Liberman reporte la suppression des allocations pour la garde des enfants
Rechercher

Liberman reporte la suppression des allocations pour la garde des enfants

Les ministres des Finances et de l'Économie ont dit que cette politique, qui touche les 'haredim et que ces derniers ont dénoncé, n'entrera pas en vigueur avant le 1e novembre

Des employés nettoient une salle de la crèche d'Emunah, dans la ville de Modiin, le 7 mai 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Des employés nettoient une salle de la crèche d'Emunah, dans la ville de Modiin, le 7 mai 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Une initiative controversée visant à mettre un terme au versement des allocations pour la garde des enfants aux familles dont le père étudie à plein-temps dans une yeshiva a été repoussée de plusieurs mois, ont annoncé les ministères des Finances et de l’Économie mercredi.

La politique, qui devrait mettre un terme au versement des allocations à environ 18 000 foyers – ultra-orthodoxes, pour la plupart – n’entrera en vigueur que le 1er novembre, a noté un communiqué conjoint du ministre des Finances Avigdor Liberman et de la ministre de l’Économie Orna Barbivai. Elle devait initialement être appliquée dès la prochaine rentrée scolaire.

« Les ministres de l’Économie et des Finances ont décidé d’accorder deux mois supplémentaires de manière à ce que le système de l’éducation, le marché de l’emploi et les familles puissent se préparer à la décision prise de changer les critères des familles qui sont éligibles aux allocations versées pour la garde des enfants », a dit le communiqué.

Cette initiative a été décidée par Liberman, à la tête du Trésor, qui s’est attiré les critiques furieuses des politiciens ultra-orthodoxes. Liberman a tenté d’amoindrir l’influence politique des ultra-orthodoxes et il s’efforce de mettre en terme aux avantages particuliers octroyés aux ‘haredim par le gouvernement.

Dans un communiqué distinct qui a été diffusé mercredi, le ministère des Finances a précisé que la décision prise mercredi ne changerait pas le moment choisi par Liberman pour allouer sans attendre la somme de 55 millions de shekels – prélevée sur le budget des allocations pour la garde des enfants – à des initiatives de lutte contre les violences conjugales.

Au total, ces allocations particulières coûteraient 1,2 milliard de shekels à l’État par an, et un tiers seraient remises à des familles dont le père étudie à plein-temps dans un établissement religieux.

Liberman avait annoncé, la semaine dernière, qu’il ne modifierait que les allocations versées pour les frais de garde des enfants jusqu’à l’âge de trois ans, et qu’environ 21 000 enfants d’étudiants à plein-temps dans les yeshivot étaient concernés.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman lors de la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juillet 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Liberman avait expliqué que ce type d’allocation ne serait dorénavant versé que si les deux parents de l’enfant concerné travaillaient au moins 24 heures par semaine. Actuellement, seules les mères doivent répondre à ce critère pour qu’une famille puisse revendiquer l’allocation mensuelle à hauteur de mille shekels – les pères étant exemptés de cette obligation s’ils font des études.

Liberman a affirmé que cette initiative profiterait in fine à la communauté ultra-orthodoxe, même si elle entraînait l’ire de ses représentants, en les encourageant à rejoindre le marché du travail pour toucher ces allocations.

Cette décision de Liberman – qui est à la tête du parti laïc de droite Yisrael Beytenu – a entraîné une certaine consternation dans la coalition, dont de nombreux membres espéraient encore que les formations ‘haredi du Shas et de Yahadout HaTorah finiraient par rejoindre l’alliance au pouvoir pour s’assurer d’un accès continu aux fonds publics qui sont alloués à leurs électeurs par le biais d’importantes allocations.

A LIRE : Les partis ‘haredi sont dans l’opposition, mais pour combien de temps ?

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...