Les membres du cabinet ont secrètement autorisé des constructions palestiniennes dans la zone C
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Les ministres auraient approuvé un nouvel hôpital, une zone industrielle, des écoles

Les membres du cabinet ont secrètement autorisé des constructions palestiniennes dans la zone C

Le débat portant sur des constructions dans la zone C, dirigée par Israël, a été gardé secret pour ne pas contrarier les dirigeants favorables aux implantations

Qalqilya, vue depuis la barrière de sécurité en Cisjordanie, en 2009. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Qalqilya, vue depuis la barrière de sécurité en Cisjordanie, en 2009. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Le cabinet chargé de la sécurité aurait approuvé une série de plans de constructions palestiniennes dans la Zone C de la Cisjordanie lors d’un vote qui a été tenu secret afin de ne pas susciter la colère des colons et des militants d’extrême-droite.

Selon un article paru jeudi dans le quotidien Haaretz, le vote s’est déroulé il y a deux semaines, entrant dans le cadre d’un plan “de la carotte et du bâton” qui avait été annoncé en premier lieu par le ministre de la Défense Avigdor Liberman au mois d’août.

Liberman avait expliqué que l’objectif du plan était de récompenser les Palestiniens qui soutiennent la coexistence tout en sanctionnant ceux qui soutiennent le terrorisme.

Selon le rapport, un haut-responsable israélien aurait déclaré que le vote s’était tenu dans le secret le plus total dans la mesure où il s’agissait d’un problème politiquement sensible.

L’officiel aurait noté que les dirigeants du mouvement pro-implantations ont une forte influence sur les partis d’extrême-droite du Likud et du HaBayit HaYehudi et se prononcent fortement en défaveur des constructions en direction des Palestiniens dans la Zone C.

La zone C est la portion de Cisjordanie qui est pleinement administrée par Israël. Elle comprend environ 60 % du territoire total de la Cisjordanie et c’est là que se situent les implantations juives. Les Palestiniens se sont souvent plaints du refus de permis qui leur est opposé et prétendent qu’Israël tente de les faire partir de la région dans le but d’une future annexion.

Répondant aux informations délivrées sur le vote, les chefs de HaBayit HaYehudi Bezalel Smotrich (HaBayit HaYehudi) et Yoav Kish (Likud) ont appelé le cabinet à “régler cette décision embarrassante qui autorise les constructions palestiniennes à un moment où les implantations juives sont gelées et même détruites”, selon le site Israel National News, ancré à droite.

Ils ont ajouté que “cette décision va à l’encontre de l’intérêt général et nous, en tant que représentants du peuple, ne l’accepteront pas et nous lutterons pour qu’elle soit annulée”.

Le rapport transmis par Haaretz indique que la réunion a eu lieu le 5 octobre, juste après Rosh Hashanah, et que seule la moitié approximativement des membres du cabinet y était présente.

Le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les Territoires, le général Yoav Mordechai, en 2015. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)
Le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les Territoires, le général Yoav Mordechai, en 2015. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Le Premier ministre Netanyahu, Liberman, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri (Shas), le ministre de l’Energie Yuval Steinitz (Likud), le ministre de la Construction Yoav Galant (Koulanou), et le ministre des Finances Moshe Kahlon (Koulanou) auraient tous voté en faveur de la décision. Le ministre de l’Education Naftali Bennett (HaBayit HaYehudi) et le minister de la Justice Ayelet Shaked (HaBayit HaYehudi) auraient voté contre.

La plan avait été assemblé par le chef du Coordinateur des Activités Gouvernementales dans les territoires (COGAT), le Maj. Gén. Yoav Mordechai, et avait été présenté au cabinet par Liberman.

Selon le rapport, il comprend un projet d’extension des villages palestiniens dans le nord de la Cisjordanie et dans la ville palestinienne de Qalqilya, un corridor économique entre Jéricho et la Jordanie, la construction d’une zone industrielle à proximité de Naplouse, la construction d’un hôpital à Beit Sahour, près de Bethléem, et la construction d’écoles maternelles et de terrains de football dans un certain nombre de villages palestiniens.

L’article notait également qu’une mesure similaire avancée l’année dernière par Netanyahu et son ministre de la Défense d’alors, Yaalon, avait été écartée en raison de l’opposition féroce des ministres de Habayit Hayehudi ainsi que de celles de plusieurs ministres du Likud. A l’époque, les ministres de HaBayit HaYehudi avaient menacé de verrouiller l’action du gouvernement et de quitter la coalition, la laissant sans majorité à la Knesset, si la proposition était approuvée.

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