Les factions ultra-orthodoxes s’unissent sous un Yahadout HaTorah ‘égalitaire’
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Les factions ultra-orthodoxes s’unissent sous un Yahadout HaTorah ‘égalitaire’

Après une scission "procédurale", Degel Hatorah et Agudat Yisrael ont signé un pacte qui garantit pour la première fois une répartition équitable sur la liste

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Les députés Yaakov Litzman, Moshe Gafni, Meir Porush et Uri Makleff signent un accord entre Degel Hatorah et Agudat Yisrael pour se présenter ensemble aux élections d'avril sous la bannière du Yahadout HaTorah, le 16 janvier 2019. (Crédit : Degel Hatorah)
Les députés Yaakov Litzman, Moshe Gafni, Meir Porush et Uri Makleff signent un accord entre Degel Hatorah et Agudat Yisrael pour se présenter ensemble aux élections d'avril sous la bannière du Yahadout HaTorah, le 16 janvier 2019. (Crédit : Degel Hatorah)

Une semaine après avoir officiellement fait scission dans le d’une démarche qu’ils ont qualifiée de « procédurale », les factions ultra-orthodoxes Degel Hatorah et Agudat Yisrael ont signé un accord mercredi pour se présenter ensemble aux élections législatives d’avril sous la bannière du parti Yahadout HaTorah, dont la liste présentera, pour la première fois, un nombre équivalent de candidats de chaque parti.

Lors de la sobre cérémonie de signature organisée à la Knesset, le président Degel Hatorah, le député Moshe Gafni, a déclaré que cet « accord historique sans précédent » garantirait « l’égalité » entre les deux factions.

Au scrutin de 2015, Agudat Yisrael représentait 60  % de la liste électorale de Yahadout HaTorah, et les candidats de Degel Hatorah les 40  % restants. Cela s’était traduit dans les résultats par quatre sièges pour l’un et deux pour l’autre, respectivement.

Mais les deux factions ultra-orthodoxes se sont présentées séparément lors du scrutin municipal du mois d’octobre, appuyant des candidats différents dans différentes villes au cours de campagnes souvent acrimonieuses. Surprenant un grand nombre d’observateurs au sein de la communauté ultra-orthodoxe, Degel HaTorah s’est largement imposé devant Agudat Yisrael, remportant presque deux fois plus de sièges dans les conseils municipaux du pays que son rival.

Le président d’Agudat Yisrael, Yaakov Litzman, et celui de Degel Hatorah, Moshe Gafni, signent un accord pour se présenter ensemble aux élections d’avril sous la bannière du Yahadout HaTorah, le 16 janvier 2019. (Degel Hatorah)

En vertu de cet accord, les deux factions seront représentées de façon équitable sur la liste. Agudat Yisrael occupera les nombres impairs de la liste et Degel HaTorah, les nombres pairs.

Le président d’Agudat Yisrael et de Yahadout HaTorah, le vice-ministrde la Santé Yaakov Litzman a déclaré que le parti se dirigeait désormais « vers ces élections dans l’unité et sous un front commun. »

La semaine dernière, Yahadout HaTorah expliquait que conformément à un accord passé avant les précédentes élections, les deux mouvements se scinderaient officiellement afin de recevoir leurs fonds publics électoraux séparément plutôt que conjointement.

En plus de leur nouvel accord d’union, des informations relayées récemment ont laissé entendre que Yahadout HaTorah était en pourparlers avec la formation ultra-orthodoxe Shas – dont la base électorale est largement constituée de Juifs ultra-orthodoxes du Moyen-Orient, ou séfarades – pour une possible fusion.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, (à droite), discute avec le député de YaHadout HaTorah Moshe Gafni à la Knesset, le 7 novembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette initiative serait soutenue par un grand nombre de rabbins, dont notamment Chaim Kanievsky, le chef de la communauté lituanienne considéré comme proche du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, qui dirige Shas.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait également soutenu cette alliance et proposé de servir d’intermédiaire entre les différentes parties, avec pour objectif de former un bloc de droite solide au terme des élections.

Considéré dans le passé comme un parti susceptible de changer la donne dans la politique israélienne, Shas avait remporté 10 sièges ou plus à la Knesset entre 1996 et 2015, où il est tombé à sept après la mort de son guide spirituel de longue date, le rabbin Ovadia Yosef. Des sondages récents ont établi que Shas pourrait rassembler quatre à cinq sièges, juste au-dessus du seuil électoral minimum permettant d’entrer à la Knesset.

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