Le président chilien prie au mur Occidental, visite le mont du Temple avec l’AP
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Le président chilien prie au mur Occidental, visite le mont du Temple avec l’AP

Le ministère des Affaires étrangères a fustigé cette "violation de la souveraineté israélienne" après que Pinera s'est rendu sur le lieu saint avec des responsables palestiniens

Le président chilien Sebastian Piñera, (au centre), en chemise bleue, au mur Occidental de Jérusalem, le 24 juin 2019. (Crédit : Western Wall Heritage Foundation)
Le président chilien Sebastian Piñera, (au centre), en chemise bleue, au mur Occidental de Jérusalem, le 24 juin 2019. (Crédit : Western Wall Heritage Foundation)

Le président chilien Sebastian Pinera s’est rendu mardi au mur Occidental, à Jérusalem, dans le cadre de son séjour officiel dans le pays, et a prié pour la paix dans l’Etat hébreu.

L’économiste et homme d’affaires milliardaire, diplômé de Harvard, était accompagné de son épouse Cecilia Morel et d’une délégation de responsables chiliens.

Il s’est également rendu sur le mont du Temple avec de hauts-responsables palestiniens. Le ministère des Affaires étrangères israélien a fustigé mercredi le gouvernement chilien et déclaré que cette initiative était une violation de sa souveraineté sur la partie orientale de la ville.

Mais la visite de Pinera sur le mont du Temple allait à l’encontre des procédures diplomatiques et d’un accord entre les deux pays, a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué mercredi.

Le mont du Temple est situé à Jérusalem-Est, qu’Israël considère comme partie intégrante de sa capitale indivisible, et les Palestiniens la considèrent comme capital de l’Etat auquel ils aspirent. La souveraineté israélienne sur la partie orientale de la ville n’est pas reconnue par la communauté internationale.

Durant sa visite du mur Occidental, le président chilien a déclaré qu’il avait amené avec lui des prières écrites par les élèves de l’école Anne Frank de Santiago, pour qu’il les glisse entre les pierres du mur.

Il était accompagné d’un cameraman qui l’a filmé pendant qu’il plaçait les papiers entre les pierres.

סבסטיאן פיניירה נשיא צ'ילה בביקור בכותל המערבי

הבוקר (ג' 25.6.19), הגיע סבסטיאן פיניירה נשיא צ'ילה יחד עם רעייתו ומשלחת גדולה לביקור בכותל המערבי במסגרת ביקורו בישראל.במעמד מרגש מאוד הטמין מר פיניירה פתקי תפילות שהועברו אליו מתלמידי בית הספר ע"ש אנה פרנק, חתם בספר האורחים והתפלל לשלום בארץ הקודש.

פורסם על ידי ‏הכותל המערבי – Western Wall‏ ב- יום שלישי, 25 ביוני 2019

Un communiqué des responsables du mur Occidental a indiqué que Pinera a signé le livre d’or du site avec une prière pour la paix.

La visite par ce chef d’Etat de centre-droite fait suite à une rencontre entre Pinera et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au Brésil, lors de l’investiture du président brésilien Jaïr Bolsonaro au début du mois de janvier.

De telles visites par des dignitaires étrangers sur les lieux saints de Jérusalem, y compris au mur Occidental, lieu le plus saint du judaïsme où les Juifs peuvent prier librement, rencontrent une farouche opposition des Palestiniens, qui estiment qu’elles légitiment les revendications israéliennes à la moitié orientale de la ville.

De nombreuses visites de ce type ont eu lieu récemment, notamment par des responsables américains, et elle témoigne d’une reconnaissance internationale de la position d’Israël.

Il s’est rendu mardi au mont du Temple en compagnie de Fadi al-Hamdi, ministre des Affaires de Jérusalem de l’Autorité palestinienne, et d’autres responsables, selon les médias israéliens.

Il a également rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Bethléem et visité des lieux saints en Cisjordanie.

Le président chilien Sebastian Pinera visite l’Eglise de la Nativité à Bethléhem en Cisjordanie, le 25 juin 2019. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

La réprimande du ministère des Affaires étrangères, à l’initiative de son ministre Yisrael Katz, condamnait fermement cette visite.

« Le ministère des Affaires étrangères considère toute violation de la souveraineté israélienne sur le mont du Temple comme sérieuse et comme une infraction aux procédures », a indiqué le ministère. « Nous devons absolument distinguer la liberté de culte… de la préservation de notre souveraineté sur le mont du Temple.

« La question de la liberté de culte, qu’Israël respecte plus que quiconque, doit être distincte de la question de la sauvegarde de notre souveraineté sur le mont du Temple », a déclaré Israel Katz dans un tweet mercredi.

Santiago n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat.

Les dignitaires étrangers coordonnent normalement leurs visites sur ce site sensible avec des responsables israéliens.

Une source officielle de la délégation chilienne a déclaré à l’AFP qu’il s’agissait d’une visite « privée » à laquelle ne « participait formellement que la délégation chilienne ».

Le séjour de trois jours de Pinera a débuté mardi par une visite de Yad Vashem et se terminera jeudi après des rencontres avec des responsables de l’Autorité palestinienne en matinée.

Il doit également rencontrer des sociétés des secteurs de l’agriculture technologique et de la santé, et rencontrera le président Reuven Rivlin lors d’une cérémonie officielle mercredi après-midi.

Il doit également rencontrer Netanyahu pour un entretien de travail mercredi et sera reçu à dîner à la résidence du Premier ministre.

Pinera, qui a déjà été président de 2010 à 2014, a été réélu en décembre 2017.

Le précédent mandat de Pinera a été marqué par des mesures visant à renforcer les liens avec Israël et par l’adoption de plusieurs positions pro-palestiniennes, notamment la reconnaissance d’un État palestinien.

Chilean President Sebastian Pinera (left) meets his Israeli counterpart, Shimon Peres, in 2011, during a visit that preceded diplomatic tensions between the two countries. (Photo credit: Kobi Gideon/Flash90)
Chilean President Sebastian Pinera (left) meets his Israeli counterpart, Shimon Peres, in 2011, during a visit that preceded diplomatic tensions between the two countries. (Photo credit: Kobi Gideon/Flash90)

En 2011, Pinera a été le premier chef d’Etat chilien à se rendre en Israël et a signé avec l’Etat hébreu un accord de libre échange.

Cependant, quelques mois plus tard, Pinera a conduit le gouvernement chilien à adopter une résolution « reconnaissant l’existence de l’Etat de Palestine comme un Etat libre, indépendant et souverain », ce qui a excédé les autorités israéliennes.

Après l’adoption de cette résolution, Pinera a déclaré que le rapprochement entre Jérusalem et Santiago et la reconnaissance d’un État palestinien n’étaient pas antinomiques.

« De cette façon, nous permettons à ce qu’existe au Moyen Orient un État palestinien et un Etat d’Israël qui peut vivre en paix et prospérité avec des frontières reconnues et sécurisées », a-t-il dit.

Le Chili abrite 15 000 Juifs et la plus grande communauté palestinienne en dehors du monde arabe, avec plus de 300 000 membres.

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