« L’expulsion ou la mort » : Des dizaines de voitures vandalisées à Kafr Qassem
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« L’expulsion ou la mort » : Des dizaines de voitures vandalisées à Kafr Qassem

Le chef du Meretz s’en est pris à Netanyahu suite à ces vandalismes dans la ville arabe et a dénoncé le "racisme maladif" soutenu par ses partenaires politiques d'extrême-droite

"L’expulsion ou la mort" et une étoile de David tagués sur un véhicule à Kfar Qassem, le 25 mars 2020. (Police israélienne)
"L’expulsion ou la mort" et une étoile de David tagués sur un véhicule à Kfar Qassem, le 25 mars 2020. (Police israélienne)

Les pneus de dizaines de voitures ont été crevés et un certain nombre de véhicules ont été tagués dans un crime de haine présumé survenu dans la ville arabe israélienne de Kafr Qassem, dans le centre du pays, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les mots « L’expulsion ou la mort » ont été peints sur l’un des véhicules, tandis qu’un autre a été tagué avec une étoile de David.

La police a déclaré avoir ouvert une enquête suite à l’attaque.

Le vandalisme anti-arabe par des extrémistes juifs est devenu un phénomène courant en Cisjordanie, mais il est plus rare en Israël.

L’étoile de David taguée sur un véhicule dont les pneus ont été crevés à Kfar Qassem, le 25 mars 2020. (Police israélienne)

Ces incidents et ces attaques contre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie sont communément appelés des attaques « prix à payer », les auteurs affirmant qu’il s’agit de représailles à la violence palestinienne ou aux politiques gouvernementales considérées comme hostiles au mouvement des implantations.

Les arrestations des auteurs de ces violences sont extrêmement rares, et les groupes de défense des droits de l’homme déplorent que les condamnations le soient encore plus, la majorité des accusations de ce type étant abandonnées.

Le président du Parti sioniste religieux Bezalel Smotrich, à gauche, et le candidat Itamar Ben Gvir fêtent les résultats des élections au siège de la formation à Modiin lors de la soirée électorale, le 23 mars 2021. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Nombre de ces suspects juifs ont été représentés par l’avocat Itamar Ben Gvir, homme politique d’extrême droite élu à la Knesset lors des élections de mardi.

En réponse à l’attaque de cette nuit, le chef du parti Meretz, Nitzan Horowitz, a établi un lien direct entre les vandalismes et le succès du parti de Ben Gvir, rendu possible avec l’aide du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a travaillé d’urgence pour une fusion qui a garanti au parti de franchir le seuil électoral, aidant le Premier ministre pour former une coalition.

« Des dizaines de véhicules ont été tagués et leurs pneus crevés. Pour quelle raison ? Pourquoi ? Haine aveugle, racisme malade. Et ceux qui soutiennent cela sont les partenaires privilégiés du corrompu », a déclaré Horowitz, faisant référence à Netanyahu, jugé pour corruption présumée.

La violence d’extrémistes israéliens envers les Palestiniens a connu une recrudescence ces derniers mois à la suite de la mort d’Ahuvia Sandak, 16 ans, au cours d’une course-poursuite avec la police. La voiture dans laquelle se trouvait Sandak a eu un accident alors qu’il était poursuivi avec d’autres jeunes, accusés d’avoir lancé des pierres sur des Palestiniens.

Le chef du parti du Meretz, Nitzan Horowitz, vote dans un bureau de vote de Tel Aviv, lors des élections à la Knesset, le 23 mars 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dimanche, à Jérusalem, un garçon de 17 ans a été inculpé pour homicide involontaire pour avoir prétendument attaqué un chauffeur de minibus arabe qui, en tentant de fuir, a percuté et tué un homme.

Le suspect est accusé d’avoir jeté des pierres sur le minibus conduit par Ibrahim Hamed et d’avoir ouvert la portière du véhicule alors que d’autres criaient « Arabe, arabe » et « On va le tuer ». Alors qu’il tentait de fuir l’agression, Hamed a percuté Itamar Ben Abu, 47 ans, le tuant.

Vendredi dernier, un village palestinien à proximité de Jérusalem a été vandalisé dans une attaque présumée de haine.

Des habitants de Beit Iksa ont retrouvé deux véhicules endommagés et un graffiti en hébreu sur un mur des environs. Le graffiti sur le mur indiquait : « Salutations d’Ahuvia », avec une étoile de David à côté.

Plus tôt ce mois-ci, une dizaine de personnes masquées, prétendument des habitants d’implantations, ont agressé et jeté des pierres sur une famille palestinienne en Cisjordanie, lors d’une attaque que la famille a filmée.

Un membre de la famille Alyan après une attaque présumée d’habitants d’implantation masqués, au sud de Hébron, en Cisjordanie, le 13 mars 2021. (Crédit : BTselem)

En février, un jeune Israélien de 17 ans, résident de Cisjordanie, a été mis en examen pour des attaques contre des maisons et des biens palestiniens. L’accusé aurait lancé des grenades assourdissantes dans deux maisons, alors que les familles dormaient à l’intérieur, selon la police.

En compagnie de sept autres personnes impliquées, l’accusé aurait également jeté des pierres sur quatre maisons et véhicules, causant des dégâts. Un Palestinien de 61 ans a été blessé au front par du verre brisé, tandis que sa fille de 17 ans a souffert d’une grave crise d’angoisse et de vertiges.

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