Le premier coup de fil de Biden à un leader du Moyen Orient destiné à Netanyahu
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Le premier coup de fil de Biden à un leader du Moyen Orient destiné à Netanyahu

La porte-parole de la Maison Blanche dit qu'une conversation aura "bientôt" lieu, saluant les "relations sécuritaires et stratégiques importantes" entre les deux pays

La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki s'exprime pendant un point-presse à la Maison-Blanche, le 16 février 2021. (Crédit :  Nicholas Kamm / AFP)
La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki s'exprime pendant un point-presse à la Maison-Blanche, le 16 février 2021. (Crédit : Nicholas Kamm / AFP)

Le premier appel téléphonique du président américain Joe Biden à un dirigeant du Moyen-Orient sera destiné au Premier ministre Benjamin Netanyahu, a indiqué la Maison Blanche, mardi.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré aux journalistes que l’appel aurait « bientôt » lieu, mais qu’elle n’était pas en mesure de donner une date exacte. « A suivre », a-t-elle continué.

L’absence d’entretien téléphonique entre les deux dirigeants, depuis la prise de fonctions de Biden, a dérouté et intrigué en Israël comme aux Etats-Unis, même si la Maison Blanche avait bien précisé que le nouveau président américain n’avait pas intentionnellement snobé Netanyahu.

Psaki a souligné qu’Israël est « bien sûr, un allié. Israël est un pays avec lequel nous entretenons une relation sécuritaire et stratégique importante et notre équipe s’est pleinement engagée à échanger – ce n’est pas encore le cas du chef de l’Etat, mais ce sera le cas très bientôt – et notre équipe est pleinement attachée à cette relation, et elle a des discussions constantes à de nombreux niveaux avec les Israéliens ».

Benjamin Netanyahu, (à gauche), et le vice-président américain de l’époque Joe Biden à Jérusalem, le 9 mars 2010. (Emil Salman/Pool/Flash90)

La porte-parole s’est exprimée vingt-quatre heures après que Netanyahu eut minimisé l’importance de l’absence d’un appel téléphonique de Biden. Il avait aussi insisté sur le fait qu’il s’entretiendrait très bientôt avec le président.

Psaki a aussi été interrogée lors du point-presse sur le positionnement de l’administration Biden face à l’Arabie saoudite, qui avait noué des liens étroits avec Donald Trump.

« Nous avons établi clairement, et dès le début, que nous allions recalibrer notre relation avec l’Arabie saoudite », a-t-elle expliqué.

Psaki a dit que Biden allait discuter avec le roi Salmane « au moment approprié » et non avec le prince Mohammed ben Salmane, le gouvernant de facto de ce royaume du Golfe, qui a été vivement critiqué par les législateurs américains pour son rôle présumé dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et pour l’implication militaire saoudienne au Yémen contre les rebelles Houthis soutenus par l’Iran.

Psaki a précisé que Biden n’avait pas prévu d’inviter des leaders étrangers à la Maison Blanche dans un avenir proche.

« Le président ne s’entretiendra en face à face ou n’invitera un dirigeant étranger à le rencontrer en personne, à la Maison Blanche, pas avant deux mois », a-t-elle indiqué, citant la pandémie de la COVID-19.

La préparation méticuleuse des entretiens téléphoniques de Biden

Biden s’est entretenu par téléphone à douze reprises avec des dirigeants étrangers, après avoir rétabli ce qui avait été une tradition à la Maison Blanche, un standard toutefois boudé par Trump : la préparation rigoureuse.

Ces changements survenus dans la diplomatie téléphonique ont concerné à la fois la forme et le fond, Biden ayant cherché à transmettre aux dirigeants étrangers – un grand nombre d’entre eux encore amers face à l’habitude de Trump d’admonester ses homologues et de confondre ses intérêts personnels avec la sécurité nationale américaine – le message que Biden est aujourd’hui bien déterminé à reprendre la relation unissant les Etats-Unis au monde à partir de zéro.

Comme c’était le cas des administrations avant Trump, les conseillers préparent l’appel du président en réunissant de multiples informations écrites – avec notamment le résumé de ce qu’il s’est passé dans les pays, une récapitulation des interactions antérieures avec le dirigeant, des points de discussions à aborder, ainsi que des notes visant à aider à formuler la réponse du président aux questions délicates que son interlocuteur pourrait soulever.

Le président américain Joe Biden s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 2 février 2021. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

James Carafano, analyste en sécurité nationale à la Heritage Foundation, plutôt conservatrice, a indiqué que Biden – au vu des premiers entretiens téléphoniques de son mandat – était avant tout inquiet de transmettre le message que la page Trump appartenait dorénavant au passé. Mais Carafano a affirmé que le nouveau président avait largement évité de détailler ce que cela signifiait réellement en termes de politique étrangère.

« Il n’est pas vraiment allé au-delà de la thématique ‘nous allons travailler avec nos amis et avec nos alliés’, » a-t-il ajouté.

Biden a établi clairement son désir de revenir à la diplomatie après le retrait de Trump de l’accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran, qui avait été mis en place sous l’administration Obama. La décision du président républicain avait été saluée par Netanyahu, qui s’est toujours opposé avec ferveur à cet accord signé en 2015.

Dans une interview accordée lundi à une chaîne de télévision, Netanyahu a promis de contrer ceux qui s’opposeraient à son positionnement belliqueux à l’égard de l’Iran lorsqu’il a été interrogé sur l’absence d’entretien téléphonique avec Biden.

Le président américain Donald Trump, (à droite), regarde le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) lors d’un événement dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le 28 janvier 2020, au cours duquel Trump a dévoilé sa vision « de la paix à la prospérité » dans le cadre d’un accord israélo-palestinien. (AP/Susan Walsh)

Netanyahu a déclaré à la Douzième chaîne qu’il entretenait des « liens merveilleux » avec les démocrates au Congrès après avoir forgé une relation très étroite avec Trump et après s’être querellé avec l’ex-président américain Barack Obama au sujet des dispositions de l’accord de 2015 qui limitait le programme nucléaire de la république islamique en échange d’un allègement de sanctions.

Netanyahu a affirmé que les liens avec les députés américains étaient « simplement une question de politique » et sûrement pas une question d’affiliation partisane.

« Je suis aux côtés de tous ceux qui soutiennent nos politiques. Et concernant ceux qui nous mettent en danger, sur les politiques concernant un Iran nucléarisé, par exemple, qui serait une menace existentielle pour nous, là, je m’oppose à eux et peu m’importe qu’ils soient démocrates », a-t-il ajouté.

Biden a expliqué que son administration réintégrerait l’accord sur le nucléaire seulement si Téhéran acceptait de se conformer au préalable à ses dispositions.

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