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Malgré les preuves, la rue arabe accuse Israël de l’explosion de l’hôpital à Gaza

Des rassemblements ont eu lieu dans de nombreuses villes pour appeler à un "jour de rage" après l'explosion qui, selon Israël, a été causée par une roquette palestinienne

Manifestation à Ramallah, en Cisjordanie, le 18 octobre 2023. (Crédit : YURI CORTEZ / AFP)
Manifestation à Ramallah, en Cisjordanie, le 18 octobre 2023. (Crédit : YURI CORTEZ / AFP)

Une explosion dans un hôpital de la bande de Gaza, qui aurait fait au moins 200 morts, a déclenché un torrent de protestations dans le monde arabe, même les alliés d’Israël, qu’il accusent d’être responsable de l’attaque, alors que Jérusalem a présenté des preuves irréfutables que l’explosion a été causée par un tir de roquette raté par des terroristes palestiniens à l’intérieur de l’enclave.

Des dénonciations ont été formulées et des rassemblements de colère ont eu lieu au Liban, en Jordanie, en Libye, au Yémen, en Tunisie, en Turquie, au Maroc, en Iran et en Cisjordanie, et d’autres sont prévus à la suite des appels à une « journée de la rage » dans toute la région.

Les troubles ont incité Israël à évacuer ses ambassades au Maroc et en Égypte. En outre, le niveau de préparation à la sécurité des ambassades d’Israël dans le monde a été porté à son plus haut niveau. Il a été demandé aux envoyés de rester chez eux autant que possible. Dans certains endroits sensibles, les envoyés ont été transférés dans des pays plus sûrs, a rapporté le site Ynet, sans préciser de quels envoyés il s’agissait.

L’incident survenu mardi soir à l’hôpital baptiste Al-Ahli s’inscrit dans le cadre d’une guerre qui a éclaté le 7 octobre lorsque le groupe terroriste du Hamas a brusquement attaqué Israël avec des milliers de roquettes tandis que plus de 1 500 de ses hommes armés lançaient une incursion terrestre à travers la frontière, massacraient 1 400 personnes, dont une grande majorité de civils. Quelque 200 personnes ont été enlevées et prises en otage à Gaza et le Hamas a continué à lancer des roquettes sur le sud et le centre d’Israël.

Israël a répondu par des frappes intensives contre les infrastructures du groupe terroriste dans la bande de Gaza et a annoncé son intention de renverser le Hamas, qui dirige la bande, et de l’éradiquer.

Israël et les groupes terroristes palestiniens se renvoient la responsabilité de l’explosion de l’hôpital. Le Hamas a immédiatement affirmé qu’il s’agissait d’une frappe israélienne, tandis qu’Israël, dans les heures qui ont suivi, a commencé à fournir des preuves de plus en plus nombreuses montrant qu’une roquette lancée sur Israël par un autre groupe terroriste, le Jihad islamique palestinien, avait mal dévié et touché le parking de l’hôpital. Le Jihad islamique a nié être à l’origine de l’explosion. En visite en Israël, le président américain Joe Biden a appuyé la version israélienne des faits, affirmant que sa conclusion était fondée sur les données du ministère américain de la Défense.

L’armée israélienne a accusé les médias du monde entier d’avoir accepté les « mensonges » du Hamas sur l’incident. Le Hamas a rapidement affirmé que 500 personnes avaient été tuées dans l’explosion et qu’une frappe avait directement touché l’hôpital, rasant le bâtiment. Israël a fait remarquer que le groupe n’aurait pas pu compter un tel nombre de morts si rapidement après l’explosion. La vidéo des suites de l’incident montre que l’explosion s’est produite dans le parking, brûlant les voitures, mais sans grand cratère comme on pourrait s’y attendre avec le type de munitions qu’Israël a largué sur les cibles. Les bâtiments environnants ne semblent pas non plus avoir subi de dommages structurels.

L’Irak, qui a accusé  les autorités israéliennes, a exigé une « résolution immédiate et urgente » du Conseil de sécurité des Nations unies pour mettre fin aux attaques israéliennes contre Gaza, alors que des centaines de personnes ont manifesté dans la capitale, Bagdad.

Environ 200 personnes ont manifesté près d’une entrée de la Zone verte, secteur fortifié de la capitale irakienne, où se trouvent des ambassades étrangères, dont celle des Etats-Unis.

Les manifestants, dont des femmes, ont brandi des drapeaux palestiniens et drapeaux de plusieurs factions irakiennes fidèles à l’Iran, ainsi que des portraits du guide suprême iranien Ali Khamenei, a constaté un photographe de l’AFP. Les manifestants scandaient « Non, non, à l’Amérique » et « Mort à Israël ».

Des Palestiniens vérifiant le lieu de l’explosion à l’hôpital al-Ahli, dans la ville de Gaza, le 18 octobre 2023. (Crédit : Abed Khaled/AP)

Le gouvernement libyen internationalement reconnu, basé à Tripoli, a qualifié l’explosion de l’hôpital de « crime abject », alors que plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans la capitale et dans d’autres villes libyennes.

Au Liban, des centaines de personnes ont pris part à une manifestation à l’appel du Hezbollah pro-iranien et allié du Hamas dans son fief de la banlieue sud de Beyrouth, brandissant des drapeaux palestiniens et du parti chiite.

« Ce qui se passe à Gaza n’est pas un conflit ou une guerre (…) des massacres en série sont commis », a déclaré un haut responsable du mouvement, Hachem Safieddine.

« Les Israéliens tenteront de cibler davantage d’hôpitaux, de personnel paramédical, secouristes et d’habitants de Gaza sans sourciller afin d’en expulser » les habitants, a-t-il ajouté.

Quelques centaines de personnes se sont également rendues aux abords de l’ambassade américaine à Awkar, près de Beyrouth, après un appel de partis libanais et palestiniens.

En Tunisie, des milliers de manifestants pro palestiniens se sont rassemblés devant l’ambassade de France, condamnant le soutien occidental à Israël. Certains manifestants brandissaient des drapeaux palestiniens tandis que d’autres demandaient l’expulsion de l’ambassadeur, accusant la France de faire partie des « alliés des sionistes » occidentaux, ont constaté des journalistes de l’AFP.

D’autres manifestations ont eu lieu dans d’autres villes tunisiennes.

Une trentaine de personnes se sont aussi rassemblées près de l’ambassade américaine dans la banlieue nord de Tunis, alors que le président américain, Joe Biden, a appuyé la version israélienne sur l’explosion.

Lors d’une réunion nocturne de son Conseil national de sécurité, le président tunisien Kais Saied a condamné le « silence international » sur le « génocide » perpétré, selon lui, par Israël contre le peuple palestinien.

Manifestation pro-Palestiniens devant le consulat d’Israël lors d’une , à Istanbul, en Turquie, le 17 octobre 2023. (Crédit : Emrah Gurel/AP)

En Jordanie, devant l’ambassade d’Israël à Amman, environ 10 000 manifestants, selon une source sécuritaire jordanienne, se sont rassemblés pour exiger l’expulsion de la mission diplomatique israélienne à la suite de l’attaque.

En dépit du blocage des routes menant à l’ambassade par les forces de sécurité, la manifestation a grossi, attestant de la colère de la rue en Jordanie, pays qui abrite un grand nombre de réfugiés palestiniens.

« Pas d’ambassade sioniste sur le territoire jordanien », ont scandé les manifestants, brandissant des drapeaux palestiniens.

La Jordanie, qui a normalisé ses liens avec Israël, a déclaré que l’État juif « porte la responsabilité de ce grave incident », tandis que le Qatar, qui entretient des liens étroits avec le Hamas, a dénoncé un « massacre brutal ».

Les Émirats arabes unis et Bahreïn, qui ont tous deux établi des liens avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham de 2020, ainsi que le Maroc, qui a reconnu Israël en 2020, et l’Égypte, qui est devenue le premier pays arabe à normaliser ses relations en 1979, ont tous condamné l’attaque « israélienne ».

Des milliers d’Egyptiens ont battu également le pavé mercredi dans différentes villes du pays, où manifester est habituellement illégal, selon des images diffusées par des médias locaux et sur les réseaux sociaux.

Des médias locaux et les réseaux sociaux ont relayé des images des rassemblements dans un pays où manifester est illégal.

Peu avant, le président Abdel Fattah al-Sissi avait prévenu: « si je demande au peuple égyptien de sortir dans les rues, ils seront des millions ». A Rafah, le poste-frontière vers la bande de Gaza, les humanitaires qui attendent d’entrer se sont rassemblés pour la prière des morts en mémoire des victimes de l’explosion qui eu lieu près d’un hôpital de Gaza, a constaté un correspondant de l’AFP.

Manifestation pro-Palestiniens à Tripoli, le 17 octobre 2023. (Crédit : Mahmud TURKIA / AFP)

Des centaines de Palestiniens ont manifesté mercredi en soutien à Gaza en Cisjordanie, imputant également à Israël la responsabilité de l’explosion à l’hôpital.

A Naplouse, les manifestants ont également brandi des drapeaux palestiniens, quand d’autres affichaient des insignes du Hamas, et entonnaient des chants soutenant le groupe terroriste islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, engagé depuis 12 jours dans une guerre meurtrière avec Israël, déclenchée par l’assaut du 7 octobre.

Si beaucoup reprenaient en cœur le slogan « libérez la Palestine », d’autres tournaient en dérision le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en chantant « à bas Abbas ».

« Je me soucie de mon peuple, je me soucie de ma ville, je me soucie de Gaza et des habitants de Gaza. C’est la raison pour laquelle je n’ai peut-être pas pris la parole depuis des années, mais je le fais aujourd’hui », a confié à l’AFP Ferial, une habitante de Naplouse, âgée de 50 ans.

Les forces de sécurité palestiniennes ont tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants alors qu’ils quittaient le centre-ville, a constaté une journaliste de l’AFP.

Plusieurs centaines de personnes ont également afflué mercredi sur la place al-Manara, dans le centre-ville de Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne. Des manifestants demandaient la fin de la « coopération sécuritaire » avec Israël.

Manifestation pro-Palestiniens, à Beyrouth, au Liban, le 17 octobre 2023. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)

En Turquie, 80 000 personnes ont manifesté mardi soir devant le consulat d’Israël à Istanbul, selon les autorités.

Plus de 60 personnes, policiers pour la plupart, ont été blessées mardi à Istanbul lors de la manifestation anti-Israël au cours de laquelle des manifestants ont tenté de forcer l’entrée du bâtiment abritant le consulat israélien, selon les autorités.

Un homme âgé de 65 ans présent sur place est décédé des suites d’une crise cardiaque, ont rapporté les autorités.

Des foules importantes se sont jointes aux manifestations à Istanbul et à Ankara, la capitale turque, en scandant des chants pro-palestiniens.

Israël a demandé à ses citoyens de quitter la Turquie « dès que possible », craignant des représailles.

Après avoir atterri à Tel Aviv mercredi matin, le président américain Joe Biden a apporté son soutien à la version israélienne de l’explosion, déclarant au Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’il « semble que l’explosion ait été commise par la partie adverse ».

Le président américain Joe Biden avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 18 octobre 2023 (Crédit : Haim Zach / GPO)

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a déclaré que les services de renseignement britanniques « analysaient rapidement les preuves afin d’établir de manière indépendante les faits » à l’origine de l’explosion dévastatrice de l’hôpital de Gaza.

Sunak a exhorté les législateurs de la Chambre des communes à ne pas « porter de jugement hâtif » sur l’explosion.

Qualifiant la situation d' »épouvantable », il a déclaré que « chaque député sait que les mots utilisés pour décrire l’explosion auront un impact au-delà de cette Chambre. »

« Le président israélien a clairement indiqué que ses forces armées agiraient dans le respect du droit international, et nous continuerons d’exhorter les Israéliens à prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter de blesser des civils », a-t-il ajouté.

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