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Le Pentagone remplace les bombardiers déployés au Moyen-Orient

Après l'accord conclu entre les États-Unis et les Houthis et les pourparlers "encourageants" avec l'Iran, des B-52 remplaceront les bombardiers furtifs B-2 déployés dans l'océan Indien

Six bombardiers furtifs B-2 stationnés au Camp Thunder Cove, à Diego Garcia, le 2 avril 2025. (Crédit : Planet Labs PBC via AP)
Six bombardiers furtifs B-2 stationnés au Camp Thunder Cove, à Diego Garcia, le 2 avril 2025. (Crédit : Planet Labs PBC via AP)

L’armée américaine est en train de remplacer ses bombardiers B-2 par un autre type de bombardier dans une base de la région indo-pacifique, considérée comme idéalement située pour mener des opérations au Moyen-Orient, ont déclaré lundi des responsables américains à Reuters, alors que la campagne de bombardements américains contre le groupe terroriste houthi au Yémen a pris fin avec un cessez-le-feu conclu au début du mois.

En mars, le Pentagone avait déployé jusqu’à six bombardiers B-2 sur une base militaire américano-britannique située sur l’île de Diego Garcia, dans l’océan Indien. Ces appareils ont été utilisés pendant la campagne de bombardements menée par les États-Unis pendant un mois au Yémen, mais aussi comme moyen de dissuasion contre l’Iran, alors que les deux pays entamaient des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran dans un contexte de tensions.

Selon les experts, cela aurait permis aux B-2, qui sont dotés d’une technologie furtive et équipés pour transporter les bombes et les armes nucléaires les plus lourdes des États-Unis, d’opérer au Moyen-Orient.

Les responsables, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont déclaré que les bombardiers B-52 remplaceront les bombardiers B-2.

Le Pentagone a déclaré qu’il ne commentait pas les ajustements de son dispositif militaire, conformément à sa politique.

Le déploiement initial représentait près d’un tiers de l’ensemble des bombardiers B-2 de l’arsenal de Washington. La présence d’un tel nombre d’appareils sur une seule base à l’étranger a été jugée très inhabituelle.

Illustration : Un avion B-52 Stratofortress de l’armée de l’air américaine, provenant de la base aérienne de Barksdale, en Louisiane, atterrissant à la base aérienne d’al-Udeid, au Qatar, le 9 avril 2016. (Crédit : Sergent Corey Hook/Armée de l’air américaine via AP)

En règle générale, les missions dites « de démonstration de force » au cours desquelles des B-2 sont impliqués consistent à envoyer deux ou trois appareils en territoire étranger. Il est donc très rare d’en voir six sur un même site.

Les bombardiers B-2 avaient été utilisés pour mener des frappes contre les Houthis au Yémen, alors que les États-Unis menaient des dizaines de missions de bombardement contre ce un groupe terroriste soutenu par l’Iran depuis la mi-mars. Ils ciblaient les terroristes yéménites pour leurs attaques contre des navires dans les eaux du Moyen-Orient en soutien au groupe terroriste palestinien du Hamas dans la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023 en Israël.

Après plus d’un mois de frappes aériennes intensives, le président américain Donald Trump a annoncé la semaine dernière qu’un accord avait été conclu avec les Houthis : le groupe terroriste a accepté de mettre fin aux attaques contre les navires américains, en échange d’une suspension des frappes américaines.

Néanmoins, cet accord ne contraint pas les Houthis à mettre fin à leurs attaques de missiles et de drones contre Israël, qui se poursuivent presque quotidiennement depuis la signature de l’accord avec les États-Unis.

Un terroriste houthi inspectant les dégâts qui auraient été causés par des frappes aériennes américaines à Sanaa, au Yémen, le 27 avril 2025. (Crédit : Osamah Abdulrahman/AP)

Les développements dans les négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran contribuent également à apaiser les tensions dans la région, les deux parties prévoyant de poursuivre leurs réunions hebdomadaires.

Le quatrième cycle de pourparlers s’est tenu dimanche, avant la visite annoncée de Trump au Moyen-Orient. Le président américain, qui a menacé de recourir à la force militaire contre l’Iran si la diplomatie échouait, a relancé sa campagne de « pression maximale » contre Téhéran depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.

Les deux parties avaient fait état de progrès lors des trois cycles précédents. Dimanche, l’Iran a qualifié la réunion de « difficile mais utile », tandis qu’un haut responsable américain s’est dit « optimiste ».

Téhéran est disposé à négocier certaines restrictions concernant son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions, selon des responsables iraniens. Cependant, la fin de son programme d’enrichissement ou la remise de ses stocks d’uranium enrichi font partie de ce que les responsables ont qualifié de « lignes rouges de l’Iran qui ne peuvent faire l’objet d’aucun compromis » dans les négociations.

Vue d’un bâtiment sur lequel est peinte une fresque anti-américaine avec le slogan « À bas les États-Unis » et des crânes remplaçant les étoiles du drapeau américain, sur l’avenue Karim Khan Zand, à Téhéran, le 26 avril 2025. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Les pays occidentaux, à commencer par les États-Unis, accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire depuis longtemps, tandis que Téhéran affirme que son programme nucléaire est destiné à des fins pacifiques.

L’Iran enrichit actuellement son uranium à un niveau de pureté de 60 %, bien au-delà de la limite de 3,67 % fixée dans l’accord – connu sous l’acronyme JCPOA – conclu en 2015 avec les États-Unis et d’autres puissances mondiales. Il ne lui reste plus qu’une petite étape technique à franchir pour atteindre les 90 % nécessaires à la fabrication de matières fissiles à des fins militaires. Téhéran menace régulièrement de détruire Israël, et son niveau d’enrichissement d’uranium est bien supérieur à ce qui est nécessaire pour un usage civil.

Le président Massoud Pezeshkian (2ᵉ à droite) et le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (AEOI), Mohammad Eslami (à droite), lors de la « Journée nationale de la technologie nucléaire », à Téhéran, le 9 avril 2025. (Crédit : Présidence iranienne/AFP)

Israël aurait exprimé son mécontentement face à la tournure des négociations, qui semblaient s’orienter vers un accord similaire au Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), de 2015, signé par l’ancien président américain Barack Obama et qualifié à l’époque de désastreux pour Israël par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Trump avait également critiqué cet accord avant de s’en retirer en 2018.

Netanyahu, qui se montre très sceptique quant aux pourparlers entre l’Iran et les États-Unis, réclame le démantèlement de toutes les installations nucléaires de Téhéran et l’arrêt de son programme de missiles balistiques dans le cadre d’un quelconque accord digne de ce nom.

Téhéran a insisté pour que les pourparlers portent uniquement sur la question nucléaire et la levée des sanctions, excluant toute négociation sur ses capacités militaires.

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