Les propositions du ministère de l’Énergie pour rendre l’économie plus efficace
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Les propositions du ministère de l’Énergie pour rendre l’économie plus efficace

Avec son coût d'un milliard de shekels, le texte ne devrait pas voir le jour tant que le gouvernement n'aura pas accepté d'adopter un budget

Un véhicule Renault électrique se recharge à Ramat Hasharon, en Israël, le 7 février 2010. (Roni Schutzer/Flash90/Maariv Out)
Un véhicule Renault électrique se recharge à Ramat Hasharon, en Israël, le 7 février 2010. (Roni Schutzer/Flash90/Maariv Out)

Le ministère de l’Énergie a dévoilé lundi une série de propositions d’un montant d’un milliard de shekels visant à rendre l’économie israélienne plus efficace sur le plan énergétique au cours des dix prochaines années.

Au-delà de la réduction des émissions, les responsables ont affirmé que le programme contribuerait à une reprise durable et à une accélération économique après la crise du coronavirus. Avec le bon investissement, on pourrait créer 10 700 nouveaux emplois dans les initiatives d’efficacité énergétique d’ici 2025, avec 4 000 emplois supplémentaires grâce à des plans visant à amener les autorités locales à couvrir les toits de leurs bâtiments avec des panneaux solaires et à atteindre une capacité de 80 % d’énergie renouvelable, ont-ils déclaré lors d’une conférence de presse.

Mais compte tenu de l’incapacité du gouvernement à adopter un budget de l’État pour cette année, sans parler de 2021, en raison des luttes politiques incessantes entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz, on ne sait pas encore quand la mise en œuvre complète pourra commencer.

Le programme, qui est une version mise à jour d’un programme d’efficacité publié en 2017, a pris un an pour être mis en place, a commenté le directeur général du ministère, Udi Adiri. Le processus a vu la coopération avec d’autres ministères et un large éventail de parties prenantes, y compris des organisations environnementales réunies à cette fin par le groupe à but non lucratif Adam Teva V’Din, a-t-il ajouté.

Adam Teva V’Din a salué l’annonce, affirmant que les mesures visant à accroître les énergies renouvelables ont permis d’améliorer la production d’énergie. Mais, a-t-il déploré, Israël est toujours à la traîne en matière de consommation efficace de l’énergie.

Vue aérienne de panneaux solaires dans le désert près d’Eilat, en Israël. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)

Actuellement, le plus grand consommateur d’énergie – y compris d’électricité – est le transport (43 %), suivi par les bâtiments de toutes sortes (28 %), l’industrie (22 %) et les autres sources (7 %).

L’objectif intermédiaire du programme est de rendre l’économie 11 % plus efficace sur le plan énergétique d’ici 2025 par rapport à une base de référence de 2015, et 18 % de plus d’ici 2030.

Selon les calculs du ministère, atteindre cet objectif se traduira par des économies d’énergie d’un total de 16,5 térawatts d’ici 2030.

Un térawatt-heure (TWh) est une unité d’énergie qui désigne la production d’un trillion de watts pendant une heure. Pour l’année en cours, on s’attend à ce qu’Israël utilise 170 TWhs d’énergie. Si rien n’est fait pour économiser l’énergie, ce chiffre devrait atteindre plus de 210,5 TWhs d’énergie d’ici 2030. Cependant, si les mesures décrites dans le document sont prises, il n’atteindra que 194 TWh.

Ces mesures devraient également permettre de réduire de quelque six millions de tonnes (7,5 %) la quantité totale de gaz à effet de serre produite par Israël qui devrait atteindre l’atmosphère en 2030.

Illustration : Un chantier dans la ville d’Ashdod, le 22 mars 2013. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Les mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs consistent notamment à faire en sorte que les appareils électriques importés soient plus efficaces sur le plan énergétique, à intégrer les cotes énergétiques dans les nouveaux bâtiments et à exiger des promoteurs, à partir de l’année prochaine, qu’ils les publient lors de la vente. Cette dernière étape s’inscrit dans le cadre d’une décision prise par la commission du Conseil national de la planification et de la construction au début de l’année de faire passer les codes de construction écologiques de volontaires à obligatoires à partir de juillet prochain.

Les propositions comprennent également l’obligation pour les entreprises disposant d’un permis d’émission d’installer des systèmes de gestion de l’énergie, l’amélioration de l’efficacité énergétique des transports par l’adoption de véhicules électriques et l’introduction éventuelle de cotes d’efficacité énergétique pour les pneus importés.

Les nouveaux bus électriques d’Egged à leur station de recharge à Jérusalem lors de la cérémonie de lancement, le 3 septembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le ministère consulte actuellement le public pour savoir s’il doit continuer à obliger les entrepreneurs à installer des systèmes d’alimentation en gaz pouvant être utilisés pour la cuisine, le chauffage et l’eau chaude – compte tenu des technologies alternatives basées sur l’électricité telles que les climatiseurs, les pompes à chaleur et les poêles électriques.

Les compagnies gazières nationales ripostent en prévoyant de financer de leur poche l’installation de systèmes à base de gaz dans les nouvelles constructions, selon le quotidien économique Calcalist. Elles vont également lancer une campagne pour expliquer les avantages du gaz par rapport à l’électricité, qui peut être sujette à des coupures de courant.

Udi Adiri, directeur général du ministère de l’Energie. (Capture d’écran : YouTube)

Concernant le potentiel de nouveaux emplois, M. Adiri a cité une étude publiée en juillet par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui montre comment l’investissement dans l’efficacité énergétique pourrait contribuer à la relance de l’économie et stimuler l’emploi dans les secteurs de l’électricité, des transports, de la construction, de l’industrie et des carburants.

Le ministère veut que le gouvernement approuve le nouveau plan, a indiqué M. Adiri, ajoutant que le programme serait prêt dès qu’un budget de l’État serait adopté. « Ce sont des choses qui peuvent être mises en œuvre un mois après qu’une décision soit prise », a-t-il assuré.

Un coût d’un milliard de shekels

Le programme prévoit la budgétisation de 700 millions de shekels entre l’année prochaine et 2025 pour un fonds de subventions pour l’efficacité énergétique et de 300 millions supplémentaires sur la même période pour financer des projets dans d’autres ministères.

Notant le succès d’un fonds de prêt que le ministère a mis en place avec la loterie nationale pour encourager les autorités locales à passer aux énergies renouvelables, la proposition demande qu’un fonds de prêts similaire soit établi avec l’argent du gouvernement.

Panneaux solaires produisant de l’électricité. (Danny Shechtman)

« Nous ne pouvons pas ne pas agir », a souligné le directeur du ministère de l’Environnement. « Selon mon expérience, quand il y a un bon programme qui est largement accepté, il finira par être mis en œuvre. Nous sommes en train de négocier avec le ministère des Finances, mais nous ne pourrons pas obtenir de financement pour le programme tant qu’il n’y aura pas de budget de l’État ».

Il a ajouté qu’une partie de l’argent avait été fournie en septembre lorsque le gouvernement a approuvé la dépense de 11 milliards de shekels pour une série de besoins urgents.

Certains des éléments du programme ont déjà été rendus publics, parmi lesquels un cadre pour faire progresser la construction économe en énergie, publié en octobre, et une décision d’augmenter l’objectif du gouvernement en matière d’énergie renouvelable d’ici 2030 de 17 % à 30 %.

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