10 questions clés sur le débat autour des demandeurs d’asile africains en Israël
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AnalyseQui, que, quoi, où, quand... Et Anne Frank dans tout ça ?

10 questions clés sur le débat autour des demandeurs d’asile africains en Israël

Alors que les autorités se préparent à expulser les migrants malgré une opposition croissante, voici un "manuel" permettant d'expliquer certaines complexités de ce dossier

Les amis de Tesfe Kidane (aucun lien avec Helen Kidane), un demandeur d'asile érythréen déporté au Rwanda il y a deux ans, brandissent sa photo lors d'une manifestation devant l'ambassade rwandaise à Herzliya le 22 janvier 2018. Kidane a été assassiné en Libye en essayant de fuir vers l'Europe. (Melanie Lidman / Times of Israël)
Les amis de Tesfe Kidane (aucun lien avec Helen Kidane), un demandeur d'asile érythréen déporté au Rwanda il y a deux ans, brandissent sa photo lors d'une manifestation devant l'ambassade rwandaise à Herzliya le 22 janvier 2018. Kidane a été assassiné en Libye en essayant de fuir vers l'Europe. (Melanie Lidman / Times of Israël)

1. Qui sont les demandeurs d’asile africains en Israël ?

Il y a approximativement 38 000 migrants et demandeurs d’asile africains en Israël, selon le ministère de l’Intérieur. Environ 72 % sont des Erythréens et 20 % sont de Soudanais. La vaste majorité est arrivée entre 2006 et 2012. L’année 2010 a marqué l’apogée de la vague de demandeurs d’asile ayant franchi le Sinaï vers Israël. Ce sont 1 300 personnes qui ont traversé clandestinement la frontière par mois. En 2014, Israël a achevé la construction d’une clôture électronique de 242 kilomètres le long de la frontière avec le Sinaï. L’immigration clandestine à travers le Sinaï est retombée à seulement 11 cas en 2016 et à 0 en 2017.

Les demandeurs d’asile érythréens ont fui un dictateur impitoyable et un service militaire obligatoire qui peut durer 40 ans. Les demandeurs d’asile soudanais ont fui le génocide au Darfour ainsi que les combats entre le Soudan et le sud-Soudan.

Les responsables israéliens affirment qu’ils sont des migrants économiques à la recherche d’un emploi et non des demandeurs d’asile. « Nous n’agissons pas contre les réfugiés », a déclaré Netanyahu au début de la réunion hebdomadaire du cabinet, le 21 janvier. « Nous agissons contre les immigrants clandestins qui viennent ici pour trouver du travail. Israël continuera à être un asile pour les véritables réfugiés et éjectera les infiltrés clandestins ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu parle avec les résidents du sud de Tel Aviv lors d’une visite dans la ville, le 31 août 2017 (Crédit : AFP PHOTO / Menahem KAHANA)

2. Pourquoi veut-on les expulser ?

Certains habitants du sud de Tel Aviv – et notamment ceux du quartier de la gare routière centrale – disent que les demandeurs d’asile africains ont « détruit le quartier » et leur attribuent la hausse du taux de délinquance. Selon les statistiques de la police, 90 % des demandeurs d’asile africains vivent dans le sud de Tel Aviv, tandis que les 10 % restants sont disséminés dans le reste du pays.

Neve Shaanan, un quartier pauvre dont les infrastructures tombaient en ruines avant l’arrivée des demandeurs d’asile africains, accueille dorénavant 35 000 personnes, même s’il sa capacité d’accueil était, à l’origine, prévue pour 6 000 personnes. C’est le quartier le plus peuplé de Tel Aviv. Certains militants ont défilé à travers le quartier en portant des panneaux où était écrit : « La réhabilitation commence par l’expulsion ».

Le Premier ministre a visité les lieux à de multiples occasions en tentant de remporter le soutien des électeurs conservateurs. La ministre de la Culture Miri Regev a estimé pour sa part que les habitants israéliens du sud de Tel Aviv « sont des réfugiés dans leur propre pays ».

Quatre-vingt dix pour cent des demandeurs d’asile africains vivent dans le sud de Tel Aviv 10 % qui restent se trouvent installés partout ailleurs dans le pays

Selon la police, les demandeurs d’asile africains constituent 70 % de la population de Neve Shaanan mais sont responsables de 40 % des crimes – ce qui vient contrer les informations selon lesquelles ils assumeraient la responsabilité de l’augmentation des activités criminelles.

3. Quel est le statut des demandeurs d’asile en Israël ? Sont-ils considérés comme des réfugiés ?

L’Union européenne a reconnu les demandes d’asile de 90 % des Erythréens qui se portent candidats à ce statut et de 56 % des Soudanais, selon l’Institut européen de la stabilité. Israël, pour sa part, a octroyé le statut de réfugié à un Soudanais et à 10 Erythréens sur des milliers de dossiers déposés, ce qui représente un taux d’approbation de 0,056 %, selon la hotline pour les réfugiés et les travailleurs migrants.

Le statut de réfugié est un statut légal autorisé qui permet aux gens d’obtenir certains droits qui varient selon le pays hôte, notamment des permis de travail, une assurance santé, l’éducation des enfants, des aides au logement et des cours de langue.

Environ 200 Soudanais ont reçu un visa humanitaire de type A5 au sein de l’Etat juif . C’est une reconnaissance partielle du statut de réfugié quileur permet de travailler légalement en Israël.

Les autres demandeurs d’asile et migrants reçoivent des visas temporaires pour deux ou trois mois, qu’ils doivent renouveler en se présentant au ministère de l’Intérieur de Bnei Brak, à proximité de Tel Aviv. Si le ministère de l’Intérieur veut faire pression pour qu’un immigrant accepte « l’expulsion volontaire », il peut donner à ce dernier un visa l’obligeant à se rendre à Holot.

Holot est un centre de détention ouvert situé dans le désert du Negev pour les migrants clandestins. Les demandeurs d’asile qui y séjournent peuvent quitter la structure pendant la journée mais doivent y rester entre 22 heures et 8 heures du matin. De manière générale, les demandeurs d’asile sont envoyés à Holot pendant un an. À l’issue de cette période, ils sont libérés et peuvent mener leurs vies.

Techniquement, ces visas temporaires n’autorisent pas les demandeurs d’asile à travailler même si le gouvernement a annoncé qu’il n’imposerait pas la question des permis de travail.

Des migrants africains participent à une manifestation à Tel Aviv, le 10 juin 2017 (Tomer Neuberg / Flash90)

Parce que les demandeurs d’asile ont un statut incertain, ils sont, pour la majorité, obligés d’accepter des emplois subalternes comme dans la construction, les services alimentaires ou le nettoyage, parce que ce sont les seules industries qui acceptent d’embaucher des individus se trouvant dans l’expectative. Les demandeurs d’asile n’ont aucun recours ni aucun droit s’ils ont subi les maltraitances d’un employeur ou en cas de non-paiement de leurs salaires.

De plus, depuis le mois de mai, les entreprises qui emploient des demandeurs d’asile sont dans l’obligation de retirer 20 % de leurs salaires après impôt pour les déposer sur un « fonds de dépôt ». Ils n’ont accès à ces fonds qu’une fois qu’ils se trouvent à l’aéroport Ben Gurion, après avoir accepté l’expulsion vers un pays tiers – une initiative qui a été largement condamnée par les groupes de défense des droits de l’Homme.

La confusion du processus d’octroi d’un statut d’asile en Israël a des implications qui vont bien au-delà du statut des Africains qui se trouvent déjà dans le pays. La longue période d’attente pour la délivrance de ce statut a ouvert la porte à presque 25 000 migrants clandestins géorgiens et ukrainiens qui ont demandé l’asile au cours des deux dernières années – des nouveaux-venus qui, dans leur importante majorité, sont arrivés en Israël pour des raisons d’opportunités économiques. Ils sont entrés dans le pays grâce à des visas de touriste et sont dorénavant autorisés à y rester le temps du traitement de leur dossier par le ministère de l’Intérieur, ce qui pourrait durer des années à cause des retards accumulés dans les demandes des migrants africains.

4. Où sont-ils expulsés ?

Israël n’a pas révélé officiellement la destination prévue pour les demandeurs d’asile, mais les organisations qui les suivent après leur départ de l’Etat juif ont fait savoir que ces pays étaient le Rwanda et l’Ouganda. Selon les Nations unies, environ 4 000 demandeurs d’asile ont été « volontairement » envoyés vers des pays tiers.

« L’expulsion volontaire » signifie qu’un demandeur d’asile a signé un accord avec le ministère de l’Intérieur sous les termes duquel il quitte Israël de son plein gré, généralement après qu’il lui a été donné le choix entre l’emprisonnement ou l’expulsion.

Les demandeurs d’asile qui signent un document de départ volontaire du territoire israélien reçoivent une indemnité d’expulsion de 3 500 dollars.

Des demandeurs d’asile protestent au centre de détention de Holot dans le sud du désert du Negev, en Israël, le 17 février 2014 (Crédit : Ilia Yefimovich/Getty Images)

5. Qu’en pensent le Rwanda et l’Ouganda ?

Au mois de novembre, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda Louise Mushikiwabo avait déclaré que le pays pouvait accepter approximativement 10 000 demandeurs d’asile d’Israël. Israël verserait la somme de 5 000 dollars au gouvernement rwandais pour chaque expulsé, en plus des 3 500 dollars versés directement au migrant lors de son départ.

Netanyahu avait auparavant insinué que le Rwanda et l’Ouganda accepteraient des demandeurs d’asile contraints à l’expulsion, et plus seulement ceux qui ont pu signer un document de départ volontaire.

Le président rwandais Paul Kagame a souligné lors de la rencontre annuelle du Forum économique mondial de Davos, au mois de janvier, que son pays n’acceptera que les demandeurs d’asile expulsés conformément au droit international. Netanyahu aurait indiqué qu’il se plierait à cette exigence, selon des responsables.

Henry Oryem Okello, ministre d’Etat ougandais aux Affaires étrangères, a expliqué à Reuters qu’il n’y a pas d’accord conclu entre Israël et son pays en ce qui concerne les expulsions.

6. Qu’arrive-t-il aux demandeurs d’asile qui ont été expulsés ?

Des expulsés au Rwanda ont confié au Times of Israel – un fait également largement rapporté dans les médias étrangers – qu’ils étaient logés dans un domicile privé pendant quelques jours puis emmenés à la frontière avec le sud-Soudan ou l’Ouganda au milieu de la nuit. Ils doivent ensuite traverser la frontière sans papiers et demander l’asile dans le nouveau pays, une fois la frontière franchie.

Bernie, 32 ans, est resté en Israël pendant six ans et demi. Il apprend dorénavant l’anglais à Kampala et cherche un emploi. Photo prise le 11 septembre 2017 (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Les demandeurs d’asile directement expulsés vers l’Ouganda y restent parfois mais ils ne reçoivent pas le statut de demandeur d’asile de manière automatique – contrairement aux promesses faites par le ministère de l’Intérieur israélien. Certains expulsés ont indiqué que le gouvernement ougandais est réticent à leur octroyer le statut parce qu’ils viennent d’Israël. Le gouvernement ougandais subit des pressions pour qu’il n’accepte pas de demandeurs d’asile d’Israël, le consensus étant, dans l’opinion publique, que le pays fait déjà suffisamment de choses pour résoudre le problème des réfugiés dans le monde.

Au cours des trois dernières années, l’Ouganda a absorbé plus d’un million de réfugiés du Sud-soudan. Pendant certaines périodes, l’Ouganda accueille en une seule semaine le nombre de demandeurs d’asile africains qui vit actuellement au sein de l’Etat juif.

7. En quoi Anne Frank est-elle concernée ?

Le rabbin Susan Silverman a lancé le mouvement du sanctuaire Anne Frank (Miklat Israel), une initiative qui vise à cacher dans les foyers individuels les demandeurs d’asile sous le coup d’une expulsion. « Anne Frank est la personne la plus célèbre ayant vécu dans la clandestinité et elle a été cachée de manière à ne pas être envoyée à la mort – et nous avons des documents qui montrent que ces individus affronteront potentiellement la mort », a dit Silverman aux journalistes.

Sept survivants de l’Holocauste ont également dit qu’ils cacheraient des demandeurs d’asiles susceptibles de quitter le pays chez eux.

Des pilotes d’El Al, des propriétaires de restaurant et des médecins se sont également exprimés en défaveur du plan d’expulsion et SodaStream a annoncé chercher spécifiquement à embaucher des demandeurs d’asile africains.

Manifestation de demandeurs d’asiles africains contre la nouvelle politique « Rwanda ou Saharonim » du gouvernement, devant la Cour suprême, à Jérusalem, le 26 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les organisations aux Etats-Unis ont également condamné ces expulsions. L’ADL (Anti-Defamation League) et la HIAS (Hebrew Immigrant Aid Society) ont fait parvenir des lettres ouvertes à Netanyahu condamnant ce plan. « La nature radicale de ce plan d’expulsion et l’extrême difficulté d’accéder au système d’asile israélien ont un impact dévastateur sur la communauté des réfugiés en Israël et trahissent les valeurs qui se trouvent au coeur de ce que nous partageons en tant que Juifs », a dit le courrier.

Malgré ces condamnations, un sondage rendu public dimanche par la Dixième chaîne révèle qu’une majorité d’Israéliens soutiennent l’expulsion des migrants africains du pays.

Interrogés pour savoir s’ils soutiennent la décision gouvernementale de l’expulsion des migrants, 56 % des sondés répondent oui, 32 % non, et 12 % sont sans opinion.

Même si une majorité soutient les expulsions, 44 % seulement des personnes interrogées affirment être favorables à une expulsion forcée contre 46 % qui disent y être opposés.

8. Israël envoie-t-il vraiment les réfugiés « à la mort » ?

Cela dépend. Le rapatriement en juin 2012 de migrants sud-soudanais, l’Opération « retour à la maison », avait rassemblé environ 700 immigrants clandestins soudanais en quelques jours. Ils avaient été renvoyés au sud-Soudan, suite à un accord passé entre Israël et la nouvelle nation indépendante.

Un grand nombre de ces migrants s’était retrouvé en grand danger après l’éclatement de la guerre civile en 2013 et ils avaient été obligés de quitter leurs foyers. Une adolescente avait raconté au Times of Israel qu’elle avait vu sa meilleure amie – qui avait également été expulsée d’Israël – violée et assassinée alors que sa famille se cachait derrière des arbres.

De plus, certains demandeurs d’asile avaient été envoyés contre leur gré au Soudan où ils avaient été immédiatement emprisonnés à la descente de l’avion, s’étant rendus coupables d’avoir visité un pays ennemi (Israël). Des représentants du ministère israélien de l’Intérieur ont nié avoir renvoyé ces gens au Soudan, malgré le témoignage direct apporté par Muhtar Awdallah, un expulsé qui avait été envoyé là-bas.

Muhtar Awdalla, étudiant en droit de troisième année à Kampala, en Ouganda, Uganda, dans sa résidence universitaire, le 10 septembre 2017 (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

L’Ouganda est considéré comme un pays relativement favorable aux demandeurs d’asile. Le gouvernement a mis en place une politique libérale envers les réfugiés sud-soudanais qui fuient la guerre et entrent dans le nord du pays par voie terrestre. Les nouveaux venus se voient octroyer une parcelle de terrain de 30 mètres-carrés pour y faire pousser des légumes et devenir autonomes. Ils peuvent obtenir des permis de travail et vivre là où ils le désirent, ce qui n’est pas possible au Rwanda.

Toutefois, Ll’Ouganda nourrit une certaine animosité à l’encontre des demandeurs d’asile expulsés d’Israël. De nombreux ougandais ont le sentiment que leur pays en fait déjà suffisamment. Les demandeurs d’asile expulsés d’Israël disent que les nouveaux venus sont encouragés à mentir aux autorités et à prétendre qu’ils sont venus directement du sud-Soudan, par voie terrestre, pour obtenir le statut de réfugiés.

Il n’y a aucune preuve que les demandeurs d’asile en provenance d’Israël aient été en mesure de rester au Rwanda, malgré les informations largement relayées que l’Etat juif payait environ 5 000 dollars par réfugié au gouvernement du pays.

Des militants érythréens en Israël soulignent que l’Ouganda n’est pas leur pays et que le réseau des renseignements du gouvernement érythréen – qu’ils ont fui pour la plupart – a des avants-postes en Ouganda, ce qui met leurs vies en péril.

Des détenus à l’entrée de Holot. Illustration. (Crédit : Nehama Shimnovic)

De nombreux demandeurs d’asile expulsés d’Israël tentent d’aller en Europe en empruntant des itinéraires dangereux qui les mènent à travers le territoire de l’Etat islamique en Libye, avec une traversée périlleuse de la mer méditerranée.

Les militants érythréens affirment qu’approximativement 20 érythréens expulsés d’Israël sont morts en tentant de se rendre en Europe. Le conseil des droits de l’Homme de l’ONU a indiqué qu’il était dans l’incapacité de savoir ce qui était arrivé à ces expulsés en raison de la discrétion d’Israël mais estime qu’un large pourcentage tente de rejoindre l’Europe en empruntant des itinéraires dangereux.

9. Qui sera expulsé et quand ?

La loi dite « des infiltrateurs » approuvée par la Knesset au mois de décembre stipulait que les expulsions commenceraient au mois de mars. C’est l’époque également où le centre de détention de Holot devrait fermer ses portes.

Après la fermeture de Holot, les demandeurs d’asile qui refusent l’expulsion seront incarcérés à Saharonim, une prison israélienne déjà bondée. Les femmes et les enfants âgés de moins de 18 ans ne seront pas concernés par la première vague d’expulsions, selon un jugement rendu par la Haute-cour de Justice au mois d’août.

Les migrants africains protestent aux abords du centre de détention de Holot à proximité de Ktsiot, dans le désert du Negev, le 17 février 2014 (Crédit : FLASH90)

De plus, les individus ayant déposé un dossier pour obtenir le statut de réfugié ne pourront être expulsés avant le traitement de leur dossier par le ministère de l’Intérieur. Entre 2009 et 2017, ce sont 15 400 personnes qui ont déposé un dossier de demandeur d’asile devant le bureau de la PIBA. Israël l’a refusé à 6 600 personnes et 8 800 dossiers de demande sont encore en cours de traitement.

Selon des informations, le gouvernement espère expulser 600 demandeurs d’asile par mois la première année. Les personnes dont la demande d’asile n’a pas été traitée ne pourront être expulsées jusqu’à ce que leur cas soit réglé.

10. Israël peut-il absorber les demandeurs d’asile au lieu de les expulser ?

Certaines personnes, notamment des demandeurs d’asile, demandent qu’Israël mette en place une politique de dispersion. Elle permettrait de localiser les demandeurs d’asile dans certains secteurs géographiques afin de soulager le fardeau posé sur le sud de Tel Aviv.

Les militants du groupe Central Bus Station Neighborhood Watch sont opposés à cette idée de dispersion. Ils indiquent l’avoir suggérée il y a des années mais précisent que l’idée avait été rejetée par le gouvernement, et qu’ils réclament aujourd’hui l’expulsion totale. En Europe, où de nombreux pays utilisent des politiques de dispersion pour leurs populations de réfugiés, des études ont révélé que ce sont systématiquement les quartiers les plus pauvres de chaque ville qui abritent encore la majorité des réfugiés.

Afin qu’une politique de dispersion soit efficace en Israël, le gouvernement devrait délivrer des permis de travail aux réfugiés ainsi que leur donner la possibilité d’obtenir le permis de conduire.

Amnesty International s’oppose à ce plan de dispersion forcée des demandeurs d’asile parce que cela leur interdirait l’accès aux soins de santé et aux services sociaux, qui ne sont actuellement disponibles que dans le sud de Tel Aviv.

L’expulsion de presque 40 000 personnes qui assument des emplois manuels en Israël laissera également le pays avec un déficit de main-d’oeuvre. La semaine dernière, le gouvernement a approuvé une résolution spéciale qui l’autorisera le gouvernement à délivrer un permis de travail à un ouvrier palestinien lors de chaque expulsion de deux demandeurs d’asile.

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