Les Français coincés à l’étranger désespèrent de rentrer chez eux
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Les Français coincés à l’étranger désespèrent de rentrer chez eux

La France a promis la mise en place de vols avec Air France ; le ministre des Affaires étrangères appelle les milliers de français concernés à prendre leur mal en "patience"

Des passagers attendent leurs vols à aéroport international de Marrakesh, le 15 mars 2020. (Photo par - / AFP)
Des passagers attendent leurs vols à aéroport international de Marrakesh, le 15 mars 2020. (Photo par - / AFP)

Touristes, hommes d’affaires, binationaux, les Français coincés à l’étranger par l’épidémie de Covid-19 ont engagé une course contre la montre pour trouver un vol avant que les frontières ne se ferment définitivement.

Sénégal, Cameroun, Pérou, Tunisie, Maroc, Turquie… nombre de pays ont suspendu leurs liaisons aériennes avec la France, l’un des pays les plus touchés en Europe par le coronavirus, laissant sur le carreau des dizaines de milliers de Français.

Paris est depuis en discussion avec chacune des capitales concernées afin d’obtenir l’autorisation d’affréter des vols spéciaux pour ses ressortissants.

A Dakar, les candidats au départ tentent en vain leur chance au consulat de France qui leur a pourtant recommandé de ne pas venir, « sauf urgence avérée », et de s’informer par téléphone ou par internet.

« On a besoin de partir, on dit qu’il n’y a que douze lits (de réanimation) à Dakar. Mais ici, on nous renvoie à Air France », déplore Sophia Siby, 25 ans, Franco-Sénégalaise de la région parisienne.

Pour Cheikh Gueye, 40 ans, pas question non plus de rester. Il veut rejoindre Rennes (ouest de la France) au plus vite. « Imaginez si on m’envoie à Fann », dit-il en référence à l’un des hôpitaux de Dakar, « je n’ai pas passé la porte que je suis déjà mort ».

Pour l’heure, une trentaine de cas ont été répertoriés au Sénégal et aucun décès rapporté. Mais l’état de préparation des pays africains à une propagation du virus, en particulier les capacités d’accueil d’un nombre massif de patients, préoccupent les experts.

« Prendre son mal en patience »

Même son de cloche à Manille, à l’autre bout de la planète : « Personne ne parle de nous mais nous sommes des centaines de Français présents aux Philippines et entièrement bloqués », s’alarme Romain Estivals, déplorant « aucune aide, assistance, ou rapatriement possible » du côté de l’ambassade.

Un avion de la compagnie Air France – mars 2009 (Crédit : Adrian Pingstone/domaine publique/Wikimedia Commons)

La France a promis la mise en place rapide de vols, en lien avec Air France, pour permettre à tous ses ressortissants qui le souhaitent de rentrer.

Le ministre français des Affaires étrangères appelle d’ici là les milliers de voyageurs français concernés à prendre leur mal en « patience ».

« C’est vrai que c’est difficile, c’est difficile pour tout le monde (..) Il faut donc tranquillement, sereinement, avec sang-froid, attendre son tour si j’ose dire », a déclaré mardi Jean-Yves Le Drian.

Depuis vendredi, les deux-tiers des 20 000 Français retenus au Maroc ont déjà pu rentrer. Une trentaine de vols vont être organisés pour permettre le retour de 4 000 ressortissants de Tunisie, assure-t-il.

Il s’agira de vols commerciaux à des tarifs « raisonnables » et non d’un rapatriement par l’Etat, précise bien le Quai d’Orsay, alors que certains s’attendaient à une prise en charge sur les derniers publics.

« Un peu perdus »

Côté prix, le message ne semble pas encore passé. Kenza Baumaris, jeune étudiante venue faire un stage à Dakar, s’est vu proposer un vol à 2.500 euros pour rentrer à Paris, via Abidjan. A ce prix-là, « c’est tout vu. On attendra jusqu’en avril », lance-t-elle.

Le vol retour de Julien Baubigeat, en voyage d’affaires au Sénégal, a été annulé deux fois sans préavis. « On nous a tous ramenés à Dakar, les uns contre les autres, sans masques, dans des taxis-brousse », s’étonne-t-il.

Avocat, il envisage d’engager une action judiciaire contre la compagnie Brussels Airlines avec d’autres passagers « pour mise en danger de la vie d’autrui ».

En Amérique latine, très courue aussi pour son riche patrimoine historique et naturel, la situation est devenue tout aussi compliquée.

Kenza Hraoui, 32 ans, consultante en informatique basée à Paris, s’apprêtait à visiter le célèbre site de Machu Picchu lorsque le gouvernement péruvien a décrété la fermeture des frontières et le confinement de la population pour 15 jours.

« Ici (à Cuzco) ça va, on peut aller faire quelques courses mais le reste du temps on ne doit pas sortir de l’hôtel. On est un peu perdus, le plus difficile, c’est le manque de clarté pour la suite », confie-t-elle à l’AFP.

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