Le ministre de la Justice au Premier ministre luxembourgeois : et l’Iran ?
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Le ministre de la Justice au Premier ministre luxembourgeois : et l’Iran ?

Après le boycott d'un dîner à l'ambassade d'Israël par Xavier Bettel à la suite des propos de Rafi Peretz, Amir Ohana dénonce un deux poids, deux mesures

Le ministre de la Justice Amir Ohana à la Gay Pride de Tel Aviv, le 14 juin 2019.  (Crédit : Ministère de la Justice)
Le ministre de la Justice Amir Ohana à la Gay Pride de Tel Aviv, le 14 juin 2019. (Crédit : Ministère de la Justice)

Le ministre de la Justice, Amir Ohana, a rappelé à l’ordre le Premier ministre luxembourgeois pour son boycott d’un dîner d’adieu de l’ambassadeur israélien la veille.

Xavier Bettel, qui est homosexuel, a fait savoir qu’il avait pris cette décision pour dénoncer les propos du ministre de l’Éducation israélien défendant les « thérapies de conversion » pour les homosexuels.

Amir Ohana a souligné que les propos du rabbin Rafi Peretz avaient été « dénoncés et fortement condamnés par beaucoup », y compris le Premier ministre, il demande pourquoi Xavier Bettel n’a pas adopté la même démarche à l’égard des dirigeants iraniens — un pays connu pour son traitement des homosexuels, allant des coups de fouet à la peine de mort.

Publiant une photo de Xavier Bettel serrant la main du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, Amir Ohana demande au Premier ministre luxembourgeois s’il « savait à quoi ressemblaient les thérapies de conversion en République islamique d’Iran ».

Il y ajoute une deuxième capture écran d’un article de presse dans lequel Zarif défend la peine de mort pour les homosexuels en Iran.

D’après un reportage de la Douzième chaîne diffusé lundi, Xavier Bettel a informé l’ambassadrice Simona Frankel que, bien qu’il la respecte personnellement, il ne serait pas en mesure d’assister à un événement officiel israélien tant qu’un ministre du gouvernement appuierait ouvertement la thérapie de conversion homosexuelle

Le dirigeant est considéré comme un ami d’Israël et s’est rendu deux fois dans l’État juif ces dernières années.

Lors d’une interview télévisée diffusée samedi, le ministre de l’Éducation israélien a fait savoir qu’il avait recommandé aux homosexuels religieux de suivre ce type de « traitement », considéré comme dangereux et néfaste par la plupart des psychologues.

Ses remarques ont suscité de nombreuses critiques de la part du public et de députés de tous les horizons politiques, notamment du Premier Ministre Benjamin Netanyahu, l’opposition appelant à sa démission.

Peretz a plus tard affirmé que ses propos avaient été mal compris et mal interprétés, et a précisé que lorsque « des étudiants m’ont contacté et m’ont demandé conseil, je les ai orientés vers des professionnels à leur demande et j’ai vu que c’était possible », mais « je n’ai pas dit que je suis en faveur de la thérapie de conversion ».

Hier, il a même affirmé n’avoir « jamais » recommandé la thérapie dite de conversion pour les homosexuels, clamant qu’il s’opposait « sévèrement » à cette pratique « mauvaise et grave ».

En Iran, l’homosexualité est un sujet tabou. Les gays et les lesbiennes y risquent  des coups de fouet ou la peine de mort si reconnus coupables. Des organisations des droits humains estiment que plus de 4 000 homosexuels ont ainsi été exécutés depuis la Révolution islamique en 1979.

Téhéran reconnaît en revanche les personnes transgenres. Le fondateur de la théocratie chiite, l’Ayatollah Ruhollah Khomeini, a publié un décret religieux, ou fatwa, il y a 30 ans, appelant au respect des personnes transgenres, soutenant officiellement les opérations chirurgicales. Les transgenres demeurent néanmoins ostracisés par la société civile.

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