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Les prisons sont « au bord du gouffre, » prévient un haut responsable

Les gardiens trouvent de plus en plus souvent des schémas et d'autres informations pouvant servir à planifier des évasions, a dit un représentant du système devant une commission parlementaire

Des agents de l'Administration pénitentiaire israélienne préparant des détenus à leur libération dans le cadre d'un accord sur les otages à la prison de Ketziot, dans le sud d'Israël, le 26 février 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Des agents de l'Administration pénitentiaire israélienne préparant des détenus à leur libération dans le cadre d'un accord sur les otages à la prison de Ketziot, dans le sud d'Israël, le 26 février 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le commissaire en chef du Service israélien des prisons, Kobi Yaakobi, a averti mardi que les centres de détention étaient « au bord du gouffre », les prisonniers palestiniens ayant largement perdu tout espoir d’être libérés dans le cadre d’un échange d’otages contre prisonniers – ce qui fait craindre une flambée de violence, a-t-il dit.

Prenant la parole devant la commission de la Sécurité nationale à la Knesset, le chef du système pénitentiaire israélien a confié que « l’espoir qu’ils nourrissaient s’est transformé en désespoir » dans la mesure où ils n’ont pas été inclus parmi les milliers de détenus qui ont été relâchés, en échange des otages conservés en captivité par les groupes terroristes, pendant la guerre à Gaza.

Alors qu’aucun échange de ce genre ne se profile à l’horizon, les détenus emprisonnés pour atteinte à la sécurité nationale pourraient chercher à prendre les choses en main, a averti Yaakobi.

« Ceux qui se trouvent aujourd’hui avec nous [dans les prisons], ce sont des terroristes qui ont démontré leurs capacités en matière d’opérations », a-t-il dit. « Si on peut avoir le sentiment que la dite ‘guerre de la résistance’ est de faible intensité – j’ignore ce qui va se passer dans le nord ou dans le sud mais à l’intérieur des prisons, je peux affirmer avec certitude que nous sommes au bord d’un événement majeur ».

Le chef de la sécurité et des opérations du service des prisons, Avichai Ben Hamo, a expliqué devant les membres de la commission que des plans et des schémas des centres de détention avaient été trouvés dans les cellules des prisonniers incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale.

Sur certains plans, l’emplacement des serrures, le nombre de gardiens de prison dans chaque aile et d’autres détails utiles à une évasion, a-t-il rapporté.

De telles découvertes étaient rares quand les prisonniers avaient encore l’espoir d’être libérés dans le cadre d’un échange, a fait remarquer Ben Hamo.

Le commissaire en chef des prisons israéliennes, Kobi Yaakobi, s’adresse à la commission de sécurité nationale de la Knesset le 16 décembre 2025. (Crédit : Noam Moskovitz/porte-parole de la Knesset)

« Nous voyons un lien direct entre les atrocités qui avaient été commises par les terroristes le 7-Octobre et le comportement [des détenus] dans les prisons. Nous savons parfaitement observer ce genre d’attention qui peut être accordée aux serrures, aux clôtures, à la cour de promenade », a-t-il poursuivi.

Désormais, les prisonniers « comprennent que les portes resteront fermées, qu’ils resteront en prison, et ils sont déterminés à contester notre politique de sécurité chaque jour qui passe et à chaque heure », a-t-il expliqué, avertissant que les détenus pourraient tenter une évasion massive.

Au total, 3 755 prisonniers ont été libérés dans le cadre des accords qui ont pu être conclus pendant la guerre, en échange de nombreux otages israéliens – 251 avaient été kidnappés lors du pogrom commis le 7 octobre 2023, trois autres citoyens israéliens étaient retenus en captivité depuis 2014 et 2015.

Il ne reste aujourd’hui qu’un seul otage à Gaza, Ran Gvili, dont la dépouille se trouve toujours dans la bande. Israël, de son côté, a accepté de ne restituer que les corps sans vie des Palestiniens tués au cours des combats, et non les prisonniers vivants, en échange des restes des otages.

Des personnes se rassemblent pour accueillir les prisonniers palestiniens libérés qui arrivent en bus dans la bande de Gaza après leur libération des prisons israéliennes dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, devant l’hôpital Nasser à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)

Selon les données du service des prisons, la population carcérale s’élève actuellement à 22 573 personnes. 9 230 personnes sont incarcérées pour atteinte à la sécurité nationale et 13 343 sont en cellule pour des crimes.

Contrairement aux prisonniers ordinaires, les prisonniers sécuritaires ont été emprisonnés après avoir commis des « infractions à la sécurité », qui peuvent aller d’attaques terroristes meurtrières à la diffusion en ligne de contenus jugés incendiaires par Israël. Presque tous sont des Palestiniens ou des Arabes israéliens.

Yaakobi a dit aux membres de la commission que les conditions difficiles auxquelles ces prisonniers étaient soumis contribuaient à prévenir le terrorisme par la dissuasion. Il a souligné que les détenus jouissaient « des conditions de vie minimales requises par la loi », même si la Haute Cour a estimé, cette année, que les prisonniers sécuritaires n’étaient pas suffisamment nourris.

Des terroristes du Hamas membres de l’unité d’élite Nukhba, arrêtés pour avoir participé au pogrom du 7 octobre 2023, photographiés les mains dans le dos dans une cellule d’une prison du centre d’Israël, le 4 mars 2025. (Chaim Goldberg/Flash90)

Les conditions d’incarcération des détenus sécuritaires se sont considérablement détériorées sous la direction du ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, qui supervise l’administration pénitentiaire et qui s’est vanté des mesures sévères qui ont pu être mises en œuvre sous sa direction.

Un audit réalisé par le Bureau du défenseur public et qui a été diffusé au début du mois a révélé que les prisonniers palestiniens recevaient de maigres rations alimentaires, qu’ils étaient régulièrement battus par les gardiens et maintenus en cellule dans des conditions insalubres permettant aux maladies de se propager rapidement, dans des espaces exigus et surpeuplés.

Yaakobi a déclaré que l’administration tentait d’augmenter sa capacité d’accueil alors que le système est confronté à une grave crise de surpopulation, qui a atteint des niveaux sans précédent dans le sillage du pogrom du 7 octobre 2023.

Des soldats de l’armée israélienne montant la garde alors que des bus transportant des prisonniers palestiniens libérés dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu avec le groupe terroriste du Hamas quittent la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev, le 25 janvier 2025. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Peu après le début de la guerre, la Knesset avait approuvé des dispositions d’urgence qui avaient permis au service des prisons – qui est habituellement en mesure d’accueillir 14 500 prisonniers – de conserver des prisonniers de toutes sortes dans des cellules exiguës et surpeuplées, parfois sans lit pour dormir.

Yaakobi a déclaré à la commission que 2 392 nouvelles places avaient été ajoutées aux centres de détention, avec pour objectif d’en créer plus de 5 000 d’ici au printemps 2026. Mais même si l’IPS devait atteindre cet objectif, les prisons dépasseront toujours leur capacité officielle de 14 500 détenus.

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