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L’Occident réagit avec tiédeur à la réélection de Netanyahu

Côté français, aucune réaction officielle n'était intervenue mercredi après-midi

Les drapeaux devant le Palais des Nations de l'ONU à Genève (Crédit : CC BY kevingessner/Flickr)
Les drapeaux devant le Palais des Nations de l'ONU à Genève (Crédit : CC BY kevingessner/Flickr)

Les gouvernements occidentaux ont réagi avec tiédeur à la réélection du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ne semblant y voir un bon signe pour une reprise rapide du processus de paix avec les Palestiniens.

L’Union européenne a félicité le Premier ministre israélien pour sa victoire mercredi soir, tout en soulignant la nécessité de relancer la paix entre Israéliens et Palestiniens, au point mort depuis près d’un an. « L’UE s’engage à travailler avec le nouveau gouvernement israélien à une relation mutuellement bénéfique ainsi qu’à une relance du processus de paix », a écrit la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, dans un communiqué.

Le Premier ministre britannique David Cameron a adopté une position similaire, adressant ses félicitations au vainqueur sur le réseau social Twitter tout en laissant son porte-parole souligner qu' »il souhaite voir la paix, voir une solution à deux Etats », une perspective écartée avant le scrutin par Benjamin Netanyahu.

Côté français, aucune réaction officielle n’était intervenue mercredi après-midi.

« Il faut que les Etats-Unis et l’Europe imposent la paix. Il faut admettre que les parties ne s’entendront pas et que la paix est impopulaire. Et que donc elle sera imposée », estime Jean-Pierre Filiu, professeur à l’Institut des Sciences politiques de Paris et auteur du livre « Histoire de Gaza ».

« Soit les Etats-Unis, l’Europe s’investissent, avec un plan, une volonté, soit on s’achemine vers une nouvelle guerre de Gaza, peut-être même dans les mois qui viennent », ajoute-t-il.

La politique ferme de Benjamin Netanyahu avait déjà gravement dégradé les relations avec l’Occident. Ses relations avec le président américain Barack Obama sont exécrables.

« La relation avec les Etats-Unis est plus mauvaise que jamais. Après avoir présenté sa position de manière si abrupte, il sera difficile pour Netanyahu de revenir en arrière et de prétendre qu’il ne s’agissait que d’une stratégie de campagne », juge David Hartwell du magazine Middle East Insider, basé à Londres.

Composer avec Israël ?

Pour certains experts cependant, l’Occident n’a d’autre choix que de composer avec le futur gouvernement que va mettre en place le Premier ministre israélien.

« L’alternative si vous ne travaillez pas avec moi, selon mes conditions, c’est la violence et ce sera mauvais pour tout le monde – y compris à Londres et Paris comme l’ont montré les manifestations de l’an dernier », va en substance dire le dirigeant israélien à ses homologues occidentaux, prédit Daniel Levy, spécialiste du Moyen-Orient au sein de l’organisme European Council on Foreign Relations.

Nathan Thrall de l’International Crisis Group souligne aussi la nécessité d’attendre les directions que prendra Benjamin Netanyahu une fois son gouvernement formé. Son rejet d’un Etat palestinien « est survenu dans les dernières 48 heures de sa campagne » et en privé, il aurait « accepté à de nombreuses reprises de négocier avec les Palestiniens sur la base des frontières de 1967 », note cet expert.

Ce n’est pas seulement le problème palestinien, mais aussi le refus absolu de Benjamin Netanyahu de soutenir les négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire qui oppose Israël à ses partenaires internationaux.

« La question est de savoir s’il continuera sur sa lancée. Je pense qu’il lèvera un peu le pied, il a déjà touché le fond en tentant de torpiller l’accord iranien aux Etats-Unis », note Daniel Levy.

Le Premier ministre israélien maintient que la communauté internationale ne peut pas faire confiance à l’Iran pour limiter ses ambitions nucléaires, et que ce pays représente une menace existentielle pour Israël.

Le Premier ministre peut compter sur des soutiens solides parmi l’opposition républicaine aux Etats-Unis, qui l’ont récemment invité au Congrès et ont été les premiers à Washington à le féliciter pour sa victoire électorale.

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