quartier.

Issawiya fait partie de Jérusalem-Est, qu’Israël a capturée lors de la guerre des Six Jours de 1967, avec la Cisjordanie et la bande de Gaza, des territoires que les Palestiniens souhaitent pour leur futur État. Israël considère la ville entière comme sa capitale unifiée, alors que les Palestiniens veulent la leur à Jérusalem-Est.

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