Le parti travailliste veut finaliser une élection primaire en interne
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Le parti travailliste veut finaliser une élection primaire en interne

La motion avancée par les anciens leaders du parti Peretz et Barak, qui visait à désigner un nouveau chef via le comité travailliste, a été mise en sommeil

Avi Gabbay, au centre, chef du Parti travailliste aux côtés de membres de la formation et de députés après l'annonce des résultats des Primaires à Tel Aviv, le 11 février 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Avi Gabbay, au centre, chef du Parti travailliste aux côtés de membres de la formation et de députés après l'annonce des résultats des Primaires à Tel Aviv, le 11 février 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le parti travailliste est en bonne voie pour organiser des élections primaires pour choisir son dirigeant le mois prochain, en amont des élections générales, après qu’une proposition avancée par l’ancien chef du parti Amir Peretz – et qui aurait été soutenue par Ehud Barak — prônant de charger les membres du comité central de la formation de centre-gauche de choisir leur prochain président a été mise en sommeil dans la journée de jeudi.

Une motion réclamant que la liste travailliste reste identique à celle qui avait été adoptée pour le précédent scrutin du mois d’avril sera également présentée aux membres de l’instance administrative centrale, ce qui éviterait une autre primaire complète.

Un panel juridique interne avait réfléchi à présenter plusieurs propositions soumises au vote, la semaine prochaine, aux 3 400 participants à la conférence travailliste, notamment une appelant à une primaire pour désigner un dirigeant et une motion avancée par Peretz qui recommandait vivement la nomination d’un nouveau leader par les membres présents lors de la conférence.

Mais jeudi, le panel a fait savoir qu’un appel à organiser une primaire ouverte le 2 juillet à tous les membres de la formation – ils sont des dizaines de milliers – serait avancée.

L’ex-ministre de la Défense Ehud Barak, à droite, aux côtés du député Travailliste Amir Peretz lors d’une réunion au parlement israélien, le 19 mars 2012 (Crédit : Uri Lenz/Flash 90)

Le secrétariat travailliste a fait savoir ultérieurement qu’une motion appelant la liste du parti à rester la même serait également soumise la semaine prochaine. Si elle n’est pas adoptée par les membres du comité, alors une autre élection primaire du parti sera organisée avant le mois de septembre. Les dernières primaires travaillistes ont eu lieu au mois de février.

Cette décision prise jeudi a été considérée comme un coup porté à Barak. L’ancien Premier ministre âgé de 77 ans – qui a été aussi ministre de la Défense et leader travailliste et qui réfléchit depuis longtemps à faire son retour en politique – a œuvré en coulisses de manière à faire avancer la proposition d’un choix du prochain chef du parti par les membres du comité. Une option qui aurait renforcé ses chances de l’emporter, ont fait savoir les médias en hébreu cette semaine.

Au cours de la semaine passée, les rumeurs sont allées bon train sur un retour en politique de Barak, que ce soit par le biais d’une nouvelle formation ou d’un retour chez les travaillistes pour tenter de défier le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Selon un reportage diffusé par la chaîne publique Kan, mercredi, Barak aurait catégoriquement rejeté la dernière option et chercherait dorénavant à s’associer au parti travailliste ainsi qu’à de grands noms politique : Tzipi Livni, à la tête de Hatnua, la responsable du mouvement Gesher Orly Levy Abekasis et la fondatrice de la formation Ahi Yisraeli, Adina Bar-Shalom. Cette dernière est la fille de feu le leader spirituel du parti Shas, le rabbin Ovadia Yosef.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’ancien Premier ministre Ehud Barak pendant la projection du documentaire sur l’opération Isotope de 1972 pour sauver l’avion Sabena détourné, au Cinema City de Jérusalem, le 11 août 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Barak, qui a été le dernier dirigeant du parti travailliste israélien à occuper la plus haute fonction du pays, aurait tâté le terrain auprès de députés de la formation pour s’assurer qu’ils pourraient soutenir une présidence temporaire de sa part – qui durerait un an – pour en voir le résultat pendant la période des élections.

Alors que d’autres membres du mouvement sont en lice pour remplacer Avi Gabbay, le responsable actuel de la formation, Barak a commandé ses propres sondages d’opinion et il prendra une décision finale sur la base de leurs résultats, a dit le reportage.

L’ex-Premier ministre et chef de l’armée avait déjà tâté le terrain à plusieurs occasions au fil des ans, laissant entendre au mois de septembre qu’il se présenterait en cas de formation d’un bloc de centre-gauche. Il n’avait finalement pas pris part au scrutin d’avril. Sous la direction de Gabbay, la formation avait été décimée lors du vote, connaissant le pire résultat de son histoire en remportant six sièges à la Knesset, formée de 120 membres.

La réputation déjà bien entamée du parti avait subi un nouveau coup lorsqu’il avait été révélé que Gabbay avait sérieusement réfléchi à une offre soumise par Netanyahu de rejoindre sa coalition, la semaine dernière. Cette proposition avait été finalement rejetée.

Le chef du parti Travailliste Avi Gabbay (à droite) avec Tal Russo, son numéro deux, lors de l’annonce des résultats à la Knesset au siège de la formation, à Tel Aviv, le 9 avril 2019 (Crédit : Flash90)

Kan a fait savoir que Barak avait laissé entendre que si l’ancien chef d’Etat-major-adjoint Yair Golan devait se présenter lors des primaires Travaillistes, il ne se présenterait pas.

« Golan est une personnalité excellente et il mérite le job », aurait dit Barak, selon Kan.

Parmi les autres candidats qui réfléchiraient à se présenter, les députés Itzhik Shmuli et Tal Russo, ex-chef d’Etat-major et numéro deux du parti. Toutefois, la parlementaire populaire Stav Shaffir a expliqué qu’elle ne se présenterait pas – à moins que la course soit associée à des primaires ouvertes.

Un autre candidat qui réfléchirait à se présenter à la tête du Labour est l’un de ses anciens dirigeants, Peretz, qui avait été battu par Gabbay au poste en 2017. Mais selon Kan, les responsables au sein du mouvement ne sont pas favorables à cette idée, clamant que Peretz prévoirait de créer un bloc conjoint avec le Likud à l’issue du scrutin du mois de septembre, avec pour objectif de s’assurer qu’il serait désigné comme successeur au président Reuven Rivlin qui devrait terminer son mandat de sept ans en 2021. Une information démentie par Peretz lors d’un entretien avec Kan et qu’il a qualifié de « scénario imaginaire ».

Dimanche, Gabbay a annoncé que la formation organiserait un vote pour la présidence de la formation, mais pas de primaires pour le reste de la liste dans le scrutin à venir.

Selon la Douzième chaîne, Gabbay aurait dit à ses proches que s’il n’était pas désigné à la tête du parti, il ne resterait pas député.

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