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L’Indiana adopte une loi définissant et interdisant l’antisémitisme dans les écoles

Si le Sénat l'adopte, l'antisémitisme sera défini comme une discrimination religieuse ; ses critiques craignent que ce texte ne serve à étouffer tout débat sur Israël

Chris Jeter, représentant de l'État de l'Indiana, demande aux législateurs de soutenir le projet de loi 1002, qui définit l'antisémitisme et interdit son enseignement dans les écoles de l'Indiana, le 18 janvier 2024. (Crédit : Isabella Volmert/AP)
Chris Jeter, représentant de l'État de l'Indiana, demande aux législateurs de soutenir le projet de loi 1002, qui définit l'antisémitisme et interdit son enseignement dans les écoles de l'Indiana, le 18 janvier 2024. (Crédit : Isabella Volmert/AP)

La Chambre des représentants de l’Indiana a adopté à l’unanimité jeudi un projet de loi qui définit l’antisémitisme comme une discrimination religieuse dans le code de conduite de l’éducation de l’État, reprenant un projet de loi similaire qui avait été rejeté par le Sénat de l’État.

Les partisans du projet de loi espèrent que les massacres perpétrés par le groupe terroriste du Hamas en Israël le 7 octobre et la guerre qui s’en est suivie contre le groupe terroriste auront entraîné un regain de soutien pour le projet de loi au cours de la présente session législative. Les législateurs, à travers tout le pays, utiliseront probablement les sessions législatives annuelles pour formuler diverses propositions symboliques et politiques autour de la guerre.

Les républicains de la Chambre des représentants de l’Indiana ont fait du projet de loi 1002 l’une de leurs cinq priorités pour la session de 2024. La législation – qui vise en grande partie les établissements universitaires – définirait l’antisémitisme comme une discrimination religieuse et « offrirait des possibilités d’éducation exemptes de discrimination religieuse ».

Les législateurs ont entendu, lors d’une audience de la commission ce mois-ci, des témoignages passionnés de dizaines de personnes, dont ceux de lycéens, d’étudiants de premier et de deuxième cycle de l’Indiana.

Les défenseurs du projet de loi ont déclaré que les cas d’antisémitisme ont augmenté sur les campus universitaires dans l’Indiana depuis l’attaque terroriste meurtrière du 7 octobre, lorsque 3 000 terroristes ont déferlé sur Israël depuis Gaza, tuant près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en kidnappant quelque 240 personnes pour les emmener de force dans la bande de Gaza, ou 136 s’y trouveraient encore, pas tous en vie.

Les partisans de la loi affirment qu’une définition pratique de l’antisémitisme dans le code de l’éducation de l’État était déjà nécessaire bien avant le 7 octobre. Les opposants au projet de loi craignent qu’il ne soit utilisé pour réduire au silence le soutien aux Palestiniens et les critiques à l’égard d’Israël.

Des manifestants devant la Chambre des représentants de l’Indiana contre le projet de loi 1002, qui définit l’antisémitisme et interdit son enseignement dans les écoles de l’Indiana, le 18 janvier 2024, à Indianapolis. (Crédit : Isabella Volmert/AP)

La formulation actuelle du projet de loi stipule que « les critiques contre Israël similaires à celles formulées à l’encontre de tout autre pays » ne sont pas considérées comme de l’antisémitisme. Ses détracteurs estiment toutefois que cette disposition est vague et qu’elle ne protégera pas suffisamment les étudiants, les professeurs et les autres personnes qui critiquent les opérations militaires d’Israël à Gaza, où le ministère de la Santé, dirigé par le Hamas, affirme que plus de 24 000 personnes ont été tuées depuis le 7 octobre.

Les chiffres du groupe terroriste ne peuvent être vérifiés de manière indépendante et incluraient à la fois des civils et des terroristes du Hamas tués à Gaza, certains à la suite de tirs de roquettes mal lancés par le groupe terroriste lui-même. Tsahal affirme avoir tué plus de 9 000 terroristes à Gaza, en plus d’un millier de terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre.

Une trentaine de personnes se sont rassemblées à l’extérieur de la Chambre des représentants jeudi pour protester contre la mesure, et un manifestant a été expulsé de la tribune avant le vote.

Yaqoub Saadeh, 21 ans, président de l’association des étudiants du Moyen-Orient à l’université d’Indiana – Purdue à Indianapolis, a déclaré que la législation porterait atteinte à la liberté académique et à sa capacité à s’exprimer contre Israël.

« En tant qu’étudiant, je ne devrais pas me sentir censuré, attaqué ou harcelé », a-t-il déclaré.

La Chambre des représentants a adopté à l’unanimité un projet de loi reprenant le même libellé que celui de la session législative de 2023. Le projet de loi 2024 va être soumis au Sénat, où il n’a pas été examiné par une commission l’année dernière.

Le président de la Chambre des représentants, le républicain Todd Huston, a déclaré aux journalistes jeudi qu’il était « ravi » de ce vote unanime.

« Nous nous réjouissons de ce que la Chambre a fait et nous nous en remettons à nos collègues du Sénat », a-t-il déclaré.

Le président du Sénat, le républicain Rodric Bray, a fait savoir que son groupe parlementaire examinerait le projet de loi s’il était soumis à son assemblée.

« Le monde est un peu différent de ce qu’il était l’année dernière », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse le 11 janvier.

Illustration : Un soldat se préparant à retirer les corps d’Israéliens tués lors de l’attaque de terroristes palestiniens, à Kfar Azza, dans le sud d’Israël, à la frontière de la bande de Gaza, le 10 octobre 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Des législateurs démocrates et républicains – qui agissant parfois de concert – de huit États du pays au moins ont introduit des mesures visant à définir l’antisémitisme. Certaines de ces mesures ont été introduites après le massacre du 7 octobre.

D’autres étaient à l’ordre du jour depuis longtemps : l’Arkansas a adopté un tel projet de loi au début de l’année dernière, ainsi que les chambres législatives de Géorgie et de Caroline du Sud. Des projets de loi sont également en cours en Floride, au Massachusetts, dans le New Jersey et dans le Dakota du Sud, entre autres.

Les législateurs ont également introduit des dizaines de résolutions condamnant l’assaut meurtrier du 7 octobre et soutenant Israël. Certains ont proposé des projets de loi qui iraient plus loin. Par exemple, une mesure proposée en Floride obligerait les étudiants qui « font campagne en faveur d’une organisation terroriste étrangère » à payer des frais de scolarité dans les universités publiques en dehors de l’État. Les législateurs du New Jersey ont proposé de rembourser les résidents de l’État qui ont quitté Israël après les attentats.

Dans l’Iowa, une résolution visant à réaffirmer le soutien à Israël a été adoptée par simple « voice vote » (vote à voix haute) jeudi à la Chambre des représentants, tout comme dans d’autres États. Le texte, rédigé par des républicains, condamne le groupe terroriste du Hamas et déclare qu’Israël devrait « s’opposer à toute tentative de pression pour imposer un cessez-le-feu avant que l’État d’Israël n’ait pu assurer sa sécurité ».

Le représentant de l’État, Sami Scheetz, un Américain d’origine syrienne et palestinienne dont la circonscription comprend Cedar Rapids, dans l’Iowa, a déclaré que la résolution ne changerait pas l’issue du conflit. Scheetz a déclaré qu’il avait voté contre la résolution que la majorité républicaine « hyper-partisane » avait présentée sans aucune consultation avec les démocrates.

« Cette loi ne mènera pas à une paix durable », a affirmé Scheetz, citant en exemple les chiffres faisant état de plus de 24 000 Palestiniens tués et de millions d’autres déplacés. « Les élus républicains ont préféré être partisans et exclure la paix, la justice et la non-violence pour tous », a ajouté Scheetz.

En 2022, l’Iowa a adopté une loi qui inscrit la définition de l’antisémitisme dans le code de l’État. La résolution adoptée jeudi par la Chambre des représentants appelle les forces de l’ordre à « rester vigilantes » pour protéger les Américains d’origine israélienne.

Le Sénat du Dakota du Sud a approuvé jeudi une résolution affirmant le soutien de la législature contrôlée par les républicains à Israël, quelques jours après l’adoption de la mesure par la Chambre, toutes deux avec un soutien écrasant

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