Le ministre des Affaires religieuses célèbre un mariage, violant le confinement
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Le ministre des Affaires religieuses célèbre un mariage, violant le confinement

Yaakov Avitan du Shas a présenté ses excuses pour avoir officié lors d'une cérémonie accueillant des dizaines de personnes, après la diffusion d'une photo de lui à la télévision

Yaakov Avitan. (Capture d'écran : YouTube)
Yaakov Avitan. (Capture d'écran : YouTube)

Le ministre des Affaires religieuses Yaakov Avitan a célébré un mariage dans la soirée de mardi, transgressant les règles instaurées pendant le confinement national. Son nom vient ainsi s’ajouter à la longue liste de hauts-responsables qui ont enfreint les directives de lutte contre le coronavirus.

Des dizaines de personnes ont assisté à cette cérémonie qui a eu lieu dans une habitation de Gan Yavne. La Treizième chaîne, pour sa part, a diffusé une photo d’Avitan, membre du parti Shas, à l’intérieur de la maison pendant la signature du contrat de mariage – la ketoubah.

Avitan porte un masque sur le photo, mais au moins une personne, dans la pièce, a le visage découvert.

La cérémonie proprement dite a eu lieu à l’extérieur, dans le jardin, a précisé le site Ynet.

L’événement a été dispersé par la police et 14 participants ont écopé d’amendes, a fait savoir la Treizième chaîne.

La chaîne a noté qu’Avitan avait quitté les lieux avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Si les mariages ne sont pas explicitement interdits par les mesures induites par le confinement, ils ne sont pas exemptés de la limitation interdisant aux Israéliens de se déplacer à plus d’un kilomètre de leur domicile, contrairement aux funérailles ou aux cérémonies de circoncision.

Les restrictions actuelles limitent également les rassemblements en plein air à 20 personnes et à dix personnes en espace clos et les Israéliens ne sont pas autorisés à accueillir chez eux membres de la famille ou amis vivant hors du foyer.

« Je suis réellement désolé d’avoir participé au mariage de ce soir. Je m’y suis rendu pendant quinze minutes. J’ai fait une erreur de jugement et je veux faire part de mes remords », a commenté Avitan dans la soirée de mardi.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, qui est le leader du Shas, a dit avoir réprimandé Avitan.

« C’est un acte grave », a indiqué le bureau de Deri dans un communiqué. « Nous sommes tous égaux face à la loi. Les membres du gouvernement doivent respecter les règles ».

Cet incident survient après qu’un certain nombre de hauts-responsables ont été surpris en train de violer le confinement.

Cela a notamment été le cas du chef d’Etat-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, du chef du Shin Bet, Nadav Argaman, de la ministre de la Protection environnementale Gila Gamliel et du député issu de Yesh Atid Mickey Levy.

Gamliel, membre du parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, aurait notamment tenté de dissimuler des informations sur ses déplacements lors d’une enquête épidémiologique du ministère de la Santé suite à sa contamination à la COVID-19.

Netanyahu lui-même avait enfreint les restrictions à Pessah, comme l’avait fait aussi le président Reuven Rivlin, en accueillant des parents qui ne vivaient pas avec eux pour un repas de fête.

Selon un reportage diffusé par la Douzième chaîne, mardi, dix hauts-responsables ayant contrevenu aux directives du ministère de la Santé n’ont pas eu à payer d’amendes.

Il s’agirait de Netanyahu, Rivlin, Kohavi, Argaman, Gamliel, Levy, du ministre de l’Education Yoav Gallant, du député et chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, du dirigeant et député de Yamina, Naftali Bennett et du député de YaHadout HaTorah Yaakov Litzman. Ce dernier avait contracté le coronavirus après avoir assisté à un service de prière interdit.

Mardi également, le quotidien Haaretz a annoncé que vingt écoles élémentaires ultra-orthodoxes avaient ouvert leurs portes au cours des deux derniers jours en violation du confinement.

Photo d’illustration : Un ultra-orthodoxe accompagne son petit garçon à l’école Poalei Menahem Talmud Torah dans l’implantation de Beitar Illit, en Cisjordanie, le 4 septembre 2016. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Ces établissements étaient majoritairement affiliés à des groupes haredim de la ligne dure et la majorité des institutions d’éducation ultra-orthodoxes sont restées fermées, selon le journal.

Les établissements ayant ouverts se trouvaient à Modiin Illit, Bnei Brak, Elad et Beitar Illit, des villes où la population ultra-orthodoxe est majoritaire. Selon le ministère de la Santé, Modiin Illit présente le plus grand nombre de cas actifs par tête de toutes les communautés en Israël ; Bnei Brak est la quatrième ville la plus touchée en termes d’importance du taux d’infection ; Elad est cinquième et Beitar Illit sixième.

Cela fait presque un mois que les écoles israéliennes sont fermées, depuis que le pays a imposé un nouveau confinement pour tenter de mettre un terme à la recrudescence importante de l’épidémie de coronavirus – qui touche de manière disproportionnée la communauté ultra-orthodoxe.

Les membres de la communauté ultra-orthodoxe ont été de plus en plus critiqués, ces dernières semaines, avec la diffusion de nombreuses vidéos qui ont montré le mépris des règles de confinement, alors que les libertés ont été largement réduites par les mesures d’urgence dans le reste du pays.

Si le confinement devait prendre initialement fin après la fête de Souccot, le cabinet dit « du coronavirus » a convenu mardi de le prolonger jusqu’à la semaine prochaine.

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