Le médiateur de l’État refuse de se prononcer sur la plainte contre Liat Ben-Ari
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Le médiateur de l’État refuse de se prononcer sur la plainte contre Liat Ben-Ari

L'allégation selon laquelle elle aurait modifié sa propriété sans permis suscite les critiques de l'ancien juge David Rozen, qui exhorte les fonctionnaires à montrer l'exemple

Liat Ben-Ari arrive au tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020 (Yonatan Sindel/ Flash90)
Liat Ben-Ari arrive au tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020 (Yonatan Sindel/ Flash90)

Le président de la commission chargée d’enquêter sur les soupçons de mauvaise conduite des fonctionnaires a déclaré qu’il ne s’impliquerait pas dans les plaintes alléguant que Liat Ben-Ari, la procureure en charge des poursuites contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a illégalement modifié l’une de ses propriétés, et a fait savoir que c’était aux autorités locales de s’occuper de cette affaire.

Le médiateur des plaintes publiques contre les représentants de l’Etat, le juge à la retraite David Rozen, a expliqué mardi qu’il n’avait pas l’autorité nécessaire pour se pencher sur les allégations contre Ben-Ari, procureure chargée de l’application des lois financières, et que les fonctionnaires locaux « doivent être autorisés à mener à bien la procédure légale sans interruption ni intervention ».

La magistrate est soupçonnée de mauvaise conduite depuis que le quotidien pro-Netanyahu Israel Hayom a rapporté que la municipalité de Rosh Ha’ayin avait découvert qu’une de ses propriétés avait été convertie en deux unités séparées sans permis.

L’article indiquait qu’après l’inspection de la municipalité, Liat Ben-Ari et son mari avaient soumis une demande d’approbation rétroactive de la construction, qui, selon la municipalité, devait être acceptée.

En juillet, le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana, un proche allié du premier ministre, a demandé à l’intéressée de démissionner en raison de ces allégations.

Le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana tient une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juillet 2020. (FLASH90)

Amir Ohana, qui s’était précédemment querellé avec Liat Ben-Ari pendant son mandat de ministre de la Justice, avait déclaré que si les allégations s’avéraient vraies, « elle ne devrait pas continuer à officier » à son poste.

Dans un communiqué publié par le ministère à l’époque, la procureure avait expliqué que la propriété n’était pas la résidence personnelle de sa famille, mais qu’elle avait été achetée par un groupe d’achat commun, dont son mari faisait partie.

Les partisans du Premier ministre ont sévèrement critiqué Ben-Ari et d’autres membres des forces de l’ordre qu’ils accusent de tenter de renverser Netanyahu pour des raisons politiques.

Le procès de ce dernier, mis en examen pour avoir accepté des pots-de-vin, ainsi que pour fraude et abus de confiance, s’est ouvert en mai au tribunal de district de Jérusalem. Il nie tout acte répréhensible et accuse les tribunaux, le ministère public et les médias de « chasse aux sorcières ».

Dans ses commentaires de mardi, M. Rozen a adressé un avertissement général aux fonctionnaires qui abusent de leur position et enfreignent la loi. « Les fonctionnaires ont le devoir de toujours se souvenir des principes de base du maintien et de l’application de la loi, et de se rappeler que leur conduite sert d’exemple à tous les citoyens du pays ».

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