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Les États-Unis et le Royaume-Uni mènent des frappes sur les Houthis au Yémen

L'opération a été menée "avec succès", en réponse "directe aux attaques sans précédent des Houthis sur des navires internationaux en mer Rouge", a affirmé Joe Biden

Des manifestants yéménites participant à une marche de solidarité avec le peuple palestinien à Sanaa, capitale du Yemen contrôlée par les Houthis, le 11 janvier 2024. (Crédit : Mohammed Huwaïs/AFP)
Des manifestants yéménites participant à une marche de solidarité avec le peuple palestinien à Sanaa, capitale du Yemen contrôlée par les Houthis, le 11 janvier 2024. (Crédit : Mohammed Huwaïs/AFP)

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont mené dans la nuit de jeudi à vendredi des frappes sur les rebelles terroristes Houthis au Yémen, qui ont multiplié ces dernières semaines les attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge en « solidarité » avec les Palestiniens de la bande de Gaza.

Ces frappes ont ciblé des sites militaires dans plusieurs villes contrôlées par les Houthis, groupe soutenu par l’Iran, a indiqué la chaîne de télévision du mouvement, Al Massirah. La capitale Sanaa et la ville côtière de Hodeida, où les correspondants de l’AFP ont dit avoir entendu plusieurs explosions, ainsi que Taëz et Saada ont été visées.

L’opération américano-britannique a été menée « avec succès », en réponse « directe aux attaques sans précédent des Houthis sur des navires internationaux en mer Rouge », a affirmé le président américain Joe Biden dans un communiqué, évoquant une action « défensive ». Il a en outre averti qu’il « n’hésiterait pas » à « ordonner d’autres mesures » si nécessaire pour protéger les États-Unis et le commerce international.

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a, lui, évoqué des « frappes nécessaires » et « proportionnées ».

Les frappes ont été menées à l’aide d’avions de combat et de missiles Tomahawk, ont indiqué plusieurs médias américains. Elles ont bénéficié du « soutien » de l’Australie, de Bahreïn, du Canada et des Pays-Bas, a précisé la Maison Blanche.

« Ces frappes ciblées sont un message clair (indiquant) que les États-Unis et nos partenaires ne toléreront pas les attaques sur nos troupes (et) ne permettront pas à des acteurs hostiles de mettre en danger la liberté de navigation à travers l’une des routes commerciales les plus importantes du monde », a encore affirmé le président américain.

Un missile Tomahawk tiré par un destroyer américain. Illustration. (Crédit : Wikimedia Commons)

Un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby, avait affirmé plus tôt que les États-Unis feraient ce qu’il faut « pour contrer et désarmer ces menaces que les Houthis font peser sur le trafic maritime en mer Rouge ».

Un haut responsable gouvernemental américain a lui assuré que les frappes avaient visé « spécifiquement » des « infrastructures de missiles, de radars et de drones ».

Il a répété que selon les États-Unis, l’Iran était « l’un des principaux sinon le principal soutien » du groupe rebelle, et que Téhéran lui avait fourni à la fois les armements et des renseignements utilisés pour les frappes.

Les États-Unis ont, selon ce haut responsable qui a requis l’anonymat, une « responsabilité historique particulière dans la défense » des grandes voies maritimes du commerce international.

Il a indiqué que Joe Biden avait demandé le 1er janvier à son équipe de sécurité nationale de préparer des options militaires, et ajouté que le président avait décidé de mener les frappes après une attaque particulièrement lourde des Houthis le 9 janvier.

Un haut responsable militaire américain a pour sa part affirmé, lors d’un entretien avec la presse : « Nous avons visé des capacités très précises dans des endroits très précis avec des munitions de précision », de manière à « réduire le risque de dommage collatéral » pour des civils.

Les frappes sont « une réponse directe aux attaques sans précédent des Houthis », a déclaré Joe Biden, en évoquant au total « 27 attaques » ayant touché « plus de 50 nations », et ayant « forcé plus de 2 000 bateaux » à changer de route pour éviter la zone.

À Washington, des élus démocrates comme républicains ont affiché leur soutien à ces frappes.

Le sénateur démocrate Jack Reed a ainsi évoqué des actions militaires « nécessaires et proportionnées », en écho au vocabulaire du Premier ministre britannique Rishi Sunak.

Pour le sénateur républicain Roger Wicker, elles devraient servir « d’avertissement aux Houthis et autres entités affiliées à l’Iran qu’elles subiront des conséquences catastrophiques face à une escalade dans la région ». Il exhorte l’administration Biden à ce que l’opération soit menée « en consultant de près nos partenaires saoudiens », alors que Ryad a exprimé son « inquiétude » et a appelé à la retenue.

Tout en affirmant soutenir les frappes, l’élu démocrate Gregory Meeks a lui appelé l’administration Biden à « continuer ses efforts diplomatiques pour éviter une escalade vers un conflit régional plus large ».

Le président américain a expliqué que l’action militaire avait été précédée d’intenses efforts diplomatiques.

Il a rappelé qu’avec d’autres pays, les États-Unis avaient lancé la semaine dernière un « avertissement sans équivoque » aux Houthis, et rappelé que mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté une résolution leur demandant de cesser leurs attaques.

« Notre objectif reste la désescalade des tensions et de rétablir la stabilité en mer Rouge », affirme un communiqué commun publié après les frappes, et impliquant États-Unis, Australie, Bahreïn, Canada, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud, et Royaume-Uni.

« Notre pays fait face à une attaque massive par des navires américains et britanniques, des sous-marins et des avions », a quant à lui réagi le vice-ministre des Affaires étrangères des Houthis, Hussein Al-Ezzi, cité par les médias du mouvement.

« Les États-Unis et la Grande-Bretagne doivent se préparer à payer un prix fort et supporter les lourdes conséquences de cette agression », a-t-il menacé.

Le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, avait menacé jeudi de riposter à toute attaque américaine en mer Rouge par des opérations encore « plus importantes » que celle, particulièrement lourde, datant de mardi.

Dix-huit drones et trois missiles avaient alors été abattus par trois destroyers américains, un navire britannique et par des avions de combat déployés depuis le porte-avions américain Dwight D. Eisenhower.

Un hélicoptère des rebelles houthis du Yemen s’approchant du cargo Galaxy Leader, en mer Rouge, le 19 novembre 2023. (Crédit : Houthi Media Center via AP)

Les Houthis, proches de l’Iran et qui contrôlent une grande partie du Yémen, ont multiplié les attaques récemment, par missiles et par drones en mer Rouge, près du détroit stratégique de Bab el-Mandeb séparant la péninsule arabique de l’Afrique.

Ils disent cibler les navires commerciaux qu’ils soupçonnent d’être liés à Israël, affirmant agir en solidarité avec la bande de Gaza, théâtre d’une guerre dévastatrice entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas qui gouverne ce territoire.

En réponse, les États-Unis avaient déjà déployé des navires de guerre et mis en place en décembre une coalition internationale pour protéger le trafic maritime dans cette zone où transite 12 % du commerce mondial.

Certains armateurs contournent désormais la zone, ce qui a fait grimper les coûts et les temps de transport entre l’Europe et l’Asie.

Le haut responsable gouvernemental américain cité plus haut a indiqué que Washington ne « serait pas surpris » que les rebelles yéménites ripostent aux frappes de cette nuit.

L’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite en guerre contre les Houthis, « suit avec beaucoup d’inquiétude les opérations militaires en mer Rouge », a affirmé son ministère saoudien des Affaires étrangères, en appelant « à la retenue et à éviter l’escalade ».

La mer Rouge n’est pas, loin de là, le seul point chaud dans la région pour les États-Unis, qui soutiennent fermement Israël depuis l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre dernier sur son territoire, qui a déclenché la guerre.

Depuis octobre, les forces américaines en Irak et en Syrie ont ainsi été attaquées à 130 reprises, selon le Pentagone.

Les États-Unis comptent environ 2 500 militaires en Irak, et 900 en Syrie, déployés dans le but d’empêcher une reconstitution du groupe jihadiste État Islamique.

La semaine dernière, le chef d’une faction pro-iranienne a été tué à Bagdad par une frappe américaine, ce qui a suscité l’indignation du gouvernement irakien, lui-même soutenu par des partis proches de l’Iran.

Le Premier ministre irakien a dit par la suite sa « ferme » détermination à mettre un terme à la présence en Irak de la coalition internationale antijihadiste, un désir ardemment soutenu par Téhéran.

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