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Les étudiants anti-Israël délogés de l’université Columbia ; Brown University cède

La cérémonie de remise des diplômes est prévue le 15 mai ; Brown University accepte de procéder à un vote - en octobre - sur d'éventuels "désinvestissements de 'sociétés qui rendent possible et profitent du génocide à Gaza'"

Des membres de l’équipe d’intervention stratégique du département de police de New York chargent des manifestants arrêtés de l’Université de Columbia dans un bus, le mardi 30 avril 2024, à New York (AP Photo/Julius Motal)
Des membres de l’équipe d’intervention stratégique du département de police de New York chargent des manifestants arrêtés de l’Université de Columbia dans un bus, le mardi 30 avril 2024, à New York (AP Photo/Julius Motal)

La police de New York est intervenue manu militari mardi soir à l’université Columbia, épicentre de la mobilisation pro-palestinienne et anti-Israël sur les campus américains, afin de déloger les étudiants qui se barricadaient dans un bâtiment depuis la nuit précédente.

L’ensemble des manifestants ont été évacués du campus, affirment les médias américains.

La colère étudiante américaine se propage depuis deux semaines des grandes universités de la côte Est à celles de Californie en passant par le sud et le centre, rappelant les manifestations contre la guerre du Vietnam à la fin des années 1960.

A New York mardi soir (vers 01H30 GMT mercredi), c’est en tenue antiémeute, aidés d’un véhicule d’intervention avec échelle, que des dizaines, voire des centaines de policiers, sont entrés sur le campus.

Des agents casqués, grimpant sur l’échelle, sont ensuite entrés via une fenêtre dans le bâtiment occupé.

Des dizaines de personnes, certains portant le keffieh, ont été interpellées et placées dans des bus de la police, a constaté l’AFP. A l’extérieur du campus, la foule criait « Palestine libre ! ».

Un bus du NYPD transporte des étudiants arrêtés à l’université de Columbia à New York, le 30 avril 2024 (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

« Les événements de la nuit dernière sur le campus ne nous ont pas donné le choix », a écrit la présidente de l’université, Minouche Shafik, dans une lettre rendue publique demandant à la police de New York d’intervenir sur le périmètre de cet établissement privé de Manhattan.

Jusqu’au 17 mai

Depuis deux semaines, elle et de nombreux autres dirigeants d’universités à travers le pays font face à des manifestants, parfois quelques dizaines seulement, qui occupent leur campus pour s’opposer à la guerre menée par Israël à Gaza contre les terroristes palestiniens du Hamas après les massacres barbares et sadiques qu’ils ont commis, aidés de complices civils, le 7 octobre en Israël.

La présidente de Columbia, Nemat Shafik, témoigne devant la commission de la Chambre des représentants sur l’éducation et la main-d’œuvre lors de l’audition sur « Columbia en crise : Columbia in Crisis : Columbia University’s Response to Antisemitism » [Columbia en crise : la réponse de l’université Columbia à l’antisémitisme] au Capitole à Washington, le 17 avril 2024. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)
Dans sa lettre à la police de New York, Mme Shafik demande aux forces de l’ordre de « maintenir une présence sur le campus au moins jusqu’au 17 mai, afin de maintenir l’ordre et de s’assurer qu’aucun campement ne soit établi. »

La cérémonie de remise des diplômes est prévue le 15 mai.

Dans la nuit de lundi à mardi, quelques dizaines de protestataires se sont barricadés dans un bâtiment, Hamilton Hall. Le bâtiment a été renommé « Hind’s Hall » par le groupe pro-palestinien « Columbia University Apartheid Divest », en hommage à une enfant de six ans tuée à Gaza.

Des agents du NYPD en tenue anti-émeute arrivent à l’Université de Columbia, où des étudiants anti-Israël sont barricadés à l’intérieur d’un bâtiment et ont installé un campement, à New York, le 30 avril 2024 (Kena BETANCUR / AFP)

Sur leur compte Instagram, ce groupe a dénoncé une « invasion » du campus.

La présidence de Columbia avait commencé lundi à « suspendre » administrativement des étudiants qui refusaient de quitter le « village » de tentes.

Un manifestant accroche une banderole à une fenêtre du Hamilton Hall, sur le campus de l’Université de Columbia, le 30 avril 2024, à New York. (Photo AP/Mary Altaffer)

« Chaos »

A six mois de la présidentielle dans un pays polarisé, ce mouvement a fait vivement réagir le monde politique.

Joe Biden « doit faire quelque chose » contre ces « agitateurs payés », a déclaré mardi soir sur Fox News le candidat républicain Donald Trump. « Il nous faut mettre fin à l’antisémitisme qui gangrène notre pays aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Des étudiants anti-israéliens brandissent un drapeau palestinien alors qu’ils se rassemblent sur les marches du Hamilton Hall de l’Université Columbia à New York, le 30 avril 2024 (Emily Byrski / AFP)

« Alors que l’université Columbia est plongée dans le chaos, Joe Biden est absent parce qu’il a peur de s’attaquer au sujet », a écrit sur X le chef républicain de la Chambre des représentants Mike Johnson dans la soirée. Il réclame depuis longtemps le départ de sa présidente, Minouche Shafik.

« Occuper par la force un bâtiment universitaire est la mauvaise approche » et ne représente « pas un exemple de manifestation pacifique », avait tonné avant l’intervention de la police John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale du président démocrate Joe Biden.

Le président américain Joe Biden s’exprimant à la gare de l’Union, à Washington, le 9 avril 2024. (Credit : Andrew Caballero-Reynolds/AFP)

Les manifestants pro-palestiniens exigent eux que leurs universités coupent les ponts avec des mécènes ou entreprises liés à Israël.

Columbia refuse.

Mais un autre campus d’élite du nord-est, Brown University à Providence dans le Rhode Island, a annoncé un accord avec les étudiants : démantèlement du campement contre un vote de l’université en octobre sur d’éventuels « désinvestissements de ‘sociétés qui rendent possible et profitent du génocide à Gaza' ».

« Rétablir l’ordre »

A travers les Etats-Unis, les images de forces de l’ordre en tenue anti-émeute intervenant brutalement sur des campus ont fait le tour du monde. Depuis le week-end dernier, des centaines d’étudiants, enseignants, militants d’une vingtaine d’universités ont été interpellés, certains arrêtés en placés en détention.

A l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, un groupe d’étudiants a revendiqué avoir hissé un drapeau palestinien au centre du campus, avant que la police ne remette en place les couleurs des Etats-Unis, selon la presse.

Des manifestants anti-Israël campant dans des tentes, à l’Université de Columbia, à New York, le 27 avril 2024. (Crédit : AP Photo)

Ces nouvelles manifestations ont ravivé le débat électrique depuis octobre entre liberté d’expression et accusations d’antisémitisme.

Le pays compte le plus grand nombre de juifs dans le monde après Israël, et des millions d’Américains arabo-musulmans.

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