Malgré le massacre de Sydney, les New-Yorkais déterminés à fêter Hanoukka publiquement
Les participants à l'allumage de la plus grande hanoukkia du monde maintiennent une ambiance festive malgré la "douleur indescriptible" qui suit l'attaque terroriste de Bondi Beach
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.
Dimanche soir, des Juifs venus de tout New York ont dansé, chanté et se sont blottis les uns contre les autres pour se protéger du froid lors d’une cérémonie d’allumage d’un chandelier à huit branches (une hanoukkia, aussi appelée une menorah par les Juifs américains), à Manhattan. Cette cérémonie était marquée par le deuil des victimes de la fusillade terroriste qui a visé un événement de Hanoukka à l’autre bout du monde, à Bondi Beach, près de Sydney.
« Ce soir, nos cœurs sont avec la communauté juive de Sydney, en Australie », a déclaré le rabbin Velvl Butman au début de l’événement, en dédiant la cérémonie aux victimes.
« Nous prions pour les âmes que nous avons perdues. »
Ce premier soir de Hanoukka, l’événement était centré autour d’une immense hanoukkia de 11 mètres et 1 800 kilos, érigée chaque année à l’angle sud-est de Central Park par le mouvement hassidique Habad Loubavitch.
L’allumage de cette hanoukkia, certifiée comme étant la plus grande au monde, est une célébration publique annuelle de la vie juive dans la ville qui remonte à 1977.
La fusillade terroriste perpétrée en Australie visait un événement Habad. Au moins deux des personnes tuées étaient des rabbins appartenant à ce mouvement hassidique.
Le massacre en Australie a jeté une ombre sur l’illumination de cette année, mais la foule et le rabbin Butman ont tenu à maintenir l’ambiance festive de l’événement malgré la tragédie.
« Comme vous le savez tous, nous sommes confrontés à un dilemme, car d’un côté, Hanoukka est une fête », a expliqué le rabbin Butman.
« Mais d’un autre côté, nos cœurs sont lourds. »
« La douleur est indescriptible », a-t-il ajouté.
La fusillade de masse perpétrée à Bondi Beach a fait au moins quinze morts, ce qui en fait l’attaque terroriste la plus meurtrière visant la communauté juive de la Diaspora depuis des décennies.
« Notre moral n’est pas brisé. La réponse juive aux défis n’a jamais été la peur ou le repli sur soi, mais plutôt davantage de lumière et d’action », a-t-il rappelé.
Des cercles de danse se sont formés dans la foule au son de la musique, des bénévoles ont distribué des beignets festifs autour d’une table, des jeunes affiliés au Habad ont offert des hanoukkiot et des bougies, et les participants ont brandi un drapeau d’Israël pour se faire photographier avec la hanoukkia en arrière-plan, tandis que quelques flocons de neige tombaient des arbres.
Selon les organisateurs, au moins 500 personnes ont participé à l’événement.
D’autres allumages publics ont eu lieu dans toute la ville, malgré les températures glaciales : à l’université Columbia, à Grand Army Plaza, à Brooklyn, et sur les quais de l’Upper East Side.
Zachary Kerman, un habitant du Queens, a déclaré s’être réveillé « en colère » et « sous le choc » en apprenant la nouvelle du massacre.
« Mais cela m’a fait ressentir encore plus fortement mon identité juive. »
C’était la première fois qu’il assistait à l’allumage de la hanoukkia dans Central Park.
« Aussi horrifié que j’étais, je n’étais pas surpris », a-t-il expliqué, citant le déluge de « rhétorique antisémite » dans le monde entier.
« C’est le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, mais nous devons continuer à être fiers de qui nous sommes et à célébrer. C’est pour cela que nous sommes tous ici », a-t-il déclaré.
Un périmètre de policiers armés de fusils d’assaut encerclait le rassemblement.
Le rabbin Butman s’est élevé au-dessus de la foule à bord d’une nacelle élévatrice pour allumer l’immense hanoukkia à l’aide d’un chalumeau.
« Le bien l’emportera toujours sur la haine », a-t-il déclaré.













