Les tests sérologiques vont commencer à Bnei Brak avant un dépistage national
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Les tests sérologiques vont commencer à Bnei Brak avant un dépistage national

Un programme pilote sera mis en place dans la ville durement touchée, en prévision de tests sanguins généralisés, par crainte d'une deuxième vague de contamination au Covid-19

Des gens portent des masques faciaux pour se protéger contre la propagation du coronavirus à Bnei Brak, 3 avril 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)
Des gens portent des masques faciaux pour se protéger contre la propagation du coronavirus à Bnei Brak, 3 avril 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministère de la Santé s’apprêtait lundi à lancer un test sérologique dans la ville de Bnei Brak, frappée par le virus, à titre de projet pilote, en prévision d’une campagne nationale de dépistage visant à déterminer le risque d’une éventuelle deuxième vague de Covid-19.

Selon une version non définitive de la proposition publiée par le site d’information Ynet, le plan a reçu le feu vert du leader influent, le rabbin Chaim Kanievsky. La Health maintenance organization – HMO [groupe d’assurance médicale] du pays participera au projet, tout comme l’Institut de recherche Gertner, qui a réalisé l’étude épidémiologique à Bnei Brak ayant servi à déterminer si les crèches, les jardins d’enfants et les écoles pouvaient rouvrir.

Le Dr Boaz Lev, chef de l’équipe de traitement du coronavirus au ministère de la Santé en charge du projet pilote, a déclaré à Ynet que le plan consistait à effectuer 3 000 tests par jour pour créer une « carte de situation » du nombre de citoyens ayant été exposés au coronavirus.

« Les tests sérologiques ne montrent pas vraiment ce qui se passe en ce moment », a-t-il indiqué. « Les tests montrent plutôt combien de personnes ont déjà contracté le virus et développé des anticorps. Si je suis tombé malade il y a deux ou trois mois et que j’ai développé des anticorps, on peut le voir ».

Un enfant juif ultra-orthodoxe subit un test COVID-19 à Bnei Brak, le 31 mars 2020. (AP/Ariel Schalit)

Le programme pilote sérologique se concentrera sur trois groupes : les familles où il y a eu un cas vérifié, les familles sans symptômes vivant dans un bâtiment où vit un cas vérifié, et une sélection aléatoire de familles et d’individus dans la ville.

Au début du mois d’avril, Bnei Brak a été la première ville à être strictement confinée, ses habitants n’étant autorisés à quitter les limites municipales que pour travailler dans des secteurs clés ou pour être soignés.

Selon Ynet, il n’a pas encore été décidé si les tests auront lieu dans les HMO ou au domicile des personnes choisies pour faire partie de l’échantillon.

L’article a été publié après que le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman-Tov, a accordé une interview au New York Times dans laquelle il a déclaré que 100 000 tests sérologiques, obtenus auprès d’entreprises aux États-Unis et en Italie pour près de 40 millions de dollars, étaient en cours de préparation pour être utilisés par les cliniques de santé dans tout le pays dans les semaines à venir.

Un patient atteint par le coronavirus est vu pendant la prière du matin au centre médical Mayanei Hayeshua, Bnei Brak, Israël, 27 avril 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Le gouvernement espère qu’en effectuant des tests aussi étendus, il sera en mesure de déterminer si Israël approche de l’immunité collective ou s’il n’est pas préparé à une résurgence du virus.

Les tests seront réalisés dans tout le pays, mais une attention particulière sera portée aux villes ayant connu des taux élevés de contamination, comme Jérusalem.

« C’est la mission la plus importante : se préparer pour la prochaine vague, surtout une vague en hiver. Heureusement, le Covid-19 est apparu ici pendant la saison post-grippe. Mais nous ne pouvons pas présumer qu’il n’y aura pas de prochaine vague ou qu’elle aura lieu en été », a expliqué Moshe Bar Siman-Tov au Times.

Le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman Tov, lors d’une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 mars 2020. (Flash90)

Il a déclaré que si seul un faible pourcentage d’Israéliens était porteur d’anticorps contre le Covid-19, cela pourrait indiquer que le système de santé du pays pourrait être débordé lors d’une future épidémie.

Selon le quotidien Haaretz, qui faisait initialement état du programme pilote à Bnei Brak, l’adjoint de Moshe Bar Siman-Tov, Itamar Grotto, a fait savoir la semaine dernière à la commission Corona de la Knesset que « les tests sérologiques ne peuvent pas être utilisés à des fins de traitement individuel, car nous ne savons toujours pas si une personne qui développe des anticorps s’est remise de la maladie et si elle n’est plus contagieuse ».

« Les tests seront principalement utilisés pour étudier l’exposition du public, que ce soit chez les enfants ou les adultes », a-t-il précisé. « Cela nous aidera à suivre la prévalence de la maladie. Ces tests nous permettront de localiser les personnes qui ont été contaminées mais n’ont pas développé de symptômes, et de cette façon, nous pourrons avoir une meilleure vision de la situation ».

Les experts de santé du monde entier ont considéré les tests d’anticorps comme un moyen acceptable de déterminer les politiques de confinement et utile à des fins de surveillance, même si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas encore déclaré que les anticorps signifient nécessairement que leur porteur est immunisé contre une recontamination.

Un membre de l’équipe médicale du Magen David Adom, portant un équipement de protection, manipule un test de coronavirus effectué sur un patient à Jérusalem, le 17 avril 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Malgré de nombreux cas de réinfection – dont au moins deux cas en Israël – et le fait que l’OMS ait annoncé le mois dernier qu’il n’y avait aucune preuve que les personnes guéries du Covid-19 et qui ont des anticorps soient protégées contre une seconde contamination, la plupart des experts disent que ces cas sont probablement dus à des problèmes liés au dépistage.

Certains experts du monde entier, dont un haut fonctionnaire de l’Organisation mondiale de la santé, ont affirmé que les signalements de patients réinfectés étaient des faux positifs, les tests détectant des fragments de virus morts.

Le Dr Yair Schindel, membre du groupe de travail Covid-19 du ministère de la Santé, a déclaré au Times qu’il pensait que la prochaine campagne nationale de dépistage en Israël pourrait contribuer à « répondre aux questions soulevées par l’OMS ».

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