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L’Iran revendique l’arrestation d’un « espion sioniste »

Selon le procureur, le suspect non identifié opérait en Iran en se présentant comme un homme d'affaires et visitait les pays voisins pour transmettre des informations et être formé

Des manifestants brûlent des représentations de drapeaux israéliens et américains lors du rassemblement annuel de la Journée d'Al-Quds à Téhéran, en Iran, le 7 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
Des manifestants brûlent des représentations de drapeaux israéliens et américains lors du rassemblement annuel de la Journée d'Al-Quds à Téhéran, en Iran, le 7 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Les autorités iraniennes ont arrêté un « espion sioniste » dans la province du sud de Kerman, selon une dépêche publiée mardi par l’agence de presse semi-officielle Tasnim.

L’agence a cité un procureur local qui a affirmé que le suspect était un agent du « service de renseignement sioniste », faisant ostensiblement référence au Mossad.

Le procureur a décrit le suspect comme agissant sous l’apparence d’un homme d’affaires qui avait fait des voyages à l’étranger, notamment dans un pays voisin, « dans le but de transmettre des informations et d’y recevoir une formation pour mener des actes de sabotage ».

Il a ajouté que l’espion présumé avait prévu de « porter atteinte à la sécurité » à Kerman avant d’être arrêté par des membres du Corps des gardiens de la Révolution islamique. Le suspect avait également prévu de rencontrer un agent israélien dans un pays voisin pour recevoir une nouvelle mission, a-t-il affirmé.

Selon les informations publiées, le suspect aurait communiqué avec ses agents de liaison israéliens depuis l’intérieur de l’Iran par le biais de technologies cryptées.

L’Iran prétend périodiquement avoir arrêté des personnes qu’il considère comme des espions pour le compte de pays étrangers, notamment les États-Unis et Israël, sans toutefois fournir de preuves à l’appui de ces affirmations.

Les dirigeants iraniens ont également affirmé récemment que l’agitation populaire dans le pays contre les mesures répressives prises par le régime à l’encontre des femmes était orchestrée par Israël et les États-Unis.

Le mois dernier, les médias iraniens ont rapporté l’arrestation par le régime d’une dizaine de membres du groupe religieux Bahai, accusés d’espionner pour le compte d’Israël.

Le département des renseignements généraux de la province de Mazandaran, dans le nord du pays, a affirmé dans un communiqué que deux des personnes arrêtées avaient été « formées » au centre Bahaï de Haïfa, en Israël, le siège mondial du groupe religieux.

Ils auraient formé et mis en place un réseau d’espions dans tout le Mazandaran.

La Communauté internationale bahaïe a déclaré que ces arrestations s’inscrivaient dans le cadre d’une campagne iranienne de répression contre les adeptes de la religion au cours du mois dernier, qui a comporté des arrestations, des passages à tabac, des démolitions de maisons et le refus d’accès à l’enseignement supérieur, entre autres mesures.

Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Asghar Zarean, montre des pièces qui, selon lui, ont été exportées vers le pays dans le but présumé de saboter et d’espionner les installations nucléaires iraniennes, à Téhéran, en Iran, le 1er septembre 2014. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Une semaine plus tôt, Amnesty International publiait un article indiquant que l’Iran avait intensifié sa persécution « impitoyable » des Bahaïs, soit la plus grande minorité religieuse non musulmane de la République islamique.

En août, l’Iran a arrêté plusieurs membres du groupe et les a accusés d’espionner pour Israël.

La religion bahaïe a été fondée en Iran au milieu du XIXe siècle. Son prophète, Bahaullah, a été exilé d’Iran et s’est rendu à Bagdad, puis en Turquie. Les autorités ottomanes, alors au pouvoir, l’ont emprisonné à Akko, dans l’actuel Israël.

En juillet, les médias iraniens ont rapporté qu’un réseau d’espionnage israélien présumé, composé de cinq personnes, avait été arrêté en Iran, la deuxième arrestation d’un tel groupe annoncée en l’espace d’une semaine.

Israël pourrait être à l’origine d’un certain nombre d’attaques en Iran ces dernières années, notamment le sabotage d’installations nucléaires et l’assassinat de l’ancien responsable du programme nucléaire du pays. Jérusalem n’a jamais revendiqué la responsabilité de ces incidents, mais des rapports font état de son implication.

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