Malgré les menaces de boycott, Kan refuse de se retirer de l’Eurovision
Selon le PDG de Kan, "il n'y a aucune raison" de marginaliser Israël mais certains pays annoncent qu'ils n'y participeront pas si l'État juif n'en est pas exclu

Lundi, le directeur de la chaîne publique israélienne a refusé de céder aux appels au retrait du Concours Eurovision de la chanson de l’année prochaine, à Vienne, après que plusieurs pays ont menacé de boycotter la compétition si Israël n’en était pas interdit.
« Il n’y a aucune raison qu’Israël ne continue pas à jouer un rôle important dans cet événement culturel, qui ne peut pas devenir politique », a déclaré Golan Yochpaz, le PDG de Kan, lors du lancement des nouveaux contenus de la chaîne pour cet automne.
Yochpaz a souligné que depuis la création de l’actuelle Société de radiodiffusion publique d’Israël, en 2017, « Israël est l’un des participants les plus primés du concours de l’Eurovision – ces sept dernières années, ses chansons et candidats ont terminé respectivement aux 5e, 3e, 2e et 1ère places ».
Il s’agit là de la toute première réaction officielle de Kan aux menaces de plusieurs pays de se retirer de la compétition si Israël était autorisé à y participer, dans un contexte de critiques généralisées, partout dans le monde, au sujet de la guerre en cours à Gaza.
Ainsi, les Pays-Bas et l’Irlande ont d’ores et déjà déclaré qu’ils ne participeraient pas si Israël était candidat, et l’Espagne, la Slovénie, la Belgique et l’Islande menacent de leur emboîter le pas.
Selon une information donnée dimanche par le site d’information Ynet, les organisateurs de l’Eurovision ont laissé entendre à Kan – le représentant d’Israël auprès de l’Union européenne de radio-télévision, organisatrice du concours qui se tient chaque année – qu’Israël devrait soit se retirer temporairement du concours, soit se produire sous un drapeau neutre afin de ne pas être totalement exclu. Ni Kan ni l’Union européenne de radio-télévision n’ont confirmé cette information.
L’Union européenne de radio-télévision avait tenu une réunion à Londres en juillet dernier, au cours de laquelle la question de la participation d’Israël en 2026 a été évoquée, sans vote sur la question, préférant repousser la décision en fin d’année.
L’Union européenne de radio-télévision avait alors annoncé qu’elle consulterait ses membres ainsi que des experts avant de publier un rapport complet cet automne, avant la prochaine réunion de l’organisation, en décembre.
Déjà en amont des éditions 2024 et 2025 du concours, l’Union européenne de radio-télévision avait fait l’objet de fortes pressions de la part de certains pays pour exclure Israël, ce qu’elle s’était refusé à faire, au motif que l’Eurovision est un concours entre radiodiffuseurs publics, pas entre gouvernements. Ce qui n’avait pas empêché certaines radios publiques de diffuser des messages anti-Israël avant et pendant la diffusion du concours.
En 2024, l’Israélienne Eden Golan a terminé 5e au classement général et deuxième au classement du public, et en 2025, Yuval Raphael a fini à la deuxième place du classement général en remportant le vote du public – ce qui avait courir le bruit d’une possible fraude, ce que l’Union européenne de radio-télévision a balayé d’un revers de main.
Pour l’heure, Israël fait partie des 22 pays ayant fait part de leur intérêt à participer à l’édition 2026 en Autriche, mais plusieurs pays ont déclaré qu’ils ne prendraient pas de décision finale sur leur participation avant l’assemblée de décembre.
Les pressions internationales sur le gouvernement israélien ne font que redoubler pour qu’il mette fin à la guerre déclenchée par le pogrom commis par le Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, et qui dure désormais depuis près de deux ans, et qu’il prenne de toute urgence des mesures pour remédier à la crise humanitaire dans l’enclave.
La pression s’est récemment accrue dans le secteur du divertissement, avec plusieurs lettres ouvertes signées par des personnalités du monde du cinéma, de la musique et de la littérature appelant à la fin de la guerre et au boycott des organisations israéliennes.







