L’Iran dénonce l’enquête de l’AIEA sur l’uranium dans le site signalé par Israël
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L’Iran dénonce l’enquête de l’AIEA sur l’uranium dans le site signalé par Israël

Téhéran exhorte l'agence atomique de l'ONU à "rester vigilant" alors qu'elle intensifie son enquête sur le site de Turquzabad qui, pour Netanyahu, est un "entrepôt nucléaire"

L'entrepôt atomique présumé de l'Iran à Turquzabad, Téhéran. (Capture d'écran de YouTube)
L'entrepôt atomique présumé de l'Iran à Turquzabad, Téhéran. (Capture d'écran de YouTube)

L’Iran a critiqué dimanche les rapports selon lesquels l’agence atomique de l’ONU avait trouvé des traces d’uranium sur un site signalé par Israël l’année dernière comme un entrepôt de développement nucléaire à Turquzabad.

Bloomberg a rapporté jeudi qu’un haut responsable de l’Agence internationale de l’énergie atomique avait déclaré à des diplomates, lors d’une réunion à huis clos à Vienne, que la République islamique « esquivait les tentatives pour découvrir la source des particules d’uranium naturel et artificiel découvertes dans un entrepôt situé à Téhéran ».

La réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs a été convoquée par Cornel Feruta, le directeur par intérim de l’organisation, pour discuter des dernières préoccupations concernant le programme nucléaire iranien, selon le rapport.

En septembre, l’agence de presse Reuters a rapporté que des traces d’uranium avaient été trouvées dans l’installation située à la périphérie de Téhéran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait qualifié d’“entrepôt atomique secret”. L’AIEA aurait confirmé ce détail aux États membres la semaine dernière.

« Le régime sioniste et Israël tentent de rouvrir […] ce dossier », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Mousavi, à la télévision publique selon Reuters dimanche.

« Nous avons annoncé qu’il s’agit d’un piège », aurait ajouté Mousavi. « Espérons que l’AIEA restera vigilante. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 27 septembre 2018, montrant une photo d’un prétendu « entrepôt atomique secret » iranien. (Timothy A. Clary/AFP)

Dans un discours prononcé l’année dernière à l’Assemblée générale des Nations unies, Netanyahu a révélé l’existence de l’entrepôt de Turquzabad, qui, selon lui, contenait « des quantités massives » d’équipement et de matériel faisant partie d’un programme nucléaire secret iranien.

Netanyahu a demandé à l’AIEA d’inspecter l’installation et, en juillet, la télévision israélienne a rapporté que des échantillons de sol de l’entrepôt avaient révélé des « traces de matières radioactives », sans préciser le type.

Citant deux diplomates non identifiés, Reuters a rapporté que le matériel trouvé sur le site était de l’uranium. L’un des diplomates a toutefois déclaré que l’uranium n’était pas suffisamment enrichi pour être utilisé pour une bombe nucléaire.

« Il y a beaucoup d’explications possibles » à la raison pour laquelle des traces d’uranium ont été trouvées là, a dit le diplomate.

Le rapport dit qu’il est difficile de déterminer l’origine de l’uranium puisque l’Iran n’a pas fourni de réponses. Il a noté qu’il n’était pas clair si les traces provenaient de matières sur le site avant ou après la signature de l’accord international de 2015 visant à limiter le programme nucléaire de Téhéran.

L’incapacité de l’Iran à expliquer pourquoi l’uranium a été trouvé dans l’entrepôt a alimenté les tensions avec les États-Unis, selon Reuters.

Élu directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi (Argentine), attend le début de la réunion du conseil des gouverneurs de l’AIEA au Centre international à Vienne, en Autriche, le 7 novembre 2019. (AP Photo/Ronald Zak)

En septembre, le Wall Street Journal a rapporté que l’Iran entravait l’enquête sur le site de Téhéran identifié par Netanyahu. Des diplomates non identifiés ont déclaré au journal que l’Iran refusait de répondre aux questions posées par l’AIEA, ce qui était apparemment le premier cas où Téhéran n’avait pas coopéré avec les inspecteurs.

Les diplomates ont déclaré au WSJ que les traces d’uranium étaient probablement des vestiges de l’expérience passée de l’Iran dans la mise au point d’armes nucléaires. L’Iran a nié avoir jamais cherché à se doter d’armes nucléaires, bien que les renseignements israéliens et occidentaux contestent fermement ces affirmations. Les diplomates ont déclaré que l’existence du matériel sur le site était peu susceptible d’indiquer de nouveaux travaux sur la mise au point d’armes, mais constituerait une violation de l’engagement de l’Iran envers la non-prolifération.

L’Iran a démenti que le site était une installation nucléaire ou servait à des fins secrètes. Dans une première réponse au discours de M. Netanyahu à l’ONU, les médias iraniens ont affirmé que l’entrepôt était en fait une installation de recyclage de ferraille.

Le président américain Donald Trump s’est retiré de l’accord nucléaire l’année dernière et a réimposé des sanctions sévères à l’Iran. Téhéran a par la suite pris un certain nombre de mesures pour revenir sur son engagement à l’égard de l’accord sur le fait que les signataires restants de l’accord n’ont pas réussi à obtenir un allégement économique des sanctions.

La semaine dernière, l’Iran a commencé à injecter de l’uranium dans des centrifugeuses à l’usine de Fordo, alors que l’accord nucléaire lui interdisait d’effectuer de tels travaux.

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