Les œuvres de demandeurs d’asile de Holot sont une explosion de couleurs
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Les œuvres de demandeurs d’asile de Holot sont une explosion de couleurs

L'exposition inaugurée jeudi à Tel Aviv met en vedette quatre artistes qui ont peint sur les murs du centre de Holot, aujourd'hui fermé, pendant leur détention

  • "Africa Sunrise" d'Afwerki Teame et Isobel Rubin, peint à Holot en 2015. (Miriam Alster/Flash90)
    "Africa Sunrise" d'Afwerki Teame et Isobel Rubin, peint à Holot en 2015. (Miriam Alster/Flash90)
  • La "Pause thé à l'école" de Tsegay Berhe, peinte au centre de détention de Holot en 2016. (Miriam Alster/Flash90)
    La "Pause thé à l'école" de Tsegay Berhe, peinte au centre de détention de Holot en 2016. (Miriam Alster/Flash90)
  • Sans titre (le drapeau d'Israël avec des fleurs), peint par Tsegay Berhe au centre de détention de Holot en 2016. (Tsegay Berhe)
    Sans titre (le drapeau d'Israël avec des fleurs), peint par Tsegay Berhe au centre de détention de Holot en 2016. (Tsegay Berhe)
  • “Tropical Rain Forest” peinte par Tsegay Berhe au centre de détention de Holot en 2016. (Miriam Alster/Flash90)
    “Tropical Rain Forest” peinte par Tsegay Berhe au centre de détention de Holot en 2016. (Miriam Alster/Flash90)
  • Tsegay Berhe, artiste érythréen, à Tel Aviv le 9 juillet 2019. (Melanie Lidman/Times of Israel)
    Tsegay Berhe, artiste érythréen, à Tel Aviv le 9 juillet 2019. (Melanie Lidman/Times of Israel)
  • Drapeau avec fleurs délavé de Tsegay Berhe au Centre de détention de Holot, photographié en juin 2019, trois ans après avoir été peint. (Miriam Alster/Flash90)
    Drapeau avec fleurs délavé de Tsegay Berhe au Centre de détention de Holot, photographié en juin 2019, trois ans après avoir été peint. (Miriam Alster/Flash90)

Tsegay Berhe s’intéresse à l’art depuis toujours, faisant des dessins et des esquisses au crayon ou au stylo ou tout ce qu’il a pu trouver pendant son enfance en Erythrée. Mais il ne s’est plongé dans l’art qu’en arrivant au Centre de détention de Holot, en Israël, où il a été en détention entre décembre 2015 et décembre 2016.

Berhe, 39 ans, a peint sur les murs de Holot avec la coopération des services pénitentiaires israéliens, qui ont géré le centre de détention qui a accueilli environ 13 000 hommes demandeurs d’asile pendant 12 mois chacun jusqu’à sa fermeture en 2018. « J’ai peint sans arrêt [à Holot] parce que je voulais passer le temps, et quand je travaillais, j’oubliais que j’étais en prison », explique-t-il.

Aujourd’hui, ses peintures font partie d’une nouvelle exposition à Tel Aviv intitulée « With the Wind in my Mind », à la galerie et bar Kiosko dans le quartier de Florentine pour deux semaines à partir de jeudi.

Les organisateurs disent qu’ils veulent que l’exposition devienne une exposition d’art itinérante, mais qu’ils n’ont pas encore de plans concrets pour la présenter ailleurs.

« L’art est devenu un moyen de passer le temps, de se réinventer dans un endroit où ils n’avaient rien, et d’exprimer leur force et leur résistance », a déclaré Hamutal Sadan, organisateur de l’exposition, fondateur de l’initiative Art of Refugees in Israel pour mettre en valeur les œuvres d’art des demandeurs d’asile.

Holot a été conçu à l’origine comme un moyen d’encourager les migrants illégaux à quitter Israël ou à faire face à une détention illimitée. Après que les organisations de défense des droits de l’homme ont saisi la Cour suprême, les tribunaux ont décidé que la durée de la détention serait limitée à 12 mois.

Selon l’Autorité pour la population, depuis le début des années 2000, 64 850 personnes ont franchi illégalement la frontière entre l’Égypte et Israël. La plupart des quelque 40 000 demandeurs d’asile en Israël vivent dans le sud de Tel Aviv, entassés dans des quartiers en ruines et entretenant des relations tendues avec les habitants israéliens plus anciens.

“Tropical Rain Forest” peinte par Tsegay Berhe au centre de détention de Holot en 2016. (Miriam Alster/Flash90)

Environ 72 % des migrants sont érythréens et 20 % soudanais. Les demandeurs d’asile érythréens ont fui un dictateur et le service militaire obligatoire qui peut durer 40 ans. Les demandeurs d’asile soudanais ont fui le génocide au Darfour ainsi que les combats entre le Soudan et le Sud-Soudan.

Berhe fait partie d’une poignée d’hommes détenus à Holot qui ont peint et dessiné sur plusieurs des surfaces disponibles du bâtiment. À l’extérieur, ces détenus, devenus artistes, peignaient des symboles de l’administration pénitentiaire et du drapeau d’Israël, ainsi que d’autres choses demandées par les responsables. A l’intérieur des salles de télévision, les artistes avaient toute la liberté pour peindre ce qu’ils voulaient, même si les thèmes politiques ou controversés n’étaient pas autorisés.

L’exposition au Kiosko de Tel Aviv présente des photographies de peintures de Tsegay Berhe, Afwerki Teame, Angosom (Sheba) Grmatsion et Mikiele Yewhans, tous des demandeurs d’asile érythréens emprisonnés à Holot pour un an.

Sadan, étudiant en maîtrise de 31 ans à l’Université de Tel Aviv, a organisé l’exposition en coopération avec la graphiste Ophelia Petrosian, dans le cadre de sa thèse sur l’art dans la communauté des demandeurs d’asile.

« Portrait » de Tsegay Berhe peint en 2016 au centre de détention de Holot. (Miriam Alster/Flash90)

« Les gens entendent parler de ma thèse et disent : ‘Y a-t-il de l’art dans la communauté des demandeurs d’asile ?' » raconte Sadan. « C’est difficile pour moi d’expliquer cette richesse artistique, il y a la peinture et la sculpture, le théâtre et la musique. Je veux que les gens viennent à cette exposition et voient les demandeurs d’asile, voient qui ils sont en tant que personne, et aussi ce qui se passait à Holot. »

Holot a fermé ses portes en 2018 lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenté de faire avancer un plan visant à expulser des milliers de demandeurs d’asile vers l’Ouganda et le Rwanda. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a tenté de négocier un accord qui aurait permis de reloger la moitié des demandeurs d’asile dans d’autres pays, que Netanyahu a accepté, puis a annulé quelques heures plus tard.

Depuis que les expulsions ont commencé au printemps dernier, les demandeurs d’asile vivent toujours dans l’incertitude. Les politiques gouvernementales, y compris une loi qui exige que les demandeurs d’asile déposent 20 % de leur salaire dans un fonds qui ne leur est restitué qu’à leur départ du pays, continuent de rendre la vie difficile à la communauté. Ils ne peuvent pas bénéficier de nombreux services sociaux, y compris l’assurance maladie complète, et sont obligés de travailler de longues heures et de cumuler plusieurs emplois. Berhe a dit que tant de demandeurs d’asile sont tellement concentrés sur leur survie qu’ils ne trouvent pas le temps de créer.

« C’est un travail qui a besoin de calme, qui a besoin de relaxation », explique-t-il. Il connaît beaucoup de femmes érythréennes qui ont été formées dans l’art du tissage traditionnel à la maison, mais qui ne sont pas en mesure de faire leur métier en Israël à cause du manque de temps.

« Si les gens ici étaient au calme, ils pourraient faire ça ici aussi », dit-il. « Nous [les demandeurs d’asile] ne provoquons pas un grand désordre, nous pouvons faire de belles choses. Tout le monde pourrait faire de belles choses, mais ils n’ont pas le temps. Toutes vos pensées sont si occupées et si distraites. Chaque année, la loi change, avec la loi de dépôt ou quelque chose de nouveau, ils ne veulent pas qu’on avance. »

Tsegay Berhe, artiste érythréen, à Tel Aviv le 9 juillet 2019. (Melanie Lidman/Times of Israel)

Berhe a fui l’Érythrée en 2009 après avoir déserté l’armée, où il avait servi pendant huit ans dans une conscription obligatoire sans connaître la date de fin. Après son arrivée en Israël en 2010, il s’est installé à Hadera et a exercé autant d’emplois que possible, trop occupé à essayer d’obtenir assez d’argent pour survivre et penser à faire de l’art. En 2015, il a été contraint de se présenter à Holot pour un an de détention, l’une des tactiques utilisées par le ministère de l’Intérieur pour inciter les demandeurs d’asile à quitter le pays.

Lorsque Berhe se retrouva à Holot, il remarqua d’autres peintures sur les murs et demanda aux officiers responsables s’il pouvait aussi peindre. Ils lui ont fourni de la peinture et lui ont donné des indications sur l’endroit et la façon de peindre. Les services pénitentiaires proposent l’art-thérapie dans de nombreuses prisons du pays.

Une porte-parole de l’administration pénitentiaire a refusé de commenter spécifiquement le programme de peinture de Holot, qui était supervisé par un travailleur indépendant en art-thérapie, comme dans plusieurs autres prisons. Elle a noté que le service pénitentiaire offre un certain nombre de programmes de réadaptation et de formation professionnelle pour les prisonniers et les détenus. À Holot, les détenus ont pu apprendre à travailler dans des ateliers de jardinage, d’aménagement paysager et de menuiserie dans les ateliers sur les lieux.

Berhe a raconté que pendant qu’il peignait à Holot, il s’évadait dans sa peinture, oubliant pendant quelques heures où il était. Il a peint presque tous les jours, environ quatre heures par jour, durant toute l’année de sa détention.

Des demandeurs d’asile protestent au centre de détention de Holot dans le sud du désert du Negev, en Israël, le 17 février 2014 (Crédit : Ilia Yefimovich/Getty Images)

Ses peintures préférées sont celles qu’il a faites avec des paons.

« J’étais au mont Hermon et j’ai vu ce paon. Et soudain, il a déployé ses plumes, il était si coloré et si beau et il m’a vraiment touché », confie Berhe. « Il est toujours beau, quand il se promène, ou quand il déploie ses plumes. »

Dans plusieurs tableaux, Berhe a représenté des animaux et d’autres scènes naturelles pour donner de la beauté aux murs austères qui l’entouraient.

Berhe a raconté qu’il avait acquis une certaine notoriété au sein de Holot pour ses œuvres d’art, et que parfois des gens d’autres sections de la prison venaient dans la salle de télévision de sa section pour y passer du temps avec ses œuvres.

La toile « Untitled (Two Deers) » de Tsegay Berhe peinte au Centre de détention de Holot en 2016. (Miriam Alster/Flash90)

Sadan, l’organisateur de l’exposition, a déclaré que le tableau qui l’a le plus touché était une peinture murale créée par Berhe à partir du drapeau israélien entouré de fleurs aux couleurs vives. Le drapeau a été commandé par les officiers, mais la décision de transformer le drapeau en une sorte de vase a été prise par Berhe.

« Quand nous voyons une étoile de David, nous ressentons beaucoup de liens idéologiques, mais quand il voit le drapeau israélien, il le voit plutôt comme une chose esthétique, et il trouvait que les couleurs étaient belles, mais qu’il manquait quelque chose », a expliqué Sadan.

« Ils lui ont dit quoi dessiner, mais il l’a interprété à sa façon en tant qu’artiste et en tant que personne, et il a décidé de faire les choses à sa propre façon. Que signifie dessiner le drapeau d’un pays qui vous a placé dans un centre de détention ? Et le dessiner avec tant de couleur et de vie ? C’est tellement ironique. »

« Les demandeurs d’asile arrivent en Israël et ils sont comme des fleurs coupées, ils espèrent que cet endroit leur donnera de l’eau pour vivre, mais l’Etat ne leur permet pas de s’enraciner », a ajouté Sadan.

« Si une plante pousse dans le sol, elle prospérera, mais si vous mettez une fleur coupée dans un vase, elle finira par mourir. Le pays fait toujours des choses pour les encourager à partir, et vous voyez, après des années, les fleurs sont fanées et flétries. »

Sans titre (le drapeau d’Israël avec des fleurs), peint par Tsegay Berhe au centre de détention de Holot en 2016. (Tsegay Berhe)

Afwerke Teame, un autre artiste érythréen, savait dès l’âge de 8 ans qu’il voulait être un artiste et qu’il le ferait sur toutes les surfaces disponibles pendant son enfance. Teame a servi huit ans dans l’armée érythréenne avant de fuir.

« J’étais censé être dans l’armée pendant un an et demi, mais je n’ai pas été libéré pendant huit ans », explique-t-il. « Après cinq ans, j’ai décidé de fuir, mais il m’a fallu trois ans pour trouver une opportunité. Je ne pouvais pas vivre comme ça, je n’avais pas d’avenir. C’est très déprimant de voir tout votre pays détruit. On ne se sent pas être une personne. »

Teame n’avait pas de projets une fois qu’il a quitté l’Erythrée, il savait juste qu’il devait fuir. Il s’est finalement rendu au Soudan, puis en Égypte, avant d’arriver en Israël en 2008.

« Pendant les sept années que j’ai passées en Israël avant d’aller à Holot, j’ai dessiné à la maison, parce que ma vie n’était qu’une question de survie, travailler pour survivre », dit Teame. « Quand je suis allé à Holot, j’ai eu le temps de réfléchir pour la première fois, de voir où j’en suis, où je vais. »

Teame a passé ses premiers mois à Holot à créer des peintures murales colorées mettant en scène des animaux et des paysages traditionnels. « Je n’ai jamais étudié l’art, alors pour moi, [la peinture sur les murs] était comme mon école », explique-t-il. « Dessiner sur un mur, c’est comme dessiner sur une toile. Ça m’a donné envie d’étudier l’art. »

Pour Teame, cette détention forcée a cristallisé sa décision de se consacrer à l’art à plein temps. Avant sa détention, Teame commençait à peine à s’impliquer dans le monde de l’art grâce aux contacts qu’il avait noués lors de cours d’anglais et d’hébreu à Haïfa, dans une école d’art. Teame a participé à deux expositions à Haïfa et a rencontré le président du Shenkar College of Engineering, Design, and Art, qui a négocié une bourse de six mois pour Teame pendant sa détention à Holot.

« Africa Sunrise » d’Afwerki Teame et Isobel Rubin, peint à Holot en 2015. (Miriam Alster/Flash90)

Holot était un centre de détention ouvert, ce qui signifie que les détenus devaient être à l’intérieur le soir, mais qu’ils étaient libres de sortir pendant la journée. Comme l’établissement était situé à plus d’une heure de bus de Beer Sheva dans une partie désolée du désert du Néguev, la plupart des détenus n’ont pas pu partir régulièrement. Mais Teame a reçu une permission spéciale pour étudier à Shenkar chaque jeudi à Ramat Gan.

Plutôt que de s’inquiéter de payer le loyer et d’avoir assez à manger, Teame plaisante en disant que Holot était comme son dortoir d’étudiants. Ironiquement, l’emprisonnement lui a permis de s’immerger librement dans l’art. Teame a dit que si la réalité de Holot était terrible, d’une manière étrange, il lui est presque reconnaissant, car cela lui a permis de se concentrer sur son art.

« Holot était vraiment dur pour les gens, certains ont essayé de se suicider, d’autres sont devenus fous », confie Teame. La peinture et l’étude lui ont permis de rester concentré.

Drapeau avec fleurs délavé de Tsegay Berhe au Centre de détention de Holot, photographié en juin 2019, trois ans après avoir été peint. (Miriam Alster/Flash90)

« Je n’aurais jamais pensé que ces tableaux feraient partie d’une exposition, je ne me suis jamais demandé pourquoi je suis ici, quelles sont ces politiques qui m’ont amené ici », a déclaré Teame, en faisant remarquer qu’il était toujours en mode survie pendant son séjour à Holot. « Je faisais juste quelque chose que j’aimais. »

Après sa libération, Teame a obtenu une bourse à la Minshar School of Art de Jaffa et a maintenant achevé deux ans d’un programme de baccalauréat en arts plastiques. Berhe a eu du mal à trouver le temps de faire de l’art tout en occupant deux emplois, dans un hôpital de rééducation pour personnes souffrant de graves handicaps mentaux à Pardes Hanna et dans dans un commerce de légumes à Hadera, mais il a récemment repris ses activités de peintre.

L’exposition de peintures de Holot était à l’origine l’idée de Teame, parce qu’il a noté que si de nombreux demandeurs d’asile luttent pour créer de l’art par manque de temps, ironiquement, Holot était plein de couleurs et de créativité.

J’ai rencontré Teame alors qu’il donnait des cours de dessin dans un centre communautaire que j’aidais à gérer à la gare routière centrale de Tel Aviv au printemps dernier, et il m’a parlé d’une exposition sur ces peintures. Holot, débordant de peintures colorées, était une sorte de musée vivant sur la façon dont les demandeurs d’asile tentaient de faire face à une situation difficile, apportant de la couleur à leur triste détention dans le désert, a-t-il dit.

Grâce à mes relations avec le porte-parole de l’administration pénitentiaire, j’ai aidé à organiser l’accès de Miriam Alster, photographe de l’agence Flash90, en juin dernier, et de Sadan et Alster, le mois dernier, pour photographier certaines des œuvres, bien que le centre soit fermé.

Tableau « Sans titre » de Mikiele Yewhans peint au Centre de détention de Holot en 2016. (Miriam Alster/Flash90)

Pour Teame et Berhe, il est étrange de voir sur les murs d’une galerie des tableaux d’une époque aussi difficile de leur vie.

« Je reviens en arrière et je réfléchis à ce qu’était Holot, non seulement pour moi, mais pour toute la communauté », a dit Teame. « Maintenant que tout le monde sait ce qu’était Holot, je veux qu’ils voient simplement ce qu’il y avait et qu’ils voient aussi les beautés qu’on y a fait. »

Après avoir vécu en Israël pendant 11 ans dans l’incertitude, il est frustré et découragé par l’absence de progrès sur la question des demandeurs d’asile, en particulier les querelles intestines et les désaccords au sein de la population juive israélienne sur ce qu’il faut faire avec la communauté des quelque 40 000 demandeurs d’asile. Le ministère de l’Intérieur et Netanyahu soutiennent que les demandeurs d’asile sont des migrants économiques qui sont venus en Israël pour travailler et non pour fuir les persécutions, et n’ont accordé le statut de réfugié qu’à 13 Erythréens et 1 Soudanais, sur des milliers.

« C’est difficile pour moi de comprendre que les Juifs ont construit ce pays à partir de rien il y a 70 ans, en surmontant tant de défis », dit Teame. « Et ce petit problème, vous ne pouvez pas le résoudre ? »

Teame et Berhe ont tous les deux dit que l’expérience leur a appris l’importance de simplement prendre un pinceau tous les jours pour créer de la beauté tout en étant entourés d’une réalité difficile. « Peu importe à quel point c’est difficile, il faut juste faire quelque chose », dit Teame.

« Tout le monde a la capacité de faire des choses et de faire de belles choses », a conclu Berhe.

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