Deux cadres supérieurs de la police accusés d’avoir violé le confinement
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Deux cadres supérieurs de la police accusés d’avoir violé le confinement

Le chef du département des enquêtes et du renseignement et le commandant de police de Judée-Samarie auraient participé à un dîner de 10 personnes dans une salle sans ouvertures

Moshe Barkat (D), commandant de la police israélienne dans le district de Judée et Samarie en visite à Efrat, le 18 septembre 2016 (Gershon Elinson/Flash90)
Moshe Barkat (D), commandant de la police israélienne dans le district de Judée et Samarie en visite à Efrat, le 18 septembre 2016 (Gershon Elinson/Flash90)

Deux cadres supérieurs de la police israélienne ont rejoint dimanche la liste des fonctionnaires accusés d’avoir enfreint les restrictions de déplacement imposées pour endiguer la propagation du coronavirus. Une enquête interne a été ouverte.

Selon un reportage de la chaîne publique Kan, les généraux de divisions Yigal Ben Shalom, à la tête du département des enquêtes et du renseignement, et Moshe Barkat, commandant de police du district de Judée-Samarie, ont pris part à un repas mardi dernier, en présence de dix autres personnes, toutes fonctionnaires de police, enfreignant ainsi les restrictions actuellement en vigueur.

Ce dîner, qui a eu lieu lors d’une visite de hauts responsables aux quartiers généraux de la région de Samarie, à Ariel, s’est déroulé dans une petite pièce sans fenêtres ouvertes, selon Kan. Des serveurs étaient présents en plus des policiers.

La police a réagi à ce reportage et indiqué qu’une enquête interne, commandée par le chef de la police par intérim Motti Cohen, sera menée afin de confirmer les allégations et de décider de mesures ultérieures.

Le chef de l’unité anti-corruption Lahav 433 Yigal Ben Shalom assiste au lancement du nouveau siège de l’unité de la cyber-protection de l’enfance, au ministère de la Sécurité intérieure, à Jérusalem, le 19 novembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Sitôt le reportage diffusé, le chef de la police par intérim a nommé son adjoint pour qu’il enquête sur l’incident et agisse comme il se doit, en fonction des résultats de cette enquête », a indiqué un communiqué de la police.

« Particulièrement en ce moment, chaque policier et chaque commandant est tenu de montrer l’exemple et de se plier aux procédures et aux directives », précise le communiqué.

Cette transgression présumée des restrictions liées au coronavirus fait suite à de précédents cas de transgression ou d’accusations de transgression de la part de responsables israéliens.

Jeudi dernier, la télévision israélienne a rapporté que le chef d’état-major de l’armée, Aviv Kohavi, avait accueilli ses beaux-parents pour Souccot, en violation du confinement national.

L’armée israélienne a déclaré que les beaux-parents de Kohavi, qui habitent à trois maisons de la sienne, leur ont rendu visite et se sont tenus dans le jardin, avec des masques et dans le respect de la distanciation sociale. L’armée a déclaré qu’il s’agissait d’un malentendu, la famille pensant que la réunion dans des espaces ouverts était autorisée.

« Le chef de cabinet est désolé pour [l’incident] et en assume la responsabilité », selon le communiqué.

Le chef du Shin Bet Nadav Argaman, le 11 février 2016, devant son domicile. (Flash90)

Ce jeudi, le chef du service de sécurité du Shin Bet a présenté ses excuses pour avoir accueilli des membres de sa famille qui ne vivent pas chez lui pendant Souccot.

« Le chef du service [Nadav] Argaman s’excuse de l’incident et en assume l’entière responsabilité », indique un communiqué publié par l’agence, confirmant qu’il avait enfreint la réglementation.

La chaîne Kan avait dévoilé l’affaire mardi soir. Le Shin Bet, qui gère un programme controversé de suivi des téléphones portables que le gouvernement utilise pour suivre les cas de coronavirus, s’est d’abord abstenu de tout commentaire, avançant qu’il ne communiquait pas au sujet de la vie privée des agents.

Avant le début des fêtes de Souccot, le gouvernement a mis en place des amendes de 500 shekels pour toute personne surprise avec quelqu’un qui ne fait pas partie de son ménage dans une soucca qui n’est pas la sienne. L’interdiction de se rendre dans la soucca d’autrui doit rester en vigueur pendant deux jours après la fin de la fête. Des amendes similaires sont prévues pour les visites au domicile d’autres personnes pendant le confinement.

Lundi dernier, la ministre de la Protection de l’environnement, Gila Gamliel, qui a annoncé au cours du week-end qu’elle avait été infectée par le coronavirus, a fait l’objet d’appels à la démission ou au renvoi après avoir avoué que, la semaine dernière, elle avait enfreint la limite de déplacement en se rendant depuis son domicile de Tel Aviv chez des proches dans la ville de Tibériade, dans le nord du pays, parcourant près de 150 kilomètres.

Elle aurait également tenté de cacher ce déplacement lors de l’enquête épidémiologique du ministère de la Santé suite à son infection.

Gila Gamliel s’exprime lors d’une conférence à Kedem, en Cisjordanie, le 5 septembre 2019. (Hillel Maeir/Flash90)

Yair Lapid, le leader de Yesh Atid, a annoncé lundi dernier que le député Mickey Levy allait démissionner de la commission coronavirus de la Knesset « d’un commun accord » après avoir violé les règles de confinement.

En avril, le président Reuven Rivlin s’est excusé auprès du peuple israélien après qu’il a été rapporté qu’il avait célébré le Seder de Pessah avec l’une de ses filles, malgré un couvre-feu strict dans le pays, similaire aux réglementations actuelles qui interdisent les rassemblements familiaux.

Cette information avait fait suite suivi la nouvelle selon laquelle Benjamin Netanyahu lui-même avait partagé son repas de fête avec son fils Avner, ce qui a suscité l’indignation de la population, reprochant aux hauts dirigeants de bafouer leurs propres règles alors que des millions d’Israéliens ordinaires faisaient des sacrifices.

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