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Les drones armés, clefs de la précision « chirurgicale » de Tsahal à Gaza

Les drones ont effectué plus de 2 000 heures de vol au cours des 3 jours de conflit début août. Un commandant assure que Gaza est « sous l’œil » de drones 24h/24 et 7j/7

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un drone IAI EItan à la base aérienne de Tel Nof, pendant l’Opération Aube, début août 2022. (Armée israélienne)
Un drone IAI EItan à la base aérienne de Tel Nof, pendant l’Opération Aube, début août 2022. (Armée israélienne)

La flotte de drones armés et de surveillance de l’armée de l’air israélienne a pris une « part active » dans les derniers combats en date contre le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, dans la bande de Gaza, ont fait savoir mercredi les autorités militaires.

Selon l’armée israélienne, les drones ont effectué plus de 2 000 heures de vol lors d’une centaine de sorties au cours de l’Opération Aube, du 5 au 8 août.

Des dizaines de cibles ont été touchées par les drones, principalement l’Elbit Hermes 450, exploité par le 161e escadron de l’armée de l’air et l’unité 5252 du corps d’artillerie, depuis la base aérienne de Palmachim.

« L’ensemble de Gaza est ‘couvert’ par des drones qui collectent des renseignements 24 heures sur 24. À partir de ces renseignements, le Commandement Sud, la Division de Gaza, l’Armée de l’air et d’autres branches produisent des renseignements de haute qualité qui se transforment en cibles », a expliqué le général de brigade Omri Dor, commandant de Palmachim.

« Certaines de ces cibles ont été prises en charge par des hélicoptères et avions de combat… et bien sûr par nos drones, qui font partie intégrante du dispositif offensif de Tsahal », a-t-il précisé.

Au total, Tsahal annonce avoir frappé 170 cibles, dont deux hauts responsables du Jihad islamique palestinien, 17 postes d’observation (dont six, tenus par des membres du Jihad islamique palestinien), 45 sites de lancement de roquettes et mortiers, huit camps militaires, huit caches d’armes, six installations de production d’armes, trois cibles liées à la force navale du Jihad islamique palestinien et un « tunnel d’attaque ».


 
Dor a ajouté que l’utilisation de drones pendant ces combats, et à titre général, était « polymorphe ».

« Le drone peut servir à trouver une personne ou un lanceur et le neutraliser sans causer de dommages collatéraux ou de préjudice à autrui », a-t-il expliqué, « ou effectuer un repérage fin, permettant de mener des attaques massives [au moyen d’avions de combat], comme nous l’avons beaucoup vu ces derniers temps, et ces dernières années à titre général ».

Le général de brigade Neri Horowitz, commandant du corps d’artillerie, a déclaré que les drones avaient sondé la bande de Gaza les jours précédant la bataille, permettant de collecter les renseignements nécessaires pour cibler avec précision hauts dirigeants, mortiers et lance-roquettes, particulièrement ceux « sur le point de tirer ou qui venaient de le faire ».

Dor a indiqué que, par leur observation détaillée de la zone, les drones avaient permis de mener « des attaques intensives [avec les avions de combat], avec beaucoup d’explosifs et un minimum de dommages collatéraux ».

Au cours de la récente bataille contre le Jihad islamique palestinien, Tsahal a indiqué avoir retardé plusieurs frappes pour épargner des civils, grâce aux observations faites par les drones.

Un opérateur de drone de l’armée israélienne pendant l’Opération Aube, dans une image publiée par les militaires, le 17 août 2022. (Armée israélienne)

Les autorités du Hamas dans la bande de Gaza ont déclaré que 49 personnes avaient été tuées lors des combats, parmi lesquels 17 enfants. L’armée israélienne pense que 12 personnes ont été tuées par des roquettes palestiniennes qui sont retombées à l’intérieur de Gaza.

Le Hamas n’a pas précisé combien de personnes tuées étaient affiliées à des groupes terroristes. Une quinzaine de victimes seraient des membres du Jihad islamique palestinien, du Hamas et d’un autre groupe terroriste plus marginal.

Horowitz a déclaré que l’unité opérant les drones avait été « déterminante dans de nombreuses opérations ces dernières années et possédait une grande expérience des combats ».

Un drone Elbit Hermes 450 se pose à la base aérienne de Palmachim, lors de l’OpérationAube, début août 2022. (Armée israélienne)

Jusqu’à récemment, l’évocation des drones armés israéliens était prohibée par le censeur militaire. Pendant des années, Tsahal a caché avoir recours à des drones armés, et les journalistes israéliens qui ont tenté d’en rendre compte se sont heurtés à la censure de Tsahal.

Horowitz a confirmé que l’unité 5252, l’unité de drones d’attaque, existait depuis plus de vingt ans. « Depuis sa création, elle est un modèle de collaboration au sein de Tsahal », a-t-il ajouté.

L’armée de l’air israélienne utilise d’autres types de drones comme le Hermes 900, également développé par Elbit, et l’Eitan, d’Israeli Aerospace Industries, plus connu sous le nom de Heron TP.

L’armée israélienne a déclaré qu’en général, les drones comptaient pour 80 % du total des heures de vol opérationnelles de l’armée de l’air.

Israël n’a pas indiqué le nombre de drones d’attaque dont il dispose.

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