Liberman : Netanyahu a peut-être fait « suivre ma famille », Regev est un « animal »
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Liberman : Netanyahu a peut-être fait « suivre ma famille », Regev est un « animal »

Dans une interview au vitriol, le chef d'Yisrael Beytenu a également traité le ministre des Affaires étrangères Katz de "menteur pathétique"

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Avidgor Liberman, le président d'Yisrael Beytenu, s'exprime lors d'un meeting du parti à Neve Ilan, à l'ouest de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Avidgor Liberman, le président d'Yisrael Beytenu, s'exprime lors d'un meeting du parti à Neve Ilan, à l'ouest de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Avidgor Liberman, le dirigeant du parti Yisrael Beytenu, a lancé une grande offensive contre le parti du Likud et Benjamin Netanyahu. Le député a affirmé que le Premier ministre aurait pu le faire suivre lui et sa famille par des enquêteurs privés afin de l’intimider.

Liberman a également tenu des propos cinglants sur des ministres du Likud, traitant la ministre de la Culture et des Sports Miri Regev « d’animal » et qualifiant le ministre des Affaires étrangères de « menteur pathétique », dans des extraits publiés lundi d’un entretien qu’il a donné au journal Maariv.

En réponse, Regev a dit que Liberman est l’homme le plus détesté d’Israël, à cause de la crise politique dans laquelle il a conduit le pays.

« Le problème de Bibi est que dès que l’on a une démarche ou attitude différente de la sienne, et que cela va à l’encontre de ses intérêts, on devient immédiatement un ennemi personnel, a dit Liberman au sujet de Netanyahu. On vous accuse immédiatement de haïr le Premier ministre, d’être un gauchiste, de vouloir le faire tomber. Ils ignorent les faits. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime pendant l’ouverture de la 22e Knesset à Jérusalem, le 3 octobre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Je ne serais pas surpris si Netanyahu et ses gens avaient eu recours à des enquêteurs privés contre moi et ma famille, a-t-il ajouté. C’est comme cela qu’ils vous intimident. Malheureusement, Bibi est incapable de comprendre des concepts comme l’amitié ou la loyauté. »

Liberman s’en est ensuite pris à Regev, se moquant d’une interview de 2015 où elle s’était vantée de n’avoir jamais rien lu de l’écrivain et dramaturge russe Anton Tchékov, considéré comme l’un des meilleurs auteurs de nouvelles.

Liberman a dit que Zeev Jabotinsky, un leader sioniste russe juif qui a eu une forte influence sur les pères fondateurs du parti du Likud, « exploserait » s’il devait « entendre pendant une minute Miri Regev, qui est fière de n’avoir jamais lu un livre de Tchékov ».

« C’est une insulte au Peuple du Livre, a-t-il dit. Voilà ce qui arrive quand on prend un animal et qu’on le met au ministère de la Culture. »

Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, assiste à une réunion du comité de la Culture, des Sports et de l’Education à la Knesset, le 2 juillet 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Selon Liberman, le parti du Likud d’aujourd’hui est formé d’une « série de magouilleurs », dont le ministre des Affaires étrangères Yisrael Katz, qu’il a qualifié de « menteur pathétique ».

« Pour eux, a-t-il affirmé, le Likud est seulement un tremplin pour une carrière politique personnelle. »

L’intégralité de l’entretien de Liberman sera publiée par Maariv mardi, la veille de Yom Kippour.

Le très à droite parti Yisrael Beytenu de Liberman était un partenaire naturel de coalition avec le Likud jusqu’aux élections d’avril de cette année, quand Liberman a refusé de rejoindre une coalition menée par Netanyahu en raison d’une impasse politique avec les partis ultra-orthodoxes. Le Likud a accusé Liberman de faire délibérément entrave à Netanyahu pour servir ses propres intérêts politiques.

Sans le soutien de Liberman, Netanyahu n’a pas pu former une coalition. Il a ensuite dissolu le parlement pour empêcher son principal rival, Benny Gantz, le chef du parti Kakhol lavan, d’avoir une chance de devenir Premier ministre. Les nouvelles élections tenues en septembre n’ont fait que renforcer l’ampleur de ce blocage politique.

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 24 juin 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Liberman, qui lors du deuxième scrutin de 2019 a vu son parti passer de cinq à huit sièges à la Knesset, a appelé, à de nombreuses reprises, à un large gouvernement d’unité incluant le Likud, Yisrael Beytenu et Kakhol lavan.

Netanyahu a reçu la mission de former une coalition mais a focalisé ses efforts pour faire entrer ses partenaires de droite et ultra-orthodoxes dans un gouvernement avec Kakhol lavan, tout en marginalisant Liberman. La semaine dernière, une rencontre entre Netanyahu et Liberman, qui visait à discuter d’un possible accord de coalition, s’est terminée après seulement une heure, sans résultats.

En réaction aux commentaires de Liberman, la ministre de la Culture Regev a commenté : « Aujourd’hui, si vous demandez dans la rue qui est la personne la plus détestée, quelle est la personne qui au cours de l’année écoulée nous a a fait le plus de mal en nous mettant dans le chaos politique, qui est responsable de la division culturelle en Israël, tout le monde vous répondra Liberman. »

Dans un communiqué, le bureau de Katz a déclaré que « Liberman est furieux parce que ses mensonges ont été mis à jour ».

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