Le ministre des AE impute à l’Iran les tirs de roquettes depuis la Syrie
Rechercher

Le ministre des AE impute à l’Iran les tirs de roquettes depuis la Syrie

Après l'interception des missiles par le Dôme de fer au petit matin mardi, Yisraël Katz dit que les efforts d'Israël pour bloquer la présence iranienne dans la région fonctionnent

Israel Katz, le ministre des Affaires étrangères lors d'un meeting de campagne du Likud à Jérusalem, le 16 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Israel Katz, le ministre des Affaires étrangères lors d'un meeting de campagne du Likud à Jérusalem, le 16 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Affaires étrangères Yisraël Katz a accusé mardi l’Iran d’être derrière les tirs de roquettes de la matinée en provenance de Syrie vers le nord d’Israël, affirmant que les efforts déployés depuis des années par Jérusalem contre le retranchement de Téhéran en Syrie étaient efficaces.

Le système de défense antimissile israélien a intercepté quatre roquettes tirées tôt mardi matin depuis la Syrie voisine vers le plateau du Golan. On ne signale aucune atteinte aux communautés israéliennes.

« Cet incident est une opération iranienne contre l’État d’Israël », a déclaré M. Katz au site d’information Ynet.

Ces dernières années, Israël a mené des centaines de frappes aériennes sur des cibles liées à l’Iran en Syrie, et de hauts responsables ont juré à plusieurs reprises d’empêcher l’Iran de se retrancher à la frontière israélo-syrienne.

« L’État d’Israël continuera d’agir conformément à sa politique. La politique était et reste d’empêcher l’Iran de s’établir dans la région », a-t-il dit.

Mais il a affirmé qu’Israël ne serait pas entraîné dans une « guerre d’usure » avec la République islamique, a ajouté M. Katz : « Nous ne sommes pas l’Arabie saoudite. »

Il a ajouté que les actions d’Israël contre l’Iran dans la région ont porté leurs fruits et que la menace de Téhéran était actuellement plus faible qu’il y a plusieurs années.

Des pièces d’artillerie autopropulsées du côté israélien du plateau du Golan, positionnées le long de la frontière avec la Syrie. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)

« Si l’Iran avait eu la possibilité d’appuyer sur un bouton et de revenir plusieurs années en arrière, sans les sanctions américaines et l’activité agressive d’Israël contre ses tentatives, il aurait appuyé sur ce bouton », a-t-il affirmé. « La menace iranienne existe, mais elle est moindre qu’avant. Je vous le dis, l’Iran souffre beaucoup des sanctions américaines. »

M. Katz a exprimé son soutien aux manifestations anti-gouvernementales actuelles en Iran à propos de la hausse du prix de l’essence, tout en précisant qu’Israël « n’est pas une superpuissance » qui peut s’ingérer dans les affaires internes iraniennes.

Quelques minutes après les tirs de roquettes de mardi matin, des explosions ont été entendues en Syrie près de l’aéroport international de Damas tôt mardi matin, a rapporté l’agence de presse officielle SANA. Certains médias syriens ont émis l’hypothèse qu’il s’agissait d’une attaque aérienne israélienne, tandis que d’autres ont dit que c’était peut-être le bruit des roquettes tirées sur Israël.

Israël refuse de commenter les détails de ses opérations contre l’Iran en Syrie.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé au Royaume-Uni et citant des sources syriennes, a déclaré que quatre ou cinq missiles avaient touché des sites au sud et au sud-ouest de la capitale, près de la zone de tir de quatre roquettes sur Israël quelques minutes auparavant.

Le groupe terroriste libanais Hezbollah et d’autres milices soutenues par l’Iran sont actifs dans la région, selon les sources.

Une photo prise le 9 avril 2018 montre une batterie de défense du Dôme de fer, qui est conçue pour intercepter et détruire des roquettes à courte portée et des tirs d’artillerie. Elle est déployée sur le plateau du Golan à proximité de la frontière avec la Syrie. (Jalaa Marey/AFP)

L’incident est survenu une semaine après que les médias syriens aient rapporté qu’une frappe israélienne avait frappé la maison d’un terroriste palestinien du Jihad islamique à Damas, Akram al-Ajouri, et tué son fils et une autre personne. Le Jihad islamique a accusé Israël d’être derrière la frappe à Damas. L’armée israélienne a refusé de commenter.

Le même jour, un raid aérien israélien a tué le commandant militaire du Jihad islamique Baha Abu al-Ata, qu’Israël a accusé d’avoir récemment tiré des roquettes sur son territoire, dans une attaque contre sa maison à Gaza. Selon l’armée israélienne, quelque 450 roquettes ont été tirées sur Israël depuis la bande de Gaza au lendemain de l’opération militaire contre Abou Al-Ata. Un cessez-le-feu entre Israël et le Jihad islamique a été conclu après 50 heures d’affrontements, mais l’accord reste précaire.

L’Iran a des forces basées en Syrie, le voisin du nord d’Israël, et soutient le Hezbollah. À Gaza, elle fournit au Jihad islamique des liquidités, des armes et des conseils d’experts.

Israël aurait frappé des cibles à l’aéroport de Damas et dans les environs à de nombreuses reprises par le passé.

En août, dans une rare annonce, l’armée israélienne a déclaré avoir ciblé des sites dans la ville d’Aqrabah, au sud-est de Damas, près de l’aéroport de la ville, pour déjouer ce qu’elle avait dit être une attaque imminente de drone armé contre Israël par des combattants soutenus par l’Iran.

En janvier, Israël aurait lancé une attaque de missiles diurnes contre des cibles iraniennes à l’aéroport. L’Iran a réagi en tirant un missile sol-sol sur le plateau du Golan nord, qui a été intercepté par le système de défense antimissile du Dôme de fer au-dessus de la station de ski du mont Hermon, selon les forces israéliennes de défense.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...