Les lieux d’accueil de la petite enfance craignent de ne pas être prêts dimanche
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Les lieux d’accueil de la petite enfance craignent de ne pas être prêts dimanche

Accusant le gouvernement d'agir "à la dernière minute", les établissements affirment avoir besoin de quelques jours pour se réorganiser avant de reprendre

Le personnel d'une crèche du réseau Emunah nettoie l'établissement, à Modiin, le 7 mai 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Le personnel d'une crèche du réseau Emunah nettoie l'établissement, à Modiin, le 7 mai 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Les crèches et centres d’accueil de la petite enfance ont averti jeudi qu’ils ne seraient pas en mesure de rouvrir dimanche, alors même que le gouvernement a amorcé un déconfinement et autorisé les enfants de moins de six ans à retourner à l’école, suite à la baisse du nombre de contaminations.

Le cabinet chargé de la lutte contre la pandémie de coronavirus a voté jeudi les premières levées de restrictions et autorisé les crèches, les écoles maternelles et jardins d’enfants à rouvrir après un mois de fermeture, alors même que le ministre de la santé s’inquiétait d’éventuelles infections chez les jeunes enfants.

Les garderies subventionnées par l’État, qui représentent quelque 2 100 écoles pour les enfants de moins de 3 ans dans tout le pays, ont déclaré que la décision du gouvernement ne leur donnait pas suffisamment de temps pour se préparer à la réouverture.

« Nous ne serons pas en mesure d’ouvrir avant lundi, voire mardi », ont-elles déclaré dans un communiqué. « Le protocole de réouverture des crèches est compliqué et prend plusieurs jours. Bien que nous en avions parlé afin d’éviter aux parents un désagrément supplémentaire, le gouvernement, a, comme à son habitude, attendu le dernier moment. »

Des enfants retournent dans les crèches et maternelles à Tel Aviv, après le confinement, le 10 mai 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)גן

« Evidemment, nous ferons notre maximum pour faire revenir nos employés en congé sans solde, trouver une solution pour les employés à risque, désinfecter et nettoyer les lieux d’accueil et faire le nécessaire pour garantir une réouverture rapide et sécurisée, conformément aux règles sanitaires. Nous rouvrirons pleinement dans la semaine », a précisé le communiqué.

Le syndicat des enseignants a accusé le gouvernement d’agir dans la précipitation.

« Malheureusement, le gouvernement n’a pas tiré les leçons du premier confinement et se précipite pour rouvrir le système scolaire sans adapter les écoles maternelles à la nouvelle situation et tout en ignorant les enseignants et la position du ministère de la Santé », a déploré le syndicat.

En vertu des nouvelles règlementations, les enfants n’auront pas besoin d’être en « capsules ».

Interrogé par des journalistes jeudi à l’issue du vote, le ministre de la Santé Yuli Edelstein a fait part de ses craintes : « Nous sommes très inquiets d’une possible augmentation des infections dans les écoles maternelles », a-t-il déclaré.

Des enfants retournent dans les crèches et maternelles à Tel Aviv, après le confinement, le 10 mai 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Israël est soumis à un confinement national depuis un mois et les écoles ont fermé peu après la rentrée scolaire, à laquelle la recrudescence du nombre de cas a été attribuée. En mai, la réouverture des écoles avait déjà été considérée comme un catalyseur de la pandémie.

Le ministère de l’Education a diffusé, mardi, des données appuyant son positionnement. Selon les chiffres présentés par le ministère, 94 % des crèches et 53 % des écoles primaires n’ont enregistré aucun cas de COVID-19 – un pourcentage qui chute à 45 % dans les lycées.

Selon la Douzième chaîne, la seconde phase (qui sera amorcée à partir d’un maximum de 1 000 nouveaux cas par jour) devrait débuter le 1er novembre. Elle prévoit le retour dans les classes des élèves du CP au CM1, la réouverture des synagogues et la reprise des interventions médicales non-urgentes.

La troisième phase (à partir de 500 nouveaux cas par jour) est envisagée pour la mi-novembre. Les entreprises accueillant des clients pourront rouvrir leurs portes ainsi que les clubs de gym, les magasins, les centres commerciaux et les marchés.

Lors de la quatrième phase (à partir de 250 nouveaux cas par jour), qui pourrait débuter fin novembre, les restaurants et les cafés pourront accueillir des clients et les activités de loisirs pourront reprendre.

Le gouvernement a prévenu que ces décisions pourraient changer si les taux d’infection venaient à augmenter au cours du week-end.

Les ministres ont accepté de lever la limite de déplacement des Israéliens à plus d’un kilomètre de leur domicile ; de leur permettre de se rendre chez d’autres personnes à condition de respecter les plafonds fixés pour les rassemblements (10 à l’intérieur, 20 à l’extérieur) ; d’autoriser les restaurants à servir des plats à emporter ; d’autoriser l’ouverture des commerces qui ne reçoivent pas de clients ; de permettre aux Israéliens de se rendre sur les plages et dans les parcs nationaux ; et de rouvrir l’esplanade du Mur occidental et l’enceinte du Mont du Temple pour le culte sous réserve de certaines restrictions.

Israël est soumis à un confinement national depuis un mois pour contenir la deuxième vague de la pandémie, qui a atteint à un moment donné quelque 9 000 cas quotidiens. Ces derniers jours, le nombre de cas quotidiens et le pourcentage de tests positifs ont diminué en raison des restrictions draconiennes imposées à la population. Le nombre de décès a toutefois augmenté, passant à 2 000 dimanche, soit cinq semaines seulement après avoir dépassé le chiffre de 1 000.

Jeudi soir, le nombre de cas de coronavirus dans le pays a dépassé les 300 000 cas depuis le début de la pandémie, dont 40 851 sont actifs.

Le ministère de la Santé n’a enregistré que 1 511 cas entre mercredi soir et jeudi soir, le nombre de cas quotidiens continuant à diminuer.

Le ministère a fait état, jeudi soir de 742 personnes dans un état grave, dont 246 sous respirateur. 221 autres personnes sont dans un état modéré, les autres présentant des symptômes légers. Le nombre de décès s’élève à 2 127.

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