L’UE « très préoccupée » par l’incident avec une inspectrice de l’AIEA en Iran
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L’UE « très préoccupée » par l’incident avec une inspectrice de l’AIEA en Iran

Téhéran a retiré l'accréditation après avoir interdite d'entrée sur un site d'enrichissement d'uranium l'inspectrice lors d'un "contrôle" à l'entrée de l'usine de Natanz

Installation d'enrichissement nucléaire de l'Iran à Natanz, à 300 kilomètres au sud de la capitale Téhéran, Iran, le 9 avril 2007. (Hasan Sarbakhshian/ AP/File)
Installation d'enrichissement nucléaire de l'Iran à Natanz, à 300 kilomètres au sud de la capitale Téhéran, Iran, le 9 avril 2007. (Hasan Sarbakhshian/ AP/File)

L’Union européenne s’est dite jeudi « très préoccupée » par « l’incident » intervenu avec une inspectrice de l’AIEA en Iran dont Téhéran affirme avoir retiré l’accréditation après l’avoir interdite d’entrée sur un site d’enrichissement d’uranium.

« Nous sommes très préoccupés par l’incident relatif à un inspecteur de l’AIEA », a dit un représentant de l’UE dans une déclaration au Conseil des gouverneurs de cette agence de l’ONU qui se réunissait à Vienne. « Nous appelons l’Iran à s’assurer que les inspecteurs de l’AIEA puissent remplir leurs fonctions conformément » aux engagements de Téhéran, ajoute la déclaration consultée par l’AFP.

Lors d’un « contrôle » la semaine dernière à l’entrée de l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, dans le centre de l’Iran, cette inspectrice de l’Agence internationale de l’énergie atomique « a déclenché une alarme », suscitant l’inquiétude qu’elle puisse porter sur elle « un produit suspect », a assuré jeudi l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA).

L’OIEA indique avoir notifié l’incident à l’AIEA et l’avoir informée que « l’accréditation (de l’inspectrice) avait été retirée ».

Sur cette capture d’écran de l’IRIB ( Islamic Republic Iran Broadcasting), la télévision d’Etat, trois versions de centrifuges fabriquées dans le pays dans un programme diffusé en direct depuis Natanz, une structure d’enrichissement d’uranium en Iran, le 6 juin 2018 (Crédit : IRIB via AP)

« L’incident a été résolu », selon la déclaration de l’UE à Vienne qui appelle à ce que cela « ne se reproduise pas dans l’avenir ».

Dans une déclaration distincte jeudi, la mission américaine auprès de l’AIEA a qualifié l’épisode de Natanz de « provocation scandaleuse ».

« Tous les membres du Conseil doivent clairement indiquer dès maintenant que ces actions sont totalement inacceptables, ne seront pas tolérées et auront des conséquences », a ajouté l’ambassadrice américaine Jackie Wolcott.

Les 35 membres du Conseil des gouverneurs de l’AIEA se sont retrouvés jeudi matin pour une réunion spéciale consacrée à l’Iran.

L’AIEA, en charge de surveiller les activités nucléaires de l’Iran via des contrôles réguliers effectués sur le terrain, n’avait pas officiellement réagi jeudi à l’annonce des autorités iraniennes sur l’incident avec son employée.

La mise en oeuvre du régime d’inspection extrêmement strict de l’agence en Iran est l’un des aspects cruciaux de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 entre la République islamique et le groupe « 5+1 » (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne).

Téhéran s’est engagé en mai dans un plan en plusieurs phases de réduction de ses engagements pris dans l’accord de 2015 afin de riposter au retrait américain de ce pacte décidé par Donald Trump en 2018.

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