Les cas de virus se multiplient, mais pas les hospitalisations
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Les cas de virus se multiplient, mais pas les hospitalisations

Les grands hôpitaux prédisent qu'ils seront capables de supporter la charge de nouveaux patients, mais les plus petits avertissent que cela compromettra les soins généraux

Une équipe médicale travaille dans le service du coronavirus du centre médical Shamir, à Beer Yaakov, le 20 août 2020 (Yonatan Sindel/ Flash90)
Une équipe médicale travaille dans le service du coronavirus du centre médical Shamir, à Beer Yaakov, le 20 août 2020 (Yonatan Sindel/ Flash90)

Le nombre croissant de cas de coronavirus en Israël n’entraîne pas le niveau d’augmentation attendu des hospitalisations, rassurant ceux qui craignent un effondrement du système de santé, ont déclaré certains médecins de renom.

En septembre, le nombre de cas actifs confirmés est passé de 20 699 à 31 263. Mais le nombre de patients hospitalisés et le nombre de patients Covid-19 gravement malades n’ont que peu augmenté. L’une des raisons de la stabilité de ces chiffres est le décès des patients gravement malades, bien que le chiffre de ceux-ci soit jusqu’à présent resté similaire à ceux du mois précédent, soit environ 12 à 15 par jour.

Certains directeurs d’hôpitaux auraient donné de sévères avertissements au gouvernement.

Lors d’une conférence téléphonique avec le ministre de la Santé Yuli Edelstein, avec Ronni Gamzu et d’autres responsables, les directeurs d’hôpitaux ont rapporté que leurs équipes « s’effondraient » sous la pression du nombre croissant de malades, selon des citations de la réunion privée rapportée par la Douzième chaîne.

Mais certains médecins de haut rang suggèrent que ce genre de discours est une manœuvre politique destinée à forcer le gouvernement à prendre au sérieux les besoins du système de santé.

« La discussion sur la situation dans les hôpitaux est entachée par la politique et les intérêts », a déploré le Dr Yoram Maaravi du centre médical Hadassah au Times of Israël.

Une technicienne effectue un test de diagnostic pour le coronavirus dans un laboratoire de l’hôpital Ichilov, à Tel Aviv, le 3 août 2020. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Il a déclaré que les taux d’hospitalisation étaient de bon augure. « En général, on s’attendrait à ce que davantage de personnes soient hospitalisées parce que le virus se propage davantage, mais on ne constate pas de grande augmentation », a-t-il commenté.

Au centre médical Shaare Zedek de Jérusalem, le président de l’hôpital, le professeur Jonathan Halevy, a fait un constat sur deux semaines : « Nous sommes donc passés d’environ 410 à 470 cas graves au cours des deux dernières semaines ; je ne suis pas inquiet. »

« Ma prédiction est que nous ne serons pas débordés, mais nous ne pouvons pas le garantir », a-t-il commenté.

M. Maaravi, gériatre de renom, a expliqué que la principale raison pour laquelle les hospitalisations étaient sous contrôle est que les nouveaux cas de coronavirus concernent pour la plupart des jeunes en bonne santé et que les personnes âgées sont protégées.

« Le gouvernement protège mieux les personnes âgées vulnérables dans les maisons de retraite », a-t-il indiqué. « C’est l’une des principales raisons pour lesquelles il y a moins de personnes hospitalisées. »

Jonathan Halevy, co-directeur général du centre médical Shaare Zedek de Jérusalem. (Autorisation : Centre médical Shaare Zedek)

Jonathan Halevy, membre d’une équipe d’information publique du ministère de la Santé, a suggéré une autre raison : les organisations de maintien de la santé efficaces d’Israël, qui s’occupent des gens chez eux. « Cela a à voir avec la merveilleuse médecine communautaire », a-t-il dit, ajoutant que cette efficacité était unique à Israël.

L’une des principales craintes des médecins est que les prochaines fêtes juives déclenchent une augmentation de l’âge moyen des personnes atteintes du virus, ce qui pourrait favoriser une augmentation des hospitalisations.

On peut également se demander si les hospitalisations augmenteront même si le profil d’âge des personnes infectées reste jeune.

Avi Weissman, directeur adjoint du CHU Rambam d’Haïfa, a fait savoir lors d’un briefing mercredi : « Nous avons deux enfants nouvellement admis avec le coronavirus, et nous constatons une légère diminution de l’âge des personnes hospitalisées et une aggravation de leur état. »

Un exercice au Rambam Health Care Campus pour transformer le parking souterrain en hôpital d’urgence pour un grand nombre de patients atteints de coronavirus. (Autorisation du Rambam Health Care Campus)

Rambam est l’un des nombreux hôpitaux qui ouvrent de nouvelles installations et vient de lancer un centre de soins intensifs, qui compte déjà dix patients. Mais il n’a pas encore ouvert son grand hôpital d’urgence dans un parking souterrain spécialement conçu à cet effet.

Avi Weissman a qualifié l’augmentation des hospitalisations de « goutte à goutte ».

Les petits hôpitaux mettent en garde contre les soins compromis

Alors que les grands hôpitaux comme Rambam et Hadassah peuvent encore absorber une augmentation significative du nombre de patients, certains hôpitaux plus petits craignent que l’augmentation du nombre de patients atteints de Covid-19 ne nuise à leur capacité à soigner d’autres patients.

Dr Margarita Mashavi, cheffe de l’unité coronavirus au centre médical Wolfson à Holon. (Autorisation)

« Il est possible que nous devions prendre en charge un autre service ou une autre équipe médicale, car les chiffres augmentent », a déclaré Margarita Mashavi, responsable de la médecine interne au centre médical Wolfson à Holon, où le nombre de patients Covid-19 est passé à 43, après environ un mois et demi à une moyenne de 32.

Elle s’inquiète du fait que l’état de certains des patients diagnostiqués en septembre pourrait encore se détériorer, et que les effets de la dernière flambée se feront encore sentir. « Si cela se produit, il y aura moins de médecins dans les autres départements », a-t-elle déclaré.

Au centre médical de Galilée à Nahariya, la perspective d’une nouvelle augmentation du nombre de cas réduit déjà l’espace disponible pour les soins généraux.

« Nous avons six services de médecine interne dans l’hôpital et seuls trois d’entre eux fonctionnent comme des services de médecine interne », a indiqué le porte-parole Gal Zaid au Times of Israël, expliquant que l’un d’entre eux a été transformé en service de traitement du coronavirus, et que deux autres sont en cours de conversion.

Gal Zaid a fait état d’une situation plus grave dans le nord d’Israël que dans le reste du pays, car les cas augmentent plus rapidement, en particulier dans les communautés à majorité arabe, où l’offre de soins de santé est inférieure.

« Nous avons trois salles coronavirus, et les deux premières sont presque pleines avec 60 personnes entre elles. Hier, nous en avons ouvert une troisième, où il y a déjà six personnes et seulement 35 lits », a fait savoir Gal Zaid. Si, dans une semaine, ce troisième service se remplit, nous aurons atteint une sorte de ligne rouge, et il est fort possible que nous n’ayons pas de place pour d’autres malades. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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