L’opération sur les tunnels met un terme à des années de plaintes des résidents
Rechercher

L’opération sur les tunnels met un terme à des années de plaintes des résidents

Selon l'armée, les tunnels identifiés ne sont pas situés là où les résidents se plaignaient de bruits d'excavations ; tous les signalements avaient été pris au sérieux

Des soldats israéliens devant une machine d'excavation près de Metula, à la frontière avec le Liban, le 4 décembre 2018. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
Des soldats israéliens devant une machine d'excavation près de Metula, à la frontière avec le Liban, le 4 décembre 2018. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

L’annonce par Israël d’une opération d’envergure destinée à détruire  les tunnels d’attaques transfrontaliers qui auraient été creusés par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par le Hamas, jusqu’au nord d’Israël, a soulevé quelques questions sur le rejet apparent par l’armée de craintes communiquées par les résidents, qui, pendant des années, disaient entendre des travaux souterrains.

En 2014, les résidents du nord du pays avaient tiré la sonnette d’alarme sur la possibilité que le groupe terroriste du Hezbollah creuse des tunnels sous la frontière afin de mener des attaques, après que de nombreux passages souterrains creusés par le Hamas avaient été découverts sous la frontière sud, à Gaza.

« Chaque plainte avait été vérifiée avec les technologies et les capacités disponibles à l’époque. Nous ne pouvions pas confirmer ces plaintes », a déclaré le général de brigade Ronen Manelis au radiodiffuseur public Kan au sujet des signalements par les Israéliens du nord.

Manelis a déclaré à la radio militaire que les tunnels identifiés par l’armée israélienne n’étaient pas nécessairement situés là où les résidents se plaignaient du bruit.

« Les tunnels du Hezbollah ne sont pas une menace immédiate et nous avons écarté l’existence de tunnels là où les résidents avaient signalé les bruits de travaux. L’emplacement des tunnels ne coïncide pas nécessairement avec les plaintes des civils », a-t-il dit.

Des soldats israéliens devant un véhicule militaire près de Metula, le 4 décembre 2018. (Crédit : Flash90)

L’existence de tunnels d’attaques reliant le Liban au territoire israélien, créés par le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, a longtemps fait l’objet de rumeurs, rejetées par les responsables israéliens.

Le député de l’opposition Itzik Shmuli (Union sioniste) a tweeté mardi : « c’est amusant que ceux qui se moquaient des signalements des résidents sur les bruits d’excavation sont aujourd’hui ceux qui nous disent qu’il s’agit d’une menace sérieuse et concrète ».

En 2014, les habitants de la ville de Zarit étaient si préoccupés par ces bruits et par l’inaction de l’armée après leurs signalement qu’il ont annoncé leur intention de commencer leur propre opération de fouille indépendante, et qu’ils en communiqueraient les résultats à l’armée.

Des gardiens de la paix des Nations unies devant un poster montrant les combattants du Hezbollah et la mosquée d’Al-Aqsa avec les mots « On arrive », près des barbelés qui séparent le Liban des fermes de Shebaa, le 16 avril 2014. (Crédit : AP/Hussein Malla)

En octobre 2014, après la guerre de Gaza, au cours de laquelle les tunnels d’attaque du Hamas ont joué un rôle clé, l’armée a établi une nouvelle force composée d’unités de renseignement et d’unités technologique, dans le but de « détecter et exposer le programme de tunnels d’attaque du Hezbollah », a indiqué le porte-parole de l’armée israélienne.

Israël a mené une guerre sévère contre le Hezbollah en 2006. Suite à cette guerre, la région frontalière connaît un calme relatif. Cependant, les autorités israéliennes ont mis en garde contre l’approvisionnement en armes du Hezbollah par l’Iran, via la Syrie, ou directement au Liban, notamment de missiles haute-précision.

« L’objectif principal [du Hezbollah] est de tuer un maximum de personnes dans les villages et les bases militaires [israéliennes] », a déclaré un haut-gradé de l’armée israélienne au début de l’année lors d’un point-presse à la frontière libanaise.

Un véhicule de construction israélien passe à côté d’un mur de béton en construction le long de la « Ligne bleue » séparant Israël et le Liban, alors que des membres des Forces armées libanaises observent depuis une tour de garde, près de la ville israélienne de Rosh Hanikra, le 5 septembre 2018. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

En septembre, Israël a dévoilé son mur de béton, de onze kilomètres de long et neuf mètres de haut, le long de la frontière libanaise, très contesté par le Liban. Israël maintient qu’il est légal et en accord avec la ligne d’armistice internationale.

Cette barrière est censée à la fois protéger les civils et les soldats israéliens des attaques de snipers et empêcher l’infiltration des agents du Hezbollah en Israël.

Selon un haut-responsable de l’armée israélienne, il y a près de 7 ans, le Hezbollah a créé une unité de forces spéciales, l’unité Radwan, chargée précisément de traverser la frontière israélienne et de faire un maximum de dégâts, à la fois dans le but de détruire et pour la « symbolique » d’une attaque de ses troupes en territoire israélien.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...