Rechercher

L’équipe nationale de lutte du Maroc participe à une compétition en Israël

Une délégation marocaine participera au tournoi de Beer Sheva commémorant le massacre des Jeux olympiques de Munich en 1972

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Lutteurs en pleine action aux épreuves des Maccabiades à Beer Sheva, en juillet 2022. (Crédit : Autorisation/Larry Slater)
Lutteurs en pleine action aux épreuves des Maccabiades à Beer Sheva, en juillet 2022. (Crédit : Autorisation/Larry Slater)

L’équipe nationale marocaine de lutte doit participer à une compétition en Israël ce mois-ci, suite au réchauffement des liens entre Israël et certains pays arabes, qui continue de porter ses fruits dans le monde du sport.

Le tournoi, qui se déroulera dans la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays, les 25 et 26 août, commémorera le 50e anniversaire du massacre des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972. Les organisateurs ont baptisé le tournoi « The Slavin, Halfen, Weinberg & Gottfreund Memorial », du nom des lutteurs israéliens tués par les terroristes palestiniens à Munich.

Onze membres de la délégation olympique israélienne ont été tués par le groupe terroriste de Septembre noir lors de ce massacre. Mark Slavin et Eliezer Halfen devaient participer aux épreuves de lutte des Jeux, Moshe Weinberg était leur entraîneur et Yossef Gottfreund leur arbitre. Le neveu de Weinberg, Aviram Shmuely, ancien membre de l’équipe nationale israélienne, a participé à l’organisation du prochain tournoi de Beer Sheva et arbitrera certains des matchs.

Les frères américains Ben Peterson et John Peterson, médailles d’or olympique, dirigeront un stage d’entraînement pendant l’événement. Les deux Peterson ont participé aux Jeux olympiques de Munich.

L’équipe marocaine comprendra au moins huit athlètes et dix autres membres de la délégation, dont des responsables de haut niveau du United World Wrestling, l’organisme international qui régit la lutte amateur, ont indiqué les organisateurs israéliens.

La fédération marocaine de lutte a déclaré dans une lettre qu’elle avait accepté l’invitation de l’équipe israélienne au tournoi « sous le patronage de Sa Majesté le Roi Mohamed VI ». Le gouvernement marocain finance la participation de l’équipe.

Que « le sport puisse toujours contribuer à la paix dans le monde et à l’amitié entre les nations » peut-on lire dans la lettre adressée à la Fédération israélienne de lutte par le représentant marocain Fouad Meskout, président du Conseil africain de la United World Wrestling,

Le titre officieux de la compétition est Wrestle for Peace [Lutte pour la paix].

L’équipe marocaine et la Fédération israélienne de lutte signeront également un accord sur la poursuite des entraînements et des compétitions ensemble, ont indiqué les organisateurs israéliens.

Outre le Maroc et Israël, des athlètes des États-Unis, d’Allemagne, de Suisse, de Grèce et du Tadjikistan participeront au tournoi de Beer Sheva. Le United World Wrestling a sanctionné cet événement comme épreuve officielle de niveau senior en lutte gréco-romaine et en lutte libre masculine, les deux styles internationaux qui se disputent aux Jeux olympiques.

En plus de tisser des liens avec le Maroc, la fédération israélienne de lutte considère le tournoi comme un grand pas en avant pour le sport en Israël.

« C’est vraiment un événement clé pour redynamiser la Fédération israélienne de lutte », a déclaré l’organisateur Jake Kornblatt. « La fédération a besoin de soutien. La plupart des entraîneurs font office d’administrateurs et ont un emploi à temps plein en même temps. »

« C’est important car cela aide la communauté et il y a un potentiel ici », a-t-il ajouté. Les organisateurs sont en train de se mobiliser pour que des officiels israéliens et des représentants de l’ambassade du Maroc assistent à la compétition.

La lutte, l’un des sports les plus anciens et les plus éprouvants, n’est ni répandue ni suivie de près en Israël, contrairement au judo, qui est similaire à la lutte et l’un des sports dans lequel Israël s’avère être bon sur la scène mondiale. La plupart des lutteurs israéliens sont issus de communautés d’immigrants de l’ancienne Union soviétique, où ce sport est populaire, comme la Russie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et l’Ouzbékistan. La plupart des entraînements ont lieu dans des clubs situés dans des villes comme Bat Yam, Ashkelon, Ashdod et Beer Sheva.

אליפות ישראל בהאבקות חופשית 2021

אנו שמחים לשתף אתכם בטעימה קטנה מאליפות ישראל לבוגרים ובוגרות לשנת 2021 אשר התקיימה בעיר באר שבע בשבוע שעבר. ברכות לאלופי המדינה החדשים! ????????️????‍♂️????צילום ועריכה של Boris Menchikovsky.

Posted by ‎איגוד ההאבקות בישראל‎ on Tuesday, April 13, 2021

« Les enfants sont coriaces et les entraîneurs ont une mentalité bien affirmée, mais le pays dans son ensemble ne soutient pas vraiment l’athlétisme. Les infrastructures nécessaires pour soutenir la périphérie ne sont pas suffisantes », a déclaré M. Kornblatt.

« C’est un instrument qui peut aider à encadrer et à soutenir les enfants et ces communautés qui pratiquent la lutte, c’est leur truc », a-t-il ajouté. « C’est l’une des choses qui définit leur culture et c’est un moyen d’élever ces communautés. »

Plusieurs lutteurs israéliens ont fait des percées dans les compétitions internationales, notamment Yuri Kalashnikov, Daniel Popov et Melkamu Fetene.

Une organisation importante du catch américain, Beat the Streets, enverra un groupe d’athlètes au tournoi de Beer Sheva pour concourir au stage d’entraînement. Outre les frères Peterson, le stage sera dirigé par le premier champion du monde américain de lutte gréco-romaine, Mike Houck. Beat the Streets gère un réseau de clubs dans les villes américaines qui utilisent le sport pour soutenir les jeunes des communautés défavorisées, un modèle envisageable pour Israël. Kornblatt, lutteur originaire des États-Unis, a participé à la création de Beat the Streets à Cleveland et a discuté de la possibilité d’établir une branche en Israël.

Le tournoi de Beer Sheva constitue le plus récent aboutissement des Accords d’Abraham, qui ont permis de normaliser les relations entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn ainsi que le Maroc en 2020. Ces accords ont porté leurs fruits dans les domaines du commerce, de la diplomatie, du tourisme et de la sécurité.

Les liens se sont également réchauffés dans le monde du sport, après l’exclusion prolongée d’Israël des compétitions régionales et la discrimination dont il a fait l’objet sur la scène internationale. Le United World Wrestling avait sanctionné l’équipe de lutte iranienne pour avoir refusé de se mesurer à des Israéliens, et une lutteuse égyptienne a par le passé mordu son adversaire israélienne. En judo, les athlètes d’Iran et des pays arabes ont à plusieurs reprises refusé de combattre les concurrents israéliens, y compris aux Jeux olympiques de Tokyo.

En janvier, le basketteur israélien Mohamed Abu Arisha a signé un contrat pour jouer dans une équipe professionnelle marocaine, une première pour le pays. L’équipe féminine marocaine de basket-ball a accueilli ses homologues israéliennes pour la première fois en juin.

Depuis la signature des accords, les Émirats arabes unis ont accueilli des joueurs de football, de rugby et de hockey israéliens, et une équipe de football de Dubaï a acheté un athlète israélien. Une équipe de football de jeunes des Émirats a participé à un tournoi en Israël l’année dernière.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...