L’incendie à B’Tselem probablement causé par un défaut électrique
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L’incendie à B’Tselem probablement causé par un défaut électrique

Les pompiers disent qu’un incendie volontaire est improbable, mais le directeur de l’organisation des droits de l’Homme affirme que les “incitations” sont toujours un danger

Incendie dans les locaux de B'Tselem, à Jérusalem, le 10 janvier 2016 (Crédit : Hagai Elad, B'tselem)
Incendie dans les locaux de B'Tselem, à Jérusalem, le 10 janvier 2016 (Crédit : Hagai Elad, B'tselem)

Le feu qui a ravagé les bureaux de Jérusalem de l’organisation des droits de l’Homme B’Tselem dimanche soir a probablement été causé par un défaut électrique, ont indiqué les pompiers lundi, écartant les affirmations selon lesquelles le feu était du à un incendie volontaire.

« A la lumière de l’enquête préliminaire menée par l’équipe spéciale d’investigation du service de lutte contre le feu et de secours de Jérusalem, l’hypothèse la plus probable est celle d’un départ de feu à la suite d’un défaut dans le système électrique du bureau », a déclaré un porte-parole des pompiers.

Le commandant des pompiers du district de Jérusalem a déclaré à la radio militaire que les enquêteurs attendaient toujours le verdict de l’ingénieur électrique, mais qu’il était « raisonnable de supposer », du fait que le feu a commencé dans un plafond acoustique, que la cause est un court-circuit électrique.

Moshé Lazari, enquêteur sur les incendies, a déclaré à la radio que la possibilité d’un court-circuit électrique était étudiée, bien que les investigations soient en cours et qu’aucune conclusion définitive n’a été atteinte. Il a déclaré qu’il espérait que l’enquête serait terminée lundi ou mardi.

Lazari a déclaré que l’équipe d’investigation n’avait trouvé ni graffiti, ni repéré de matériel inflammable, des indices qui avaient mené la police aux auteurs d’extrême-droite d’un incendie volontaire de l’école judéo-arabe Main dans la main de Jérusalem, en novembre 2014.

La police attendait le rapport des pompiers avant d’annoncer ses conclusions, a déclaré un porte-parole.

« Nous respirons librement à nouveau après l’annonce par les pompiers qu’en toute probabilité, il y a eu un court-circuit électrique, a déclaré B’Tselem dans un communiqué. Nous retournons à la normale. »

Des rapports précédents annonçaient que la vitesse à laquelle le feu s’était étendu soutenait les suspicions d’incendie volontaire.

Les bureaux du premier étage de B’Tselem étaient vides au moment où le feu a débuté, et il n’y a pas eu de blessé là-bas. Cependant, un chantre d’une synagogue au quatrième étage du bâtiment a été emmené à l’hôpital Hadassah, dans le quartier d’Ein Kerem. Il a souffert d’inhalation de fumée, et ses blessures sont décrites comme « très légères ».

Le feu a commencé à 22h00 dimanche soir. Eyal Cohen, le commandant de la brigade des pompiers de Jérusalem, a déclaré que six équipes de pompiers avaient réussi à vaincre les flammes avec une grue.

La police a ordonné que les bureaux restent fermés lundi jusqu’à ce que les enquêteurs aient examiné les locaux, et un officier de sécurité a été posté à l’entrée de l’immeuble. Ces derniers mois, à cause de plusieurs menaces, l’entrée des bureaux a été gardée de temps en temps.

Tard dimanche, quand les évaluations indiquaient toujours un incendie volontaire, B’Tselem avait déclaré que malgré l’incident, ils ne seraient pas dissuadés. « Naturellement, les dommages de nos bureaux ne feront pas cesser notre travail de documentation et d’exposition des violations des droits de l’Homme sous l’occupation », a déclaré le groupe dans un communiqué.

Hagai El-Ad (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hagai El-Ad (Crédit : capture d’écran YouTube)

Hagai El-Ad, le directeur de B’Tselem, a déclaré lundi matin que, sur des photos, il pouvait voir que les bureaux de l’organisation, et les bureaux adjacents de l’autorité israélienne des antiquités, avait été lourdement endommagés. « Je ne veux pas faire d’hypothèse, a-t-il déclaré. Nous ne dirons rien avant que les faits ne soient clairs ».

El-Ad a déclaré à la radio militaire que l’incendie ait été volontaire ou pas, il y a un « climat sévère et dangereux d’incitation [à la haine] contre les militants des droits de l’Homme et particulièrement des personnes et des organisations travaillant pour les droits de l’Homme en [Cisjordanie] ».

Alor que la critique est légitime, a-t-il continué, et son organisation accueille toute opportunité de mener un « débat de fond », des organisations comme B’Tselem sont persécutées, par un « climat » qui vient du bureau du Premier ministre, du ministère de la Justice et d’organisations de droite comme Im Tirtzu.

Le projet de loi de la ministre de la Justice, Ayalet Shaked, qui demande aux ONG de déclarer publiquement les financements de gouvernements étrangers, avance, après avoir été approuvé par la commission du cabinet fin décembre. Shaked a déclaré que la législation dévoilerait les incursions étrangères dans les affaires israéliennes.

En décembre, l’organisation de droite Im Tirtzu a diffusé une vidéo qui accuse les dirigeants des organisations des droits de l’Homme en Israël d’être des « taupes ».

El-Ad a également fustigé ce qu’il a appelé le « marketing de style James Bond » d’un reportage diffusé jeudi par l’émission d’investigation de la Deuxième chaîne, Uvda, dans lequel un important militant israélien des droits des Palestiniens a été enregistré déclarant qu’il aidait les autorités palestiniennes à trouver et tuer les Palestiniens qui vendent des terres aux juifs.

L’émission s’est concentrée sur un individu et ses activités révoltantes, a déclaré El-Ad, rejetant la labellisation par l’émission de Ta’ayush à l’extrême-gauche. « Il y a un groupe de personnes qui essaient vraiment d’aider les Palestiniens qui s’accrochent », a-t-il déclaré lundi.

L’équipe du Times of Israel et JTA ont contribué à cet article.

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