Rechercher

Les écoles de Jérusalem commencent à enseigner l’arabe parlé

Le programme Ahlan vise à améliorer la capacité des élèves juifs à communiquer en arabe, dans le but de créer une "lumière positive" entre les résidents arabes et juifs de la ville

Illustration : Une classe palestinienne à l'école Salem, à Jérusalem-Est, le 6 décembre 2017. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)
Illustration : Une classe palestinienne à l'école Salem, à Jérusalem-Est, le 6 décembre 2017. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

La municipalité de Jérusalem a lancé un nouveau programme d’éducation en langue arabe, grâce auquel 30 écoles de la ville vont commencer à enseigner l’arabe aux élèves juifs cette année.

Le programme – baptisé Ahlan, une salutation arabe également utilisée par de nombreux Israéliens – sera enseigné par 50 étudiants universitaires arabophones. Il sera supervisé par Madrasa, une organisation qui promeut l’arabe parlé parmi les Israéliens juifs.

Selon le site web de Madrasa, 95 % des Israéliens juifs ne savent pas communiquer en arabe, bien que 22 % de la population totale d’Israël ait l’arabe comme langue maternelle.

Les étudiants consacreront quatre heures par semaine à l’enseignement de la langue et recevront en échange des bourses d’études.

Le nouveau programme scolaire vise à réduire les barrières linguistiques et sociales entre Jérusalem Est, majoritairement arabophone, et la partie occidentale de la ville, majoritairement juive et hébraïsante.

Actuellement, l’arabe n’est pas une matière obligatoire dans les écoles israéliennes. Bien que des cours puissent être suivis en tant que matière facultative, dans la pratique, très peu d’écoles en proposent.

Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, s’exprimant à Jérusalem, le 10 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lors du lancement du programme, la municipalité a déclaré que « l’objectif du programme est de créer une lumière positive et un lien avec la langue arabe, un lien entre l’est et l’ouest et la capacité de communiquer dans la même langue ».

Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a salué cette nouvelle initiative en déclarant que « la langue arabe est l’une des plus parlées dans le monde, en Israël et dans la municipalité de Jérusalem ».

« En enseignant l’arabe, les élèves seront en mesure de reconnaître l’histoire et la richesse culturelle de la langue, et surtout de parler et d’engager un dialogue fructueux. »

Ittay Flescher, directeur de l’éducation chez Kids4Peace Jérusalem, une organisation interconfessionnelle qui rassemble des jeunes Israéliens et Palestiniens des deux côtés de la ville, a également salué l’initiative.

« Un thème commun qui revient souvent dans notre dialogue avec les adolescents est la question de la langue. De nombreux jeunes Palestiniens font souvent remarquer à quel point il est important qu’on leur parle dans leur propre langue, en reconnaissant le fait qu’une autre personne fasse un effort pour qu’ils se sentent plus intégrés et chez eux dans cette ville », a déclaré Flescher au Times of Israel.

« Toute initiative qui augmente le nombre de Juifs qui parleront arabe sera positive pour faire avancer la compréhension et le respect dans cette ville. »

Dans le but d’accroître le dialogue et la communication entre les deux moitiés de la ville, le programme enseignera le dialecte palestinien de l’arabe parlé, plutôt que l’arabe littéraire qui est moins pratiqué.

Le statut de la langue arabe dans la société israélienne a fait l’objet d’un examen public à la suite de la loi controversée de 2018 sur l’État-nation juif, promue par le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu. Les critiques ont affirmé que cette loi reléguait les citoyens arabes et la langue arabe à un statut de seconde classe dans l’État juif.

La loi a rétrogradé la langue arabe d’un statut officiel à un statut « spécial », mais a également stipulé de manière énigmatique que « cette clause ne porte pas atteinte au statut accordé à la langue arabe avant l’entrée en vigueur de cette loi ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...