Israël en guerre - Jour 292

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Le rabbin Shmuel Eliyahu abonde dans le sens de son fils Amichai: atomiser Gaza est une option

Le polémique grand rabbin de Safed estime ne pas pouvoir être limogé pour avoir fait écho aux propos qui ont valu à son fils ministre d'être évincé des réunions du cabinet

Le rabbin en chef de Safed Rabbi Shmuel Eliyahu s’adresse au groupe 'Besheva', le 7 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le rabbin en chef de Safed Rabbi Shmuel Eliyahu s’adresse au groupe 'Besheva', le 7 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Dans un discours prononcé lundi, le grand rabbin de Safed, dont le fils ministre a soulevé un tollé en suggérant que le largage d’une arme nucléaire sur la bande de Gaza pouvait être une option viable, a soutenu son fils et mis au défi les autorités de le punir pour ce motif.

Le ministre du Patrimoine, Amichai Eliyahu, est vite revenu sur ses propos, qu’il a lui-même qualifiés de « métaphoriques », suite au tollé international et aux sanctions internes à la coalition ce mois-ci, mais lors d’une conférence hebdomadaire sur la Torah prononcée lundi, le rabbin Shmuel Eliyahu a repris l’idée avec enthousiasme.

« En ce moment, on se demande ce qu’il faut faire de Gaza. Les effacer ? Que faire ? Larguer une bombe atomique ? C’est une option », a déclaré le rabbin, dans un sourire, lors d’une digression au fil du discours.

« Ils ne me vireront pas », a-t-il poursuivi. « Mon fils, ils voudraient bien, mais moi, ils ne le feront pas. »

Une vidéo du discours donné à Jérusalem, sous le titre « Comment vaincre le royaume d’Ismaël », a été mise en ligne sur YouTube lundi soir par les services du rabbin. L’Ismaël biblique est utilisé par certains juifs orthodoxes pour désigner les Arabes, souvent de manière péjorative.

Figure éminente de la frange radicale de la droite nationaliste israélienne, le rabbin Eliyahu s’est attiré des critiques, ces dernières années, pour des déclarations et des décisions sur la loi juive, dont l’une qui interdit la location ou la vente à des Arabes de logements appartenant à des Juifs à Safed, dans le nord du pays.

Amichai Eliyahu, député d’Otzma Yehudit, prend la parole à la Knesset le 6 décembre 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Le rabbin a également défrayé la chronique pour avoir critiqué le mouvement réformé, la communauté LGBTQ et les femmes combattantes de Tsahal, mais il demeure influent. L’an dernier, les États-Unis ont suspendu son visa en réaction à ses propos.

Le 5 novembre, son fils, membre du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, emmené par le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, donnait une interview à la radio lorsqu’un animateur lui a demandé si « vous vous attendez à ce que demain matin, nous larguions une sorte de bombe nucléaire sur Gaza, pour les aplatir, les éliminer tous là-bas ? »

« Ce serait une option », a répondu Eliyahu. « L’autre consisterait pour eux à définir ce qui est réellement important, ce qui les effraie, ce qui les dissuade… Ils n’ont pas peur de la mort. »

Il a également donné le sentiment d’être favorable à une forme de punition collective des Gazaouis, affirmant qu’il « n’y a pas de civils non impliqués à Gaza ».

Le ministre a ensuite tenté de revenir sur ce qu’il avait dit, en tweetant qu’il « est clair pour tous les gens un peu sensés que ce que j’ai dit sur la bombe atomique est purement métaphorique ».

De la fumée s’élevant après des frappes aériennes israéliennes près de la frontière à l’est de la ville de Rafah, dans le sud de la Bande de Gaza, le 8 octobre 2023. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Yoav Gallant et d’autres ont été prompts à condamner les propos d’Eliyahu le ministre, qui n’a aucune influence sur les trois membres du Conseil de guerre qui prennent les décisions en matière de guerre contre le groupe terroriste du Hamas.

Face aux demandes de limogeage d’Eliyahu, Netanyahu l’a suspendu sine die du Conseil des ministres, ce qui ne l’a pas empêché de participer aux votes téléphoniques organisés par le gouvernement, dans la mesure où le Conseil s’est rarement réuni en personne depuis le début de la guerre, le mois dernier.

Netanyahu a voulu limoger Eliyahu, mais il a fait machine arrière lorsque Ben Gvir a déclaré qu’il ne l’accepterait pas, a rapporté la Douzième chaîne.

En dépit des scandales et des nombreux appels à sa destitution, au fil des ans, Shmuel Eliyahu est toujours le grand rabbin de Safed, et ce depuis la fin des années 1980. Il a échoué à deux reprises à se faire élire grand rabbin séfarade d’Israël, poste que son père a occupé de 1983 à 1996. En 2020, la Cour Suprême de justice a ordonné des mesures disciplinaires à son encontre pour des propos injurieux doublés de positions politiques « explicites » interdites en raison de son statut de fonctionnaire.

En 2007, son père, l’ancien grand rabbin Mordechai Eliyahu, avait adressé un courrier au Premier ministre de l’époque, Ehud Olmert, disant que tous les Gazaouis devaient être considérés comme coupables des tirs de roquette. Shmuel Eliyahu avait expliqué que son père préférait bombarder Gaza plutôt que de risquer la vie des soldats.

Shmuel Eliyahu a souvent tenu des propos considérés comme des approbations ou des incitations à la violence contre les Arabes.

« Un Juif ne devrait pas fuir les Arabes. Un Juif doit faire fuir les Arabes. Il y a une guerre silencieuse qui se déroule ici, pour la terre », « La plupart des violences, au sein de la société israélienne, viennent des Arabes » ou encore « Les Arabes ont un autre code que le nôtre : la violence est pour eux une forme d’idéologie » – sont quelques unes des déclarations d’Eliyahu, dans une interview accordée en 2010 au quotidien Maariv.

En 2011, le procureur général de l’époque, Yehuda Weinstein, avait demandé l’ouverture d’une enquête criminelle pour incitation à la violence, mais en 2012, le ministère de la Justice, alors dirigé par Yaakov Neeman, avait mis fin à toutes les poursuites, pour manque de preuves.

Un frigo criblé de balles dans une maison détruite lors de l’attaque du 7 octobre par des terroristes du Hamas dans le kibboutz Kfar Aza dans le sud d’Israël près de la bande de Gaza, le 18 octobre 2023. (Crédit : Gil COHEN-MAGEN / AFP)

Israël s’est lancé dans une guerre contre le Hamas après que le groupe terroriste a mené une attaque brutale contre les communautés du sud d’Israël, tuant quelque 1 200 personnes, principalement des civils, et prenant plus de 240 otages, dont de jeunes enfants et des personnes âgées.

Israël a réagi en s’engageant à éliminer le groupe terroriste au moyen de frappes aériennes et d’une opération terrestre toujours en cours qui a d’ores et déjà permis de frapper des milliers de cibles du Hamas dans la bande de Gaza, tout en disant s’efforcer de minimiser les pertes civiles à Gaza.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, affirme que plus de 11 000 Palestiniens ont été tués. Les chiffres, qui ne peuvent être confirmés de manière indépendante, ne font pas le distinguo entre terroristes et civils, ni entre ceux qui ont été tués dans des frappes israéliennes et ceux qui l’ont été tués par des roquettes égarées des groupes terroristes.

Officiellement, Israël entretient l’ambiguïté autour de ses armes nucléaires, évoquées par la presse étrangère.

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