Liberman s’oppose à la libération anticipée pour les condamnés à vie
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Liberman s’oppose à la libération anticipée pour les condamnés à vie

Une politique viserait à établir une libération conditionnelle pour les Palestiniens ayant écopé d'une peine de prison à vie par les tribunaux militaires en Cisjordanie

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

photo illustrative d'un prisonnier palestinien (Tsafrir Abayov / Flash90)
photo illustrative d'un prisonnier palestinien (Tsafrir Abayov / Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a promis dimanche de bloquer la libération anticipée des terroristes condamnés, se plaçant en porte-à-faux avec l’armée qui chercherait à établir une commission de libération conditionnelle pour les Palestiniens ayant écopé d’une peine de prison à vie de la part des tribunaux militaires en Cisjordanie.

Les propos de Liberman sont venus répondre à un article paru dans le Yedioth Ahronoth selon lequel dans les prochaines jours, l’armée israélienne rendra publics les détails d’une ordonnance d’établissement de cette commission de conseil, ce qui nécessitera un changement dans la loi.

Cette initiative a pour objectif de mettre le système des prisons militaires en conformité aves les prisons civiles où les détenus ont accès à des audiences devant des commissions de libération conditionnelle.

« Tant que je serai ministre de la Défense, aucun terroriste ne verra jamais sa peine raccourcie ne serait-ce que d’une heure », a-t-il commenté.

Les Palestiniens qui commettent des crimes et notamment des attaques contre les Israéliens en Cisjordanie sont jugés par des tribunaux militaires. Le système judiciaire est placé sous la juridiction de l’armée et opère indépendamment des tribunaux civils israéliens.

Même si le chef du commandement central de l’armée a le pouvoir de décider d’une libération conditionnelle, il ne fait pas l’exercice de cette autorité et même si cette nouvelle commission devait être établie, il conserverait la prérogative d’avoir le dernier mot, a dit l’article.

L’armée israélienne a expliqué dans un communiqué au Yedioth que « récemment, une ordonnance a été signée déterminant que les demandes de liberté conditionnelle soumises au chef du commandement central par des prisonniers condamnés à vie devant une cour martiale seront prises en considération par une commission de conseil dirigée par un juge militaire avant d’être présentées au commandant ».

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman prend la parole lors d’une conférence de presse le 19 juillet 2018. (Flash90)

La composition de cette commission et sa méthode d’opération seront similaires aux commissions décidant des requêtes de libération conditionnelle pour les condamnés à vie civils, a ajouté le communiqué.

Dans le passé, les Palestiniens condamnés à vie par des tribunaux militaires ne pouvaient bénéficier d’une libération anticipée que dans le cadre d’un accord d’échange de détenus ou autres, décidés par les dirigeants politiques israéliens.

Il y a des douzaines de terroristes condamnés qui purgent actuellement des peines de prison à vie en Cisjordanie.

Ce changement de politique au sein de l’armée israélienne a été mis en exergue au cours du réexamen par la Haute cour de justice d’un terroriste palestinien qui réclamait une libération anticipée après 30 ans de prison, a fait savoir l’article.

Le Palestinien, qui avait été condamné pour le meurtre, en 1988, de l’Israélien Ziva Goldovsky, 18 ans, a affirmé être discriminé dans la mesure où – contrairement aux condamnés civils en Israël – il n’avait pas accès à une commission de libération conditionnelle. Même s’il a suivi un programme de réintégration en prison, plusieurs requêtes qu’il avait présentées au commandement central de l’armée israélienne avaient été rejetées, a ajouté le journal.

Dans les prisons civiles, participer aux programmes de réintégration est un prérequis pour réclamer une libération anticipée.

Le tribunal, pour sa part, a préféré rejeter la plainte plutôt que de s’impliquer dans des affaires militaires mais l’armée a expliqué pendant les délibérations qu’elle cherchait à mettre en oeuvre un changement dans cette politique pour mettre sur pied une commission de libération anticipée, a poursuivi le journal.

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