Le Shas dénonce les appels à voter de la municipalité de Tel Aviv
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Le Shas dénonce les appels à voter de la municipalité de Tel Aviv

Le parti ultra-orthodoxe a déposé une requête au motif que les avantages offerts par la mairie pour encourager au vote augmentera la participation des électeurs de gauche

Des gens passent devant des affiches de la campagne électorale montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et les dirigeants de Kakhol lavan, de gauche à droite, Moshe Ya’alon, Benny Gantz, Yair Lapid et Gabi Ashkenazi, à Tel Aviv, le 3 avril 2019. Sur les affiches on peut lire, à gauche, "Un Likud fort, un Israël fort" et, à droite, "Chaque vote compte, victoire pour Kakhol lavan". (AP Photo/Oded Balilty)
Des gens passent devant des affiches de la campagne électorale montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et les dirigeants de Kakhol lavan, de gauche à droite, Moshe Ya’alon, Benny Gantz, Yair Lapid et Gabi Ashkenazi, à Tel Aviv, le 3 avril 2019. Sur les affiches on peut lire, à gauche, "Un Likud fort, un Israël fort" et, à droite, "Chaque vote compte, victoire pour Kakhol lavan". (AP Photo/Oded Balilty)

Le parti ultra-orthodoxe Shas a déposé lundi une requête auprès du maire et de la municipalité de Tel Aviv, alléguant que les offres spéciales, notamment l’accès gratuit aux piscines à ceux qui donneront une preuve qu’ils ont voté mardi, revient à utiliser les ressources publiques pour corrompre les électeurs de la ville, principalement à gauche.

La municipalité de Tel Aviv a annoncé dimanche que les résidents qui se prennent en photo en train de voter (sans révéler le parti qu’ils élisent) et sont en possession d’une carte de résident ou d’une carte d’identité avec une adresse à Tel Aviv, pourront bénéficier de certains avantages (à consulter ici, en hébreu) mardi.

Ils pourront par exemple accéder gratuitement à certaines piscines, visiter la ville, voir des films et boire de la bière pour 10 shekels dans certains endroits.

Dans la plainte adressée à la Commission centrale électorale, le Shas a déclaré que le fait que nombre de ces endroits n’étant pas casher, et que toutes les piscines étant localisées au nord de la ville (ce qui est faux), où les électeurs ont tendance à voter à gauche, montrait que l’appel au vote était fondamentalement partisan.

Le maire de Tel Aviv Ron Huldaï met son bulletin dans l’urne, le 30 octobre 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Cette requête survient à 24 heures du vote, mettant un terme à une campagne qui a placé la question de la religion et de l’État au centre des débats.

Dimanche, un élu Shas a décrit Avigdor Liberman, président du parti Yisrael Beytenu, comme un individu qui irait faire ses courses pendant Shabbat dans un magasin qui vend du porc. En vertu de la loi juive, la consommation de porc est interdite, tout comme le commerce pendant Shabbat. Les sondages prédisent qu’Yisrael Beytenu sera faiseur de rois à l’issue des élections, car ni le Likud au pouvoir, ni le parti d’opposition Kakhol lavan ne serait en mesure de former facilement une coalition sans lui.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’est pas parvenu à former de coalition majoritaire à l’issue des élections d’avril parce que le laïc Liberman avait refusé de rejoindre son gouvernement, en raison d’un différend avec les partis ultra-orthodoxes.

La semaine dernière, le fils de l’ancien Grand-Rabbin séfarade d’Israël a attaqué Yair Lapid, déclarant que le numéro 2 de Kakhol lavan « devrait aller en enfer, avec son père« , Tommy Lapid, aujourd’hui disparu, qui dirigeait le parti laïc Shinouï [« changement » en hébreu].

Meeting électoral de Shas à la synagogue Yazdim à Jérusalem le 14 septembre 2019 (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)

Le mois dernier, la communauté ultra-orthodoxe a qualifié Lapid d’antisémite, après qu’il eut tweeté une vidéo de campagne dans laquelle il décrivait les membres ultra-orthodoxes du gouvernement comme des responsables politiques avides d’argent, qui exigent d’importantes sommes d’argent en échange de leur loyauté à Netanyahu.

Le parti centriste Kakhol lavan a promis de former un « gouvernement d’unité laïc » s’il devient le plus grand parti au terme du scrutin de mardi.

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