L’ONU critique le rejet immédiat d’Israël du récent rapport sur Gaza
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L’ONU critique le rejet immédiat d’Israël du récent rapport sur Gaza

Michelle Bachelet ne fait aucune mention de la violence des Palestiniens contre les Israéliens lors des émeutes à la frontière

Michelle Bachelet, Haut Commissaire aux Droits de l’homme aux Nations unies, s’exprime à l’ouverture de la session du Conseil des Droits de l’homme à Genève, le 25 février 2019. (UN Photo/Violaine Martin)
Michelle Bachelet, Haut Commissaire aux Droits de l’homme aux Nations unies, s’exprime à l’ouverture de la session du Conseil des Droits de l’homme à Genève, le 25 février 2019. (UN Photo/Violaine Martin)

Mercredi, la nouvelle responsable des droits de l’homme aux Nations unies, a déclaré être déçue par le « rejet immédiat » d’Israël d’un rapport sur les violences mortelles commises par ses forces de sécurité contre des émeutiers à Gaza l’année dernière.

Les commentaires de Michelle Bachelet, ancienne président du Chili, sont survenus après sa première intervention annuelle au Conseil des Droits de l’homme à Genève, depuis sa nomination en septembre dernier comme haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme.

Le rapport commandé par le Conseil accusait les soldats israéliens d’avoir intentionnellement tiré sur des civils et d’avoir commis des crimes contre l’humanité dans des répressions qui ont tué 189 personnes et en ont blessées 6 000 autres.

« La fin de ce mois marquera la première année depuis le début des manifestations qui – comme la Commission d’Enquête du Conseil l’a rapporté – ont été traitées avec un usage de la force mortelle disproportionné par l’armée israélienne, entraînant un nombre très important de victimes et de blessés », a-t-elle déclaré.

La transcription du discours de Bachelet ne faisait aucune mention de la violence palestinienne, des destructions et des attaques contre la barrière de frontière à Gaza pendant les manifestations. Un soldat israélien a été tué par un sniper palestinien à proximité de la frontière.

La commission indépendante d’enquête mandatée par le HRC qui a produit le rapport a reconnu des violences singificatives liées aux manifestations, mais a déclaré qu’elles n’étaient pas au niveau de campagnes de combat, rejetant ainsi l’affirmation israélienne que le groupe terroriste du Hamas qui règne sur Gaza menait des « activités terroristes ».

L’enquête examinait des possibles violations des droits de l’homme dès le début des manifestations le 30 mars 2018 jusqu’au 31 décembre.

« La commission a trouvé des éléments raisonnables pour penser que des snipers israéliens ont tiré sur des journalistes, du personnel médical, des enfants et des personnes handicapées, sachant qu’ils étaient clairement reconnaissables en tant que tels », pouvait-on lire dans le rapport.

Lors des violences, qui ont principalement lieu les vendredis, des manifestants ont lancé des explosifs sur les troupes, incendié des pneus et lancé de nombreux ballons explosifs et incendiaires en direction d’Israël.

Des émeutiers palestiniens brûlent des pneus lors d’une manifestation à proximité de la frontière le long de la frontière avec Israël, à l’est de Gaza ville, le 22 février 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Ahmad Shami, un porte-parole du Premier ministre de l’AP Rami Hamdallah, s’est félicité du rapport et a déclaré que c’était « une bonne étape dans la bonne direction, même si ce n’est pas assez pour établir une responsabilité globale. La communauté internationale doit prendre ses responsabilités et fournir une protection internationale aux citoyens palestiniens dans chaque pouce de territoire de la Palestine occupée ».

Lors des mois d’été, les ballons incendiaires ont causé de nombreux incendies qui ont détruit des très grandes étendues de forêts et de terres agricoles dans des zones proches de la bande de Gaza.

Des pompiers israéliens éteignent un incendie dans un champ de blé causé par des cerfs-volants incendiaires de manifestants palestiniens, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 30 mai 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les attaques incendiaires et à la bombe ont largement cessé à la fin de l’année dernière, à la suite d’un cessez-le-feu de facto entre Israël et le groupe terroriste du Hamas, mais elles ont repris plus tôt ce mois alors que l’accord commençait à ne plus être respecté.

« J’étais déçue de voir le rejet immédiat de ce rapport par Israël, sans même réagir à aucune des questions très sérieuses qui y sont soulevées. Toutes les parties concernées devraient faire preuvre de retenue alors que la date du 30 mars approche », a déclaré mercredi Bachelet.

Elle a fait des « grandes inégalités » du monde le thème de son discours et, en abordant la question du conflit israélo-palestinien, a déclaré : « L’impact dévastateur de l’occupation sur les droits sociaux et économiques est étroitement lié avec des violations des droits civiques et politiques (des Palestiniens) ».

Elle a aussi critiqué la décision israélienne d’annuler le mandat de la Présence internationale temporaire de protection (TIPH) à Hébron, qui, selon elle, avait « aidé le gouvernement à empêcher et limiter des violations des droits de l’homme dans une contexte souvent difficile ».

Le Bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé en janvier qu’Israël ne prolongerait pas le mandat du TIPH à la suite d’un certain nombre d’incidents au cours de l’année passée où des officiels se sont opposés à des habitants d’implantations à Hébron.

La création du TIPH se basait sur les Accords d’Oslo entre Israël et les Palestiniens, qui appelait à une force d’observation internationale dans la ville de Cisjordanie.

La Norvège, le Danemark, la Suède, la Suisse, l’Italie et la Turquie composaient les membres du TIPH et d’anciens ministres de ces pays ont écrit une lettre commune condamnant la décision israélienne.

Le mandat du groupe d’observateurs civils internationaux lui donnait la tâche de « surveiller et de signaler tous les efforts pour maintenir une vie normale dans la ville d’Hébron, créant ainsi un sentiment de sécurité parmi les Palestiniens d’Hébron ».

Le TIPH a aussi signalé des abus des droits de l’homme et des violations des accords dans la ville entre Israël et Palestiniens. Il y avaient environ douze personnes travaillant sur place et 64 autres travaillant à l’étranger.

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