Les maires du Sud d’Israël : la trêve est une « erreur »
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Les maires du Sud d’Israël : la trêve est une « erreur »

Les résidents qui ont passé deux jours dans des abris anti-bombes veulent que le gouvernement mette un terme permanent aux tirs de roquettes

Le chef du commandement sud de l'armée israélienne le général de division Herzl Halevi, au centre-gauche, s'entretient avec le maire de Sderot, Alon Davidi, au centre-droite, lors d'une visite dans la ville du sud, qui a été frappée à plusieurs reprises par des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza le 9 août 2018. (Armée israélienne)
Le chef du commandement sud de l'armée israélienne le général de division Herzl Halevi, au centre-gauche, s'entretient avec le maire de Sderot, Alon Davidi, au centre-droite, lors d'une visite dans la ville du sud, qui a été frappée à plusieurs reprises par des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza le 9 août 2018. (Armée israélienne)

Vendredi, les dirigeants des villes et villages israéliens près de la frontière de Gaza ont critiqué le gouvernement au sujet d’un cessez-le-feu avec le Hamas et ont appelé à une solution à long terme, après deux jours de violence et fut l’échange de tirs le plus important entre Israël et l’organisation terroriste de Gaza depuis la guerre de 2014.

Quelques heures après l’arrêt des combats, les autorités locales ont demandé au gouvernement de mettre un terme définitif aux tirs de roquettes provenant de l’enclave côtière palestinienne, que ce soit par des moyens militaires ou diplomatiques.

Les résidents du sud d’Israël ont été secoués depuis plusieurs mois par une série de combats entre le Hamas et Israël, ils ont du se rendre dans leurs abris anti-bombes. La violence s’est ensuite apaisée grâce à des cessez-le-feu négociés par l’Égypte et l’ONU, avant de reprendre des semaines plus tard.

Alon Davidi, le maire de Sdérot, la ville qui a été la plus durement touchée par les tirs de roquettes en provenance de Gaza, a déclaré que la trêve était une « erreur » et que l’armée israélienne devait mettre un frein décisif aux attaques contre Israël par le biais d’une action militaire.

« Je comprends le désir d’entamer des négociations, mais à mon avis, le cessez-le-feu est une erreur », a déclaré M. Davidi. « Nous avons besoin d’une opération militaire pour éradiquer cette terreur. La guerre intermittente est malsaine pour nous et malsaine pour l’État d’Israël. »

Le groupe terroriste du Hamas a déclaré qu’un cessez-le-feu avait été conclu « sur la base d’un calme mutuel » et est entré en vigueur à minuit. Il a déclaré que l’accord a été négocié par l’Égypte et d’autres acteurs régionaux.

Alon Davidi, maire de la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, assiste à une conférence de presse à Jérusalem, le 27 mars 2017. (Hadas Parush/Flash90)

Israël a nié l’existence d’une trêve, mais un haut fonctionnaire israélien a déclaré à la radio israélienne que « le calme serait accueilli par le calme ». Aucun cas de violence n’a été signalé le long de la frontière le lendemain.

Gadi Yarkoni, le chef du Conseil régional d’Eshkol adjacent à la frontière de Gaza, a déclaré qu’il espérait que les parties parviendraient à une solution permanente.

« Cette réalité de quatre mois de tension sécuritaire a atteint son paroxysme hier. « Nous avons subi une journée de tirs violents sur nos villes, nous avons dû arrêter les activités éducatives ainsi que les événements culturels et communaux. Ces dernières heures, il y a du calme et nous espérons que la tension récente est ‘montée pour redescendre’ et qu’ensuite nous aurons un accord qui garantira le calme à long terme ».

Gadi Yarkoni (D) du Conseil régional d’Eshkol (Facebook)

« Les événements des derniers mois et les transitions brutales du calme à l’urgence ont un impact sérieux sur les habitants de la périphérie de Gaza.

Tamir Idan, chef du Conseil régional de Sdot Negev dans le sud d’Israël, a également déclaré que le cessez-le-feu était une erreur.

« Si nous parlons vraiment d’un cessez-le-feu, qui n’a pas encore été officiellement confirmé, c’est à mon avis une grave erreur, créant un cadre dans lequel nous avons une nouvelle normalité où le Hamas contrôle le feu et décide quand y mettre fin « , a-t-il dit, selon un reportage de Walla.

« Nous attendons une action forte, dure et sans équivoque contre le Hamas qui mettra fin immédiatement à la terreur sous toutes ses formes et qui permettra aux habitants de la périphérie de Gaza de revenir à la normale comme tous les autres citoyens », a-t-il ajouté.

Les dirigeants du Moshav Netiv Ha’asara, à côté de la frontière, ont déclaré que le cessez-le-feu était « simplement une honte » et se moque de ceux qui vivent dans la région.

« L’endroit ressemble à une ville fantôme ce matin », a dit le chef du conseil municipal. « A cause d’annonces irresponsables comme celles-ci, la plupart des familles ont fui. Seuls les agriculteurs restent, qui ne peuvent pas partir, et on leur a dit que s’ils travaillent, il en relève de leur responsabilité – comme s’ils avaient le choix – parce que, de leur point de vue, c’est faire ou mourir.

Vendredi matin, le commandement de la Défense passive de l’armée israélienne a annoncé que toutes les restrictions en matière de sécurité dans le sud d’Israël avaient été levées.

Le cessez-le-feu annoncé jeudi est survenu juste une heure après que le cabinet de sécurité a achevé une réunion de quatre heures sur Gaza, donnant pour instruction aux militaires de « continuer à agir avec force » contre les groupes terroristes dans la bande de Gaza.

Le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a déclaré jeudi que des groupes terroristes de Gaza ont tiré environ 200 roquettes sur Israël au cours des dernières 24 heures, tandis qu’Israël a frappé quelque 140 cibles du Hamas à Gaza.

Il a déclaré que la roquette qui a atterri à Beer Sheva – à environ 40 kilomètres de la frontière de Gaza – était une roquette plus puissante et à plus longue portée, marquant une escalade significative de la violence.

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