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Liban : la Ligue arabe plaide pour la démission de George Kordahi

Mais pour le numéro deux du puissant mouvement terroriste du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, c'est "à l'Arabie saoudite de s'excuser"

Sur cette photo d'archives prise le 13 septembre 2021, le ministre libanais de l'Information George Kordahi s'exprime lors d'une conférence de presse au palais présidentiel de Baabda, à l'est de la capitale Beyrouth. (Crédit :  ANWAR AMRO / AFP)
Sur cette photo d'archives prise le 13 septembre 2021, le ministre libanais de l'Information George Kordahi s'exprime lors d'une conférence de presse au palais présidentiel de Baabda, à l'est de la capitale Beyrouth. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)

Un émissaire de la Ligue arabe qui a entamé une médiation dans la crise diplomatique entre le Liban et l’Arabie saoudite a plaidé lundi à Beyrouth pour la démission du ministre libanais à l’origine de la brouille.

L’Arabie saoudite a rappelé fin octobre son ambassadeur à Beyrouth et expulsé l’ambassadeur libanais, à la suite de propos du ministre de l’Information George Kordahi critiquant l’intervention militaire de Ryad au Yémen et défendant les rebelles Houthis pro-iraniens dans ce pays.

Le royaume a également arrêté les importations en provenance du Liban. Trois autres pays du Golfe, Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Koweït, ont pris des mesures de rétorsion à l’égard de Beyrouth.

« Il est clair que la démission du ministre peut désamorcer la crise », a déclaré le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe Hossam Zaki, qui a rencontré les principaux responsables libanais.

« Nous devons obtenir plus d’assurances que cette mesure peut être appliquée », a ajouté le responsable arabe qui a rencontré le président Michel Aoun, le Premier ministre Najib Mikati et le chef du Parlement Nabih Berri.

« Tout le monde comprend qu’il y a une crise et la plupart savent comment la régler (…) mais personne n’a effectué un seul pas dans cette direction », a déploré M. Zaki.

M. Kordahi, soutenu par le Hezbollah pro-iranien, refuse de démissionner, bien que le Premier ministre Nagib Mikati l’ait appelé implicitement à le faire.

L’affaire prend l’allure d’un bras de fer au sujet du Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise, qui est armé et financé par l’Iran chiite, grand rival régional de l’Arabie saoudite sunnite.

Le chef de la diplomatie saoudienne, Fayçal ben Farhan, avait déclaré que « le problème va bien au-delà des simples commentaires d’un ministre » et dénoncé « l’hégémonie du Hezbollah sur le Liban ».

Le général Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, parle dans le quartier de Ghobeiry du sud de Beyrouth, le 13 mai 2016. (AFP Photo/Stringer)

Les responsables du Hezbollah ont intensifié leurs attaques verbales contre le royaume depuis le début de la crise. Le numéro deux du puissant mouvement terroriste chiite libanais, cheikh Naïm Qassem, a même déclaré dimanche que c’était « à l’Arabie saoudite de s’excuser ».

La reprise du dialogue entre l’Iran et l’Arabie saoudite, deux puissances régionales au Moyen-Orient, dépend par ailleurs du « sérieux » de Ryad, a affirmé lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.

Lancées sous la présidence de Hassan Rouhani et rendues publiques pour la première fois en avril 2021, les discussions entre les deux principaux rivaux régionaux se sont tenues à quatre reprises sous les auspices de l’Irak.

Le dernier round de dialogue entre les deux pays a eu lieu le 21 septembre.

« Les discussions n’ont pas été coupées mais après le quatrième round il n’y a pas eu de nouvelles rencontres en présentiel »,a déclaré Saïd Khatibzadeh. « Leur avancement dépend du désir de Ryad d’aller au-delà des déclarations médiatiques. »

« Si nous constatons plus de sérieux de la part de l’autre partie, il y aura un nouveau tour des pourparlers », a-t-il précisé.

La République islamique d’Iran, chiite, et le royaume sunnite d’Arabie saoudite, dont les relations diplomatiques sont rompues depuis janvier 2016, s’accusent mutuellement de déstabiliser le Moyen-Orient.

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