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L’Iran accuse le Mossad de diriger des opérations secrètes contre lui

Des responsables israéliens auraient admis le rôle de leur agence de renseignement dans la révélation d'un complot d'assassinat sur des dissidents iraniens au Danemark

Le ministre des affaires étrangères iranien  Mohammad Javad Zarif durant une réunion de promotion de l'élimination des armes nucléaires pendant l'Assemblée générale des Nations unies, le mercredi 26 septembre 2018 au siège de l'ONU (Crédit : AP Photo/Bebeto Matthews)
Le ministre des affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif durant une réunion de promotion de l'élimination des armes nucléaires pendant l'Assemblée générale des Nations unies, le mercredi 26 septembre 2018 au siège de l'ONU (Crédit : AP Photo/Bebeto Matthews)

Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé mercredi les services de renseignement israéliens du Mossad d’avoir mené des opérations secrètes dans le but de saper la réputation mondiale de la République islamique.

Cette plainte intervient après que des responsables israéliens ont déclaré que le Mossad a informé son homologue danois d’un complot des services de renseignements iraniens visant à tuer trois personnes appartenant à l’opposition iranienne vivant au Danemark.

L’Iran a nié être à l’origine de ces prétendus plans d’assassinat, révélés mardi par le Danemark, affirmant qu’il s’agit d’un complot européen contre lui.

“Les opérations secrètes perverses et obstinées du Mossad ne font que renforcer notre détermination à dialoguer de manière constructive avec le monde”, a écrit Mohammad Javad Zarif dans un tweet accompagné de photos de sa rencontre avec des responsables pakistanais, azerbaïdjanais et turcs.

Les accusations du Danemark contre l’Iran font suite au dévoilement d’un autre complot présumé iranien qui aurait pris pour cible un rassemblement à Paris organisé par un groupe d’opposition en juin. Selon des informations israéliennes, le Mossad a également contribué à contrecarrer cette attaque, ce qui a conduit à l’arrestation de plusieurs Iraniens en Europe, dont un diplomate.

Le président américain, Donald Trump, a invoqué le soutien de l’Iran au terrorisme dans le monde entier pour expliquer sa décision de se retirer de l’accord sur le nucléaire de 2015 et d’imposer de nouvelles sanctions, dont la plupart reprendront effet la semaine prochaine.

Mercredi, le Premier ministre danois a déclaré qu’il parlait avec des pays européens au sujet de sanctions éventuelles imposées à l’Iran pour le complot d’attaque présumé, ajoutant que rien ne devrait affaiblir l’accord nucléaire.

Ces propos ont été repris par l’Union européenne (UE), qui a joué un rôle clé dans la préservation de l’accord après l’annonce de départ de Trump en mai.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (à droite) et la chef de la politique étrangère de l’UE Federica Mogherini arrivant pour une conférence de presse à Téhéran, le 28 juillet 2015 (Crédit : AFP PHOTO / BEHROUZ MEHRI)

Le Danemark a annoncé mardi qu’il rappelait son ambassadeur en Iran après que le service de renseignement danois PET a accusé le service de renseignement iranien d’avoir planifié l’attaque.

L’ASMLA est un groupe séparatiste qui défend la création d’un État arabe dans une province du sud-ouest de l’Iran. Téhéran la qualifie d’organisation terroriste.

Un Norvégien d’origine iranienne a été arrêté le 21 octobre pour avoir prétendument planifié l’attaque et espionné pour le compte de l’Iran.

À la fin du mois de septembre, Téhéran a accusé le Danemark, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne d’avoir “accueilli plusieurs membres du groupe terroriste”. L’Iran tient pour responsable ce groupe d’un attentat perpétré dans la ville arabe à majorité ethnique d’Ahvaz, au sud-ouest du pays.

Cette photo prise le 22 septembre 2018 dans la ville d’Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran, montre des soldats blessés gisant sur le sol sur le lieu d’un attentat contre un défilé militaire marquant l’anniversaire du déclenchement de sa guerre dévastatrice de 1980-1988 avec Saddam Hussein. (Crédit : AFP / ISNA / Alireza Mohammadi)

L’attaque du 22 septembre, au cours de laquelle cinq commandos ont ouvert le feu sur un défilé militaire, a fait 24 morts.

Le groupe djihadiste de l’État islamique et un groupe arabe séparatiste ont revendiqué cet attentat. L’Iran a organisé plusieurs opérations en Irak et en Syrie en réponse.

Les accusations de Zarif contre le Mossad sont également apparues alors que la télévision israélienne a rapporté que l’infrastructure et les réseaux stratégiques iraniens avaient été attaqués ces derniers jours par un virus informatique similaire à Stuxnet, un virus découvert il y a environ huit ans et qui aurait été développé par les services de renseignement américains et israéliens.

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