Le réalisateur de Narcos offre de nouveaux angles au raid israélien d’Entebbe
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Le réalisateur de Narcos offre de nouveaux angles au raid israélien d’Entebbe

En compétition à la Berlinale, le film explore l'opération menée en Ouganda par des commandos israéliens pour libérer les otages d'un vol d'Air France détourné par des terroristes

Déjà porté plusieurs fois à l’écran, le raid israélien d’Entebbe pour libérer des otages en 1976 est l’objet d’un nouveau film du Brésilien José Padilha (« Narcos ») qui s’écarte de la seule version militaire pour offrir plusieurs points de vue sur cette opération entrée dans l’histoire.

« Otages à Entebbe » a été présenté lundi soir à la Berlinale (hors compétition), là où le réalisateur avait remporté l’Ours d’or il y a dix ans pour son très musclé et controversé « Troupe d’élite ».

« J’ai fait énormément de recherche car l’histoire officielle est du point de vue militaire », a expliqué Padhila lors d’une conférence de presse.

Le raid d’Entebbe a eu lieu dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976. Des commandos d’élite israéliens ont mené une opération spectaculaire sur l’aéroport ougandais, libérant les passagers d’un vol d’Air France détourné par des Palestiniens et des Allemands sept jours plus tôt.

Fait notable : sur les 250 passagers, les pirates en avaient libéré une partie mais retenu les Israéliens ou ceux de confession juive, ainsi que les membres d’équipage (105 personnes au total).

Optant pour une narration éclatée, Padilha s’attache autant aux passagers qu’aux hommes politiques en Israël devant décider de l’action à mener (il filme l’affrontement feutré entre le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le ministre de la Défense de l’époque, Shimon Peres).

Le Premier ministre Yitzhak Rabin, au centre, avec le ministre de la Défense de l’époque Shimon Peres, directement à la droite de Rabin, parlant à des personnes qui seraient les membres de l’équipage d’Air France après l’opération de sauvetage à Entebbe,le 4 juillet 1976 (Autorisation : Archives de l’armée israélienne)

A l’époque, le gouvernement israélien fit mine de négocier et sembla sur le point de céder aux exigences des pirates de l’air avant d’entreprendre cette opération militaire d’envergure.

Le film illustre « combien il est difficile pour un homme politique de négocier ». Et, « dans le conflit actuel (israélo-palestinien) il est difficile de négocier, c’est toujours vrai », a-t-il souligné.

Il s’attarde également sur les preneurs d’otages (deux Palestiniens et deux terroristes d’extrême-gauche allemands, interprétés par Daniel Brühl de « Good bye Lenin! » et Rosamund Pike de « Gone girl »).

Interrogé sur ce choix qui pourrait heurter, le réalisateur a insisté sur le fait que « les terroristes ont une conscience (et) sont des êtres humains », même « mauvais ». C’est sans rappeler la thèse portée au petit écran par les créateurs de la série israélienne Fauda.

Le réalisateur brésilien Jose Padilha lors d’une conférence de presse pour le film « 7 jours à Entebbe” présenté au 68ème festival du film de Berlin le 19 février 2018 (Crédit : AFP / Stefanie Loos)

Pour préparer ce long-métrage, basé sur un livre, il s’est aussi rendu en Israël et a rencontré d’anciens otages d’Entebbe.

Pour la scène du raid en elle-même, il a réalisé un montage audacieux entre la séquence militaire à proprement parler et une séquence de danse moderne, ayant de fortes ressemblances avec l’opération.

Présent lundi à Berlin, l’ingénieur-mécanicien de l’avion d’Air France Jacques Lemoine a apporté tout son soutien au film, devant la presse. « Nous étions trois générations à le regarder et notre avis était unanime : ça correspond très bien à ce qui s’est passé ».

Le film est attendu mi-mars aux Etats-Unis et le 25 avril en France.

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