L’étiquetage pourrait « nuire » aux relations UE-Israël, avertit Yuli Edelstein
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L’étiquetage pourrait « nuire » aux relations UE-Israël, avertit Yuli Edelstein

Dans une lettre au Parlement européen, le président de la Knesset met en garde contre "des conséquences profondes et négatives" concernant la paix entre Israël et ses voisins

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, préside une séance plénière de la Knesset, le 12 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, préside une séance plénière de la Knesset, le 12 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

La décision rendue par Cour européenne de justice cette semaine déterminant que l’étiquetage de produits fabriqués dans les implantations était une obligation légale pourrait nuire gravement aux relations entre Israël et l’Union européenne, a averti jeudi le président de la Knesset.

Dans une lettre adressée au président du Parlement européen, Yuli Edelstein a parlé d’une « bonne mesure de consternation et de déception » au sujet du verdict de la justice européenne.

« Je suis très inquiet que la décision du tribunal ne détériore les relations politiques et économiques entre Israël et l’Union européenne et n’aie des conséquences profondes et négatives en ce qui concerne les perspectives de paix entre Israël et ses voisins au Moyen-Orient », a fait savoir le président de la Knesset à son homologue.

Le verdict, rendu mardi par la plus haute instance judiciaire de l’UE, « applique un principe de deux poids deux mesures à l’égard d’Israël et des territoires disputés sous son  contrôle », a ajouté Yuli Edelstein. « Sur des dizaines de régions similaires du monde, je crois que seuls la Judée, la Samarie et le plateau du Golan sont soumis à de telles règles d’étiquetage ».

Les juges ont également « choisi de passer outre le lien profond et historique entre le peuple juif et toute la terre d’Israël », a-t-il écrit.

Le président du Parlement européen, David Sassoli, s’adresse aux journalistes en conférence de presse lors d’un sommet européen, à Bruxelles, le 17 octobre 2019 (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

Employant les termes bibliques désignant la Cisjordanie, Yuli Edelstein a avancé que la Judée et la Samarie ne devraient pas être considérées comme « occupées » par Israël « puisqu’elles n’ont jamais fait partie d’un autre pays ».

Le contrôle d’Israël sur ces territoires a été légitimé par la Déclaration Balfour, la résolution San Remo de 1920 et l’Article 80 Section 12 de la charte des Nations unies, a noté Yuli Edelstein, un vif opposant à la création d’un état palestinien et un fervent soutien du projet d’implantations israélien.

De plus, la Cour européenne a ignoré « l’invraisemblance » de rendre le plateau du Golan à la Syrie, a-t-il ajouté.

« Dans le même temps, le tribunal a ordonné un traitement différentié entre Arabes et Juifs reposant sur l’ethnicité en obligeant à ce que les produits alimentaires n’indiquent pas seulement ‘Cisjordanie’ ou ‘plateau du Golan’, mais qu’ils viennent d’une implantation juive — de peur que les consommateurs ne les prennent par erreur pour des produits arabes », a-t-il également déploré.

« En imposant cette obligation, le tribunal préjuge de l’issue des négociations entre Israéliens et Palestiniens, en contradiction avec la position de longue date de l’Union européenne — et de la communauté internationale dans son ensemble — selon laquelle les efforts et les discussions bilatéraux sont le seul moyen de résoudre le conflit ».

Edelstein a ajouté que le verdict accusait uniquement Israël d’enfreindre le droit international, mais n’a pas pris en compte « l’attitude de ses ennemis », soulignant que, cette semaine, les terroristes palestiniens à Gaza avaient tiré des centaines de roquettes sur des civils israéliens.

Ces « informations sélectives » sur lesquelles s’est appuyée la Cour pour rendre son jugement « donnera inévitablement lieu à un boycott des produits » issus des implantations, mais également d’Israël à proprement parler, a-t-il avancé.

« En faisant cela, le tribunal a sciemment adopté les arguments avancés depuis longtemps par le mouvement BDS, dont le projet extrémiste a pour but de détruire l’économie israélienne dans son ensemble afin de contraindre le pays à capituler face aux Palestiniens ».

S’il est appliqué, ce verdict « honteux » minimiserait la capacité de l’UE à occuper un rôle juste et objectif dans le processus de paix au Moyen-Orient, d’après Yuli Edelstein.

Barriques de vin dans un chai israélien dans l’implantation de Psagot, 11 février 2014. (AP/Dan Balilty)

En outre, il est « probable qu’il donne directement lieu à des problèmes dans la coopération économique d’Israël » avec les États membres de l’Union.

Yuli Edelstein a conclu sa lettre en appelant David Sassoli à faire en sorte que le Parlement européen et les Parlements de chaque État annoncent « leur opposition sans réserve à cette décision malheureuse ».

Selon une étude réalisée par une ONG pro-palestinienne basée à Bruxelles, seuls 10 % des vins en provenance des implantations israéliennes vendus dans les magasins européens sont actuellement étiquetés conformément à la politique de l’UE.

L’UE, quant à elle, a pris grand soin cette semaine de souligner qu’elle n’interdisait pas les produits des implantations et s’oppose aux boycotts et sanctions contre Israël.

« Les produits provenant des implantations en dehors des frontières internationalement reconnues, c’est-à-dire avant 1967, ne sont pas et ne seront pas bloqués à l’entrée de l’UE », a déclaré mercredi au Times of Israel un porte-parole de l’ambassade de l’Union à Ramat Gan.

Ces vives critiques du président de la Knesset se joignent à celles du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du ministre des Affaires étrangères Yisrael Katz, ainsi que du département d’État américain et de différents membres du Congrès.

« L’autre jour, l’Europe a décidé d’agir contre Israël, et de mettre des étiquettes sur les produits fabriqués ici », a dénoncé Benjamin Netanyahu mercredi. « Ils ne participent pas aux sanctions contre l’Iran, ils participent à celles contre Israël. Incroyable ! ».

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